EELS à la Salle Pleyel

Eels Salle Pleyel 10.07.2014(6)

Il y a trois mois, sortait « The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett », onzième album de Eels. Ici Mark Oliver Everett, fondateur du groupe et singulier personnage aux multiples facettes musicales, ne se cache plus derrière Eels ou le simple E de ses débuts. Il dit avoir sur cet album choisi l’honnêteté, et il brandit fièrement son vrai nom. Son titre l’annonce : le disque sera introspectif et authentique.

Fort d’une belle cohérence, il se déroule telle une jolie histoire, de son introduction instrumentale à sa conclusion lumineuse, et s’écoute d’une traite. Les arrangements sont soigneux et soignés, les orchestrations riches et variées. Piano, guitares, cordes, glockenspiel, carillons se relaient harmonieusement. Un disque intime, à la beauté douce et délicate.

Eels Salle Pleyel 10.07.2014(3)

En ce pluvieux jeudi de juillet, le festival Days Off reçoit Eels à quelques pas des Champs Elysées, dans la magnifique salle Pleyel et son acoustique à nulle autre pareille.

Du rock brut aux ballades mélancoliques, en passant par la pop atmosphérique et les improvisations jazzy, Eels, doué d’une imagination débordante, nous a habitués à tout et son contraire, passant d’un genre à l’autre avec une aisance remarquable. Le concert de ce soir est donc une surprise dont on attend avec impatience de découvrir la teneur.

Sur scène, des tapis persans de différentes formes sont installés sous les instruments et les pieds de micros… l’atmosphère feutrée est posée, prête à accueillir les mélodies de Eels, dont on devine à présent qu’elles seront, ce soir, tout en délicatesse.

A l’image du nouvel album, c’est en effet un set magnifiquement doux et épuré qu’Eels va offrir au public d’une salle Pleyel comble de fans, du parterre au deuxième balcon. Mark Oliver Everett, vêtu pour l’occasion d’un élégant costume sombre, entre en scène sous une nuée de cris et d’applaudissements. Il s’installe au piano et, sans un mot, ouvre le bal avec « Where I’m At », morceau riche de sens, court et beau, et qui ouvre également l’album. Du piano, il se dirige ensuite vers le micro posé en front de scène pour livrer sa version de « When You Wish Upon A Star », qui semble illuminer la salle d’un plafond d’étoiles.

« Everything is possible ! How a loser like me can play in a beautiful place like this ? », lance-t-il après avoir salué son public. Attachant et plein d’humour, E sait charmer une salle déjà conquise après seulement quelques notes. De nouveau assis devant son piano, il arrangue l’auditoire : « Are you ready for rock n’roll ? It’s not going to happen… Are you ready for soft rock ? We won’t even play that… ». Des rires amusés s’élèvent lorsqu’il finit par qualifier ses compositions de « uneasy listening », et même de « total bummer » : mais, n’en déplaise à monsieur E et à son second degré caractéristique, ce soir, ce ne sera ni déprimant, ni ennuyeux. Ce soir, ce sera élégant, doux et lumineux.

L’ambiance est ainsi à la fois festive et douce, pleine de joie, de chaleur et d’émotion. Cymbales, batterie, glockenspiel, contrebasse, trompette, guitares, piano, les instruments nombreux sont organisés de manière quasi solennelle, et témoignent de la richesse des orchestrations du groupe.

Si j’aime moins les titres plus folk et jazzy, certains tendant même vers la country, je suis en revanche sous le charme des magnifiques compositions au piano. Et, chaque fois que Mark Oliver Everett s’y assied et que sa voix éraillée s’élève, c’est pour moi un enchantement. En plus des éclairages subtils et étudiés, un rideau de petites ampoules lumineuses concourt quant à lui à la féérie de l’instant.

Toujours avec beaucoup d’humour, il présente ses musiciens et en profite pour faire célébrer l’anniversaire de l’un d’eux. Enfin, comme « Où je suis » a ouvert le set, « Où je vais » (« Where I’m Going ») le clôt, de même qu’il clôt le nouvel album. Le loser magnifique descend alors dans le public faire des câlins à ses fans, sous les regards à la fois réjouis et envieux de ceux qui sont penchés aux balcons.

Puis ce sont pas moins de deux fois trois titres que le groupe jouera en rappels, sous une tempête d’applaudissements. Point d’orgue de cette fin de soirée pour moi, « Can’t Help Falling In Love With You » une sublime reprise d’Elvis Presley, sur laquelle je pourrai quitter la salle, le sourire aux lèvres.

Eels Salle Pleyel 10.07.2014

Setlist du concert, Salle Pleyel 10/07/2014 :

  • Where I’m At
  • When You Wish Upon a Star (Leigh Harline cover)
  • The Morning
  • Parallels
  • Mansions of Los Feliz
  • My Timing Is Off
  • A Line in the Dirt
  • Where I’m From
  • It’s a Motherfucker
  • Lockdown Hurricane
  • A Daisy Through Concrete
  • Grace Kelly Blues
  • Fresh Feeling
  • I Like Birds
  • My Beloved Monster
  • Gentlemen’s Choice
  • Mistakes of My Youth
  • Where I’m Going

Encore :

  • I Like The Way This Is Going
  • Blinking Lights (For Me)
  • Last Stop : This Town

Encore 2 :

  • That Look You Give That Guy
  • Can’t Help Falling In Love With You (Elvis Presley cover)
  • Turn On Your Radio

Quelques extraits :

Lockdown Hurricane (vidéo officielle) :

It’s A Motherfucker :

Et la très belle reprise d’Elvis Presley en fin de set, Can’t Help Falling In Love With You :

Site officiel : http://www.eelstheband.com/

Belle soirée à tous, et vive la musique live.

Totoromoon

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2 réflexions sur “EELS à la Salle Pleyel

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