MUSE The 2nd Law / Bercy

Max, c’est mon coach sportif. Enfin il n’est pas qu’à moi, je le partage avec d’autres adeptes du cours de body sculpt du Club Med Gym Nation. Mais bon moi je sais qu’il m’aime bien, d’abord parce que je suis sympa et souriante (si si) et aussi parce qu’il voit que chaque semaine je souffre le martyre à son cours, que je perds des litres d’eau en effectuant des squats, pompes et autres joyeusetés sportives, le tout bien sûr avec un teint magnifiquement rougeaud, mais que malgré tout je reviens toutes les semaines, le sourire aux lèvres et prête à en découdre. Et pourquoi je vous parle de Max au lieu de vous parler de Muse, comme indiqué dans le titre ? Eh bien tout simplement parce que mon équivalent d’une heure de sport intensive avec Max c’est un bon concert de Muse, et que Max approuverait que, tout en me faisant du bien oreilles, je brûle des calories.

Mais pour raconter le pourquoi du comment des concerts de Muse et surtout de mon état de fan délurée à ces concerts, il faut remonter aux origines. Comment la petite bibliothécaire d’apparence réservée peut-elle se mettre dans des états pareils ? D’abord parce que la musique live est une drogue pour moi, je l’ai déjà dit, il me faut ma dose régulière. Elle me révèle et me met en transes. Et pour comprendre le pourquoi de Muse, je vais faire quelques digressions et permettre à ceux qui n’auraient pas encore lu mes précédents articles à leur sujet sur le fameux blog Escape The Masses de se rattraper ici.

Muse, c’est un groupe dont je suis crazy in love depuis la sortie de « Showbiz » en 1999, et encore plus depuis que je les ai vus sur scène pour la première fois. J’avais tout juste 20 ans et la voix de Matthew Bellamy me donnait déjà des frissons, alors même qu’ils n’en étaient qu’à leur premier opus. Je me rêvais éprise transie sur Unintended, et star du rock sur Sunburn et sa fantastique intro au piano…

Puis est arrivée l’épreuve fatidique du deuxième album, passée haut la main pour le groupe avec celui qui reste encore à ce jour mon album favori, « Origin Of Symmetry ». C’est simple, je peux écouter cet album en boucle d’une traite de New Born à Megalomania, en passant par le fantastique Space Dementia et le jubilatoire Plug In Baby sans zapper aucun titre et sans m’en lasser. Alors, qui peut en dire autant dans ma discothèque ? Pas grand monde hormis les post-rockeurs. « Absolution », « Black Holes and Revelations », puis « The Resistance » ont tour à tour confirmé que j’aime ce que produit ce trio, avec des petits bijoux comme Knights Of Cydonia ou encore Butterflies And Hurricanes. Certains titres ont une place plus chère que d’autres dans mon coeur, mais globalement, je ne jette rien chez eux : de leurs expérimentations symphoniques aux morceaux les plus rocks, en passant par les touches d’électro rococo, tout une variété qui fait leur richesse musicale.

Muse c’est mon plaisir coupable d’écoute grand public qui entraîne les foules dans les stades. Je les aime depuis presque 15 ans et je n’ai jamais été déçue par leurs évolutions et expérimentations, même si toutes ne me parlent pas de la même manière et même si leurs premiers albums demeurent mes préférés.

J’aime la voix sensationnelle de Matthew Bellamy, qui émerveille autant qu’elle agace, j’aime leurs recherches mélodiques, j’aime leurs envolées lyriques osées, j’aime leurs influences revisitées, ressassées et assumées.

Lors de la sortie de leur nouvel album, « The 2nd Law », j’en avais entendu des vertes et des pas mûres. J’avais même hésité à rédiger le petit article attendu, de peur de me prendre une volée de tomates dans les dents… C’est donc revêtue de mon plus beau gilet pare-tomates que je m’étais lancée dans la critique dudit opus, qui m’a valu finalement moins de foudres que je ne le craignais.

Ce dernier album, malgré tout ce que j’ai pu en lire de négatif dans la presse, n’a pas fait faiblir mon amour du groupe. Pas de renouvellement drastique de leur part, mais leurs recettes habituelles : des envolées lyriques guimauves et grandiloquentes, de grosses guitares appuyées, des influences toujours prégnantes et assumées, du rock, de la pop, un brin de funk et d’électro, des orchestrations symphoniques, et la voix de Matthew. Voix toutefois absente sur deux titres composés et interprétés par le bassiste du groupe, Christopher Wolstenholme, Save Me et Liquid State. Et si ces deux titres sont plutôt réussis, pour moi il manque tout de même cruellement l’interprétation et la voix de Matthew pour leur donner de l’épaisseur.

Toutefois, la prestation du bassiste sur Liquid State sur scène a presque démenti mon ressenti un peu plus faible pour ce morceau : certes, il manque la voix, mais la puissance du son est bien là, et en live, ça ne dénote pas du tout du reste de leurs titres.

A Bercy, j’ai eu la chance d’entendre tous mes titres favoris de cet album, qui étaient, comme toujours (parce que j’ai des goûts bizarres), les plus bizarroïdes :

Survival, avec ses coeurs de l’armée rouge martelés à grands coups et ses envolées lyriques éblouissantes autant qu’éclaboussantes.

Follow me (« Ouuuuuaiiiiiiis Eglantine c’est ta chanson ! ! ! » a hurlé un de mes amis à côté de moi dans les gradins), sur lequel on entend en intro les battements du coeur du fils de Matthew, enregistrés pendant la grossesse de sa femme, l’actrice Kate Hudson. Titre plutôt doux, aux paroles émouvantes, qui bascule dans l’électro en toute bizarrerie, pour mon plus grand bonheur et pour celui de mon déhanché défouloir.

Explorers, la très belle balade du disque, qui nous rappelle les Unintended et autres Blackout et Invincible.

Unsustainable et Isolated System, sortes de faces B placées à la fin du disque, à la manière des Exogenesis, paris expérimentaux symphoniques osés mais très finement composés, que j’avais adorées sur le précédent album. Très peu de paroles, une sorte de rage teintée de mélancolie apocalyptique et une savoureuse étrangeté à laquelle j’adhère totalement. Bref, une belle clôture pour cet album.

Et, tout comme je n’avais pas été déçue à l’écoute de l’album dans son ensemble, je n’ai pas été déçue du tout de leur prestation sur la grande scène de Bercy.

Toute de verre vêtue, dalles de verre noir, escaliers de verre transparent, avancées et tour de scène permettant d’aller d’un côté à l’autre de la salle pour saluer la foule, la scène en demi-cercle impressionne, mais semble toutefois un peu vide de prime abord. Où sont tous les écrans géants auxquels le groupe nous a habitués ? Il faudra juste un peu de patience, pour que, quelques titres après l’ouverture électrique au son d’Unsustainable, les écrans descendent sur scène sous la forme d’une pyramide inversée géante. C’est grandiose, c’est magistral, c’est Muse.

Tout Bercy est debout, de la fosse aux gradins.

Unsustainable, Supremacy, Map Of The Problematique, Supermassive Black Hole, les titres s’enchaînent, les décibels sont recouverts par les cris et chants de la foule, et l’ambiance est bouillonnante.

Puis, sort de scène, venu de nulle part, un piano tout en verre transparent, « le » piano de Matthew, dont chaque touche est reliée à une rangée de leds de couleur qui s’illuminent sous les doigts de l’artiste. Et moi, déjà toute échevelée que je suis, de crier « le pianooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo yeahhhhhhhhhh ! ! ! » à mes comparses de concert aussi déjantés que moi.

Parce que oui, moi, le piano j’adore. 13 ans de conservatoire obligent, le piano, ça me parle, je suis fan. Alors le piano sous les doigts de Matthew, le piano pour les balades rock, je suis méga fan.

Et, quand il annonce : « This is a song from our first album » alors là, je craque, je trépigne, je fonds. Et c’est le sublime Falling Down qui tombe du ciel, suivi de Host, une rareté très peu jouée sur scène.

Time Is Running Out me rappelle ensuite le magnifique Absolution Tour durant lequel j’avais eu mes premiers émois scéniques. Toute la salle chante en cœur d’une seule voix.

La fin du set est proche quand résonne le titre que j’espérais réentendre, comme à chacun de leurs shows… le fameux Plug In Baby, qui cette fois m’a valu de perdre un sac. Oui, j’ai tellement sauté sur place les bras en l’air en chantant que la bandoulière de mon joli petit sac mauve Petite Mendigote est décédée dans le feu de l’action. Et vlan, la bandoulière se casse en plein saut, mon sac vole et se répand par terre. Enfin, il en faudrait plus pour entamer mon enthousiasme.

Sauf quand une roulette de casino géante apparaît, mettant deux titres dans la balance du hasard : ce sera New Born ou ce sera Stockholm Syndrome… C’est finalement sur Stockholm Syndrome que la boule s’arrête… Et là, j’avoue ma très grande déception de ne pas entendre New Born que j’adore. Mais la salle est déchaînée, le trio est au sommet de son art d’enivrement des foules et le titre est interprêté avec une rage qui m’électrise, et qui compense ma déception.

Sortie de scène et tombée jusqu’aux dalles de verre du rideau d’écrans qui à ce moment-là recouvre totalement la scène, pour habiller les notes d’Isolated System, ce fabuleux morceau instrumental qui réconcilierait tout amateur de post-rock avec Muse.

La salle rappelle le groupe qui revient pour deux titres énormes : Uprising et Knights Of Cydonia avec son inimitable intro à l’harmonica, hommage aux westerns spaghettis qui ont bercé mon enfance. Et pensée émue pour ma robe de mariée qui en a vu de toutes les couleurs quand je me suis déchaînée sur la piste de danse sur ce titre en imitant Matthew à la guitare et en m’époumonant, quelques heures après avoir dit « Oui » devant madame le maire… Deux titres fantastiques sur disque, et encore plus fantastiques en live.

La prestation de Bercy est encore venue confirmer ce que j’apprécie par dessus tout chez eux : leur talent pour donner des shows sensationnels. Car sur scène, ils ont quelque chose qui ne peut pas laisser indifférent, même un non-amateur : une telle énergie et une telle générosité, intactes après toutes ces années et leur succès croissant, sont rares et remarquables.

Le groupe salue brièvement et repart en coulisses, mais la salle en redemande encore et encore, et un deuxième rappel vient enchanter l’audience. Starlight et enfin le fameux Survival, hymne des jeux olympiques avec ses envolées lyriques éblouissantes. Des jets de fumées répétés puis des confettis accompagnent la fin du set.

Et c’est sur ce titre que se clôturera ce show encore une fois plein d’énergie et de générosité. Chacun des membres du trio remercie la foule et la salue longuement, se déplaçant d’un bout à l’autre de la scène pour dire au revoir et remercier les fans, avec de grands gestes plein d’affection. C’est à ce moment-là que je remarque la magnifique combinaison rouge martienne du batteur Dominic Howard. L’art du show jusqu’au bout des orteils.

A l’issue de ce concert, mon amour pour ce groupe est donc doublement confirmé : il maîtrise son art, sait se renouveler et continuer à tirer profit de ce qu’il sait faire le mieux, de la grande musique populaire de même que des shows hyper généreux qui rassemblent et qui me ravissent.

Bref, après ces deux heures intensives, je quitte la salle ébouriffée, en nage, heureuse et ayant brûlé une tonne de calories : Max serait fier de moi.

Setlist du concert, Bercy 18/10/2012 :

  • The 2nd Law : Unsustainable 
  • Supremacy 
  • Map of the Problematique 
  • Supermassive Black Hole 
  • Resistance 
  • Panic Station 
  • Animals 
  • Explorers 
  • Falling Down (Piano version)
  • Host (First half)
  • Time Is Running Out 
  • Liquid State 
  • Madness 
  • Follow Me 
  • Undisclosed Desires 
  • Plug In Baby 
  • Stockholm Syndrome 

+ Encore :

  • The 2nd Law : Isolated System 
  • Uprising 
  • Knights of Cydonia (Man with a Harmonica intro)

+ Encore 2 :

  • Starlight 
  • Survival

Et maintenant, assez de blabla et un peu de musique :

Mon top 3 du concert :

Knights Of Cydonia :

Plug In Baby (live at Wembley) :

Falling Down :

… …

Quelques extraits de The 2nd Law :

Follow Me :

Unsustainable :

Isolated System :

Attention BONUS :

… pour l’ambiance totalement déjantée, les cris, les chants, les grosses guitares et les fans déchaînés, voici un montage de 50 min de vidéos réalisées par mon ami Guigui pendant le concert (avec ma trombine ébouriffée en special appearence à plusieurs reprises 😉 ) :

Muse et musicalement vôtre,

Totoromoon

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18 réflexions sur “MUSE The 2nd Law / Bercy

  1. Bon, on ne va pas y aller par 4 chemins. Je n’aime pas Muse, je n’ai jamais aimé Muse, mais j’aime cet article.
    Je me reconnais dedans, pas en temps que fan de Muse forcement, mais en temps de fan tout court.
    Voilà ce qui m’a plu, tu mets le doigt exactement là ou il faut.
    Si on est fan d’un artiste ou d’un groupe, d’un écrivain, d’un cinéaste …., on lui passe tout, même les coups de moins bien Si d’habitude dans la vie on est toujours droits dans nos bottes, pour lui, on peut oublier cette ouverture d’esprit qui est notre marque de fabrique et devenir complètement partiaux … On défendra becs et ongles même l’indéfendable. On met des oeillères et surtout on refuse de les ôter.

    voilà ! C’est chouette d’être fan ! moi je me complais dans ce statut de fan en tout cas.

  2. Je n’ai pas grand chose à dire, part Merci 🙂 Merci pour cet article Eglantine, car grâce à toi, j’ai partagé un peu de ce moment intense 😉 j’étais a côté de toi, tu ne m’as pas vu sur ta gauche ;-p en train de sauter, de danser, et en faisant attention de ne pas péter la bandoulière de mon sac:)

    Et je regrette encore plus qu’ils ne se donnent pas la peine de venir faire un petit tout par chez nous…..Merci encore car comme d’habitude c’est très bien écrit ❤

  3. Pingback: Top Concerts 2012 | totoromoon

  4. Un article riche qui donne envie à quelqu’un qui ne connaitrait pas ce groupe de le découvrir.Eggy,tu es sensationnelle dans ce domaine et tu allies l’expérience au savoir et je pense que Max serait fière de te voir en concert,Matthew aussi d’ailleurs……J’ai écouté l’album hier pour la première fois et j’ai tout de suite adhéré,malgré les mauvaises critiques entendues,je trouve que c’est un bon album;laissons parler les jaloux……Je vais regarder les videos tranquillement dans mon canapé en attendant de me déchaîner dans les gradins du Stade de France en juin!!!!!J’ai hâte!Merci à ma blogeuse préféree de partager LA musique pour le plus grand bonheur de tous!Mumu.

    • Oh Mumu merci pour ton adorable commentaire qui me touche beaucoup ! Du coup tu m’as donné l’occasion de re-regarder la vidéo de mon copain Guigui, et de me remémorer ce concert fantastique (et de rire en nous entendant chanter !). Je suis sûre que tu vas adorer le concert de juin ! Et j’espère que tu auras une petite pensée pour moi en te déhanchant dans les gradins 😉

  5. Pingback: EDITORS The Weight Of Your Love | totoromoon

  6. Pingback: MUSE à L’Accor Hotels Arena | totoromoon

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