MOGWAI Rave Tapes / L’Olympia

Mogwai_Rave Tapes

Après le sublime « Hardcore Will Never Die But You Will », et la bande originale spectrale des « Revenants » (ma chronique ici), Mogwai nous livre un huitième album qui ne révolutionne pas sa discographie, mais qui se place dans la juste continuité de ce qu’il sait faire le mieux : un post-rock qui nous plonge dans un épais brouillard où la quiétude se mêle à l’inquiétude.

Sorti le 20 janvier, « Rave Tapes » dévoile dix morceaux, riches de constructions minutieusement orchestrées et d’un magistral travail sur le son, comme l’ont à coeur les écossais depuis les presque vingt années de leur brillante carrière.

Ici, la puissance sonore rejoint les salves mélancoliques pour donner le jour à une musique moins rageuse qu’auparavant, plus apaisée mais toujours aussi obsédante et unique en son genre. On reconnait ainsi sur chaque titre la patte inimitable du groupe, habitué des guitares puissantes et désormais également des synthés, pleinement intégrés à leurs compositions. L’incursion dans l’électronique, parfaitement maîtrisée, leur confère une profondeur supplémentaire. J’aime retrouver l’usage du vocoder sur The Lord Is Out of Control, la langueur de longues plages cinématographiques sur Heard About You Last Night, ouverture délicate du disque, les flots de guitares mêlés aux claviers sur Deesh, et l’intensité électrique inégalée sur Remurdered…

Sur les rares titres où la voix est présente, elle se fond aux instruments dans une parfaite symbiose. C’est le cas notamment sur Blues Hour, porté par la voix délicate de Stuart Braithwaite, morceau original sur l’album et aussi l’un de mes favoris. Minimal et magnifiquement beau.

Avec « Rave Tapes », Mogwai nous offre une fois de plus un opus d’une rare intensité, où l’apaisement s’écoute fort, très fort. Aussi puissant qu’émouvant.

Mogwai Olympia 03.02.2014  (2)

Sur la scène d’un Olympia comble, en ce lundi soir, sont suspendues de longues rangées de projecteurs et les formes géométriques de la pochette de « Rave Tapes », ainsi que son oeil à deux pupilles, presque effrayant, qui semble vouloir hypnotiser la salle. C’est sur le premier titre de ce nouvel album que le quintet écossais décidera ainsi d’ouvrir le bal.

L’air de rien, comme une nuée s’abattant sur un auditoire fasciné, un son puissant mais finement ciselé emplit peu à peu les lieux.

Les morceaux instrumentaux s’enchaînent jusqu’au très beau et envoûtant Blues Hour, délicatement porté par la voix douce et grave de Stuart Braithwaite, que je suis ravie d’entendre en live. Celui-ci semble véritablement ému, et nous offre un large sourire après en avoir terminé avec une prestation dont les post-rockeurs n’ont pas l’habitude, eux dont les voix ne se dévoilent pratiquement jamais.

Un musicien additionnel, multi-instrumentiste et chanteur qui avait déjà accompagné le groupe lors de la tournée précédente, rejoint les écossais sur scène avec son violon.

Mogwai Olympia 03.02.2014  (1)

Le public est sous le charme, comme en apesanteur, transporté par ces sonorités étudiées et créatives. Lorsque sont annoncés les deux derniers titres, la déception m’envahit toutefois : le set est intense, certes, mais si court… et je n’ai pas encore entendu mes morceaux préférés. C’est alors que retentit Remurdered, excellent morceau du dernier album, magnifié par le live, et qui vient me consoler. J’ai l’impression de me trouver dans un film de Dario Argento, avec ces petites mélodies électroniques aussi inquiétantes qu’entêtantes, amplifiées par la saturation des guitares.

Lorsque les dernières notes de Mexican Grand Prix résonnent, c’est un public plus qu’enthousiaste qui ovationne les six musiciens quittant un à un la scène.

Mogwai Olympia 03.02.2014  (3)

Après quelques minutes, le groupe revient offrir trois titres supplémentaires à ses fans… et j’invoque le ciel dans ma tête pour que le rappel soit à la hauteur de mes espérances. How To Be A Werewolf et Hunted By A Freak, deux très beaux morceaux, s’enchaînent alors, mais c’est quand j’entends les premiers souffles de Mogwai Fear Satan que je suis comblée. Voilà LE titre phare de Mogwai, que tout amateur de post-rock digne de ce nom doit avoir entendu au moins une fois en live dans sa vie, et qui convertirait à ce courant musical même les moins convaincus. Ce titre à lui seul vaut sa place de concert. J’exulte et trépigne sur mon siège : c’est parti pour douze minutes de bonheur intense. Un mur sombre de guitares s’élève pour ensuite se taire, avant de s’effondrer dans une explosion de déflagrations tonitruantes, brutes et rageuses, qui finit par se taire elle aussi. Telle est Mogwai Fear Satan, pièce forte, magistralement construite et interprétée.

Un final en apothéose, qui a lui seul éclipse toutes mes déceptions de la soirée, et confirme mon amour pour ce très grand groupe de scène.

Mogwai Olympia 03.02.2014  (4)

Setlist du concert à l’Olympia, 03/02/2014 :

  • Heard About You Last Night
  • You Don’t Know Jesus
  • Master Card
  • I’m Jim Morrison, I’m Dead
  • Blues Hour
  • Ithica 27ø9
  • Deesh
  • Small Children In The Background
  • The Lord Is Out Of Control
  • Christmas Steps
  • Remurdered
  • Mexican Grand Prix

Encore :

  • How To Be A Werewolf
  • Hunted By A Freak
  • Mogwai Fear Satan

… … …

Quelques extraits :

Mogwai Fear Satan (vidéo live extraite du DVD « Burning ») :

The Lord Is Out Of Control (vidéo officielle) :

Remurdered :

Vive le post-rock, l’Ecosse et la musique live,

Totoromoon

Publicités

5 réflexions sur “MOGWAI Rave Tapes / L’Olympia

  1. Pingback: Mes concerts 2013/2014 | totoromoon

  2. Pingback: MOGWAI Music Industry 3. Fitness Industry 1. | totoromoon

  3. Pingback: Top Post-Rock 2014 | totoromoon

  4. Pingback: Top Concerts 2014 | totoromoon

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s