Paris / New York : L’Orchestre National d’Ile-de-France à la Salle Pleyel

Salle Pleyel

Revenir à ses premières amours musicales et réaliser qu’on ne s’en est que très peu éloigné en écoutant du post-rock. C’est ce que j’ai compris en sortant de la salle Pleyel ce vendredi. Après deux heures de montées en puissance et de variations mélodiques grandioses, pendant lesquelles mon coeur a fait des bonds, j’ai compris que post-rock et musique classique étaient indissociables et qu’il n’était pas étonnant qu’après mes longues années de piano en conservatoire, je sois tombée amoureuse du post-rock dès la première écoute.

Ce vendredi, sous la houlette de Wayne Marshall, pianiste et chef d’orchestre britannique de renom, l’Orchestre national d’Ile-de-France jouait Gershwin et Ravel, faisant se rencontrer Paris et New York pour une soirée forte en émotions. 

Au programme :

  • George Gershwin : Of Thee I Sing, ouverture
  • George Gershwin : Concerto pour piano et orchestre en fa majeur
  • Maurice Ravel : Le Tombeau de Couperin
  • Maurice Ravel : Boléro

Composée en 1931, alors que s’achève la construction de l’Empire State Building à Manhattan, Of Thee I Sing est une comédie musicale satirique créée à Broadway, dont l’action se déroule autour d’une campagne électorale à la présidence. Pour cette pièce, Gershwin remporte le Prix Pulitzer en 1932. Le Concerto en fa, composé quant à lui en 1925, conjugue les courbes du jazz avec les thèmes classiques, dans une architecture traditionnelle en trois mouvements : vif, puis lent, puis vif de nouveau.

Le Tombeau de Couperin est composé par Ravel durant la Première Guerre mondiale, en hommage à ses amis morts au front. Des six pièces originelles pour piano seul, il en a retenu quatre pour la version orchestrée, composée en 1920 et jouée pour la première fois à Paris la même année. Le Boléro, créé en 1928 à la demande de la danseuse Ida Rubinstein, est décrit par le compositeur comme « une expérience dans une direction très particulière et très limitée », qui consiste uniquement en « un tissu orchestral sans musique, juste un long et progressif crescendo ». Telle une longue plainte, au cours de laquelle les instruments se répondent un à un puis se superposent dans une progression répétitive et obsessionnelle, le Boléro est pour moi l’image même de ce dans quoi le post-rock puisera son essence et sa force des décennies plus tard. Jusqu’à l’explosion finale, magistrale et grandiose.

Sur la scène de la salle Pleyel, les 95 musiciens de l’Orchestre national d’Ile-de-France, dirigés par Wayne Marshall, interprètent magnifiquement ces morceaux devant un public subjugué qui finira par crier et applaudir à tout rompre, faisant trembler les strapontins comme dans un concert de rock.

Bien sûr, si c’est agréable à écouter sur disque, le vivre en live est tout simplement incomparable, tant les notes, les vibrations et la puissance s’insinuent par tous les pores de la peau, procurant des émotions uniques.

Voici un petit aperçu de Of Thee I Sing, de George Gershwin :

Et le fameux Boléro de Ravel :

Musicalement vôtre,

Totoromoon

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4 réflexions sur “Paris / New York : L’Orchestre National d’Ile-de-France à la Salle Pleyel

  1. très beau concert ! très beau souvenir en commun avec le bonheur de l’avoir vécu avec vous ! merci encore et encore ! d’énormes bisous

  2. Super! J’adore les concerts classiques et je n’ai pas encore mis les pieds dans la salle Pleyel! C’est LA résolution de 2014! Ton article me touche d’autant plus que tu y parles de Ravel & de son Boléro (que je suis en train d’écouter of course) car c’est le morceau que mon père me faisait écouter pour m’endormir ! Dieu sait qu’il est long et que je le savourais.

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