BELLE AND SEBASTIAN au Pitchfork Music Festival

Belle & Sebastian Pitchfork 31.10 (2)

En cette soirée d’Halloween, la Grande Halle de la Villette accueillait le deuxième jour du Pitchfork Music Festival. Pour ma part, j’accompagnais un fan de Belle and Sebastian à son 19e concert du groupe. Et rien qu’à lui.

Car oui, j’ai été traumatisée par la Grande Halle de La Villette et surtout son public en 2011, à l’occasion du concert de Godspeed You ! Black Emperor. Et oui, j’ai également été traumatisée par les derniers festivals auxquels j’ai assisté, et surtout par leurs publics. Donc oui, me rendre à la Grande Halle de La Villette en ce 31 octobre, et qui plus est pour un festival, m’a demandé de rassembler une bonne part de courage et de faire fi de mes nombreuses appréhensions.

Toutefois, je n’avais jusque là vu qu’une seule fois Belle and Sebastian en live, en 2006, pour un concert mémorable à La Route du Rock, et j’avais très envie de les revoir. Et surtout, c’était un réel plaisir pour moi de pouvoir assister à ce concert accompagnée d’un de leurs plus grands fans français (si si, et un de leurs fans préférés, j’en suis sûre), et que j’ai la chance de compter parmi mes amis chers.

Donc, un peu avant minuit, une fois traversée la horde de zombies et autres draculas éméchés du métro, nous arrivons à la Grande Halle. Et aussitôt, toutes mes appréhensions reprennent forme devant moi : la salle immense et ses résonnances disgracieuses, la cohorte de hipsters à chapeaux, barbes, headbands et autres chemises à carreaux, les litres de bière renversés par terre, et surtout, surtout : des gens qui semblent être venus ici comme ils iraient au bistro du coin, qui se parlent en hurlant, à renfort de grands moulinets de bras et en adoptant des mimiques étudiées et des airs affectés, qui se déplacent en bousculant sans vergogne leurs congénères, bref qui sont là mais qui n’en ont clairement rien à faire, mais alors rien à faire du tout, de la MUSIQUE qui se joue sur scène au même moment.

Et ça, pour moi, c’est irrespectueux et insupportable.

Allez, je me reconcentre et je positive, je suis là pour être avec mon ami, et pour Belle and Sebastian.

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Juste le temps d’entendre quelques notes de St Vincent (bon, chacun ses goûts mais moi, je n’aime pas du tout), et le concert de Belle and Sebastian commence sans temps mort sur la scène d’en face. C’est une voix off qui annonce l’arrivée du groupe et le présente, à l’ancienne, donnant un petit air désuet et solennel bien sympathique à son entrée en scène : « Mesdames et messieurs, merci d’accueillir l’artiste du label Matador : Belle and Sebastian. »

Sur scène, les six musiciens rassemblés autour du charismatique Stuart Murdoch sont accompagnés d’un ensemble à cordes qui viendra enchanter encore davantage les compositions du groupe.

Le set s’ouvre avec un extrait du premier album des écossais et l’entraînant You’re Just a Baby. Les orchestrations sont d’ores et déjà enlevées et somptueuses.

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J’ai toujours trouvé que Belle and Sebastian savait adoucir les moeurs mieux que quiconque. Ici, les mélodies sont de toute beauté, les ballades aériennes et la mélancolie subtilement ravageuse. C’est frais, délicat et tendre, tout simplement.

Bon je vous passe mes tentatives de rapprochement vers la scène pour essayer de rejoindre les quelques humains qui semblaient, de loin, écouter le concert. Agacée de m’être fait bousculer 150 fois, au moins, par les allers et venues incessantes des festivaliers, de m’être fait renverser de la bière sur les chaussures, et même de m’être fait haranguer par un illustre inconnu à cheveux longs qui se trouvait là. Et surtout, agacée de devoir me concentrer au maximum pour tenter d’entendre la musique au milieu d’un brouhaha continu de gens qui discutent entre eux (avec les mêmes bras gesticulant, les mêmes mimiques ridicules et horripilantes, etc).

Je vais passer pour une vieille ronchonne mais tant pis. J’assume totalement.

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Heureusement, la voix de Stuart Murdoch est toujours d’une sensibilité renversante et parvient à faire presque tout oublier. Des écrans géants en fond de scène projettent des images et des vidéos illustrant de l’esthétique du groupe chacun des morceaux.

Le sublime The Fox In The Snow parvient de sa douceur à faire baisser de quelques décibels le bruit de la salle, et à m’hypnotiser. Le joliment dansant The Party Line et ses touches électroniques, extrait du nouvel album à venir, prend tout son sens sur scène, transcendé par le live.

Puis Stuart demande aux personnes non costumées de la foule de mettre un genou à terre pour laisser apparaître au mieux l’auditoire costumé : il désigne ceux qu’il considère comme les plus jolis costumes du doigt et les invite à rejoindre le groupe sur scène pour l’un des derniers morceaux, The Boy With The Arab Strap. Surgissent alors plusieurs costumes sautillants dont un énorme lapin tout de peluche vêtu. C’est gai, festif, merveilleusement orchestré, et ça fait du bien. Le romantique Sleep The Clock Around forme ensuite la belle conclusion de ce set lumineux.

La salle a déjà commencé à se vider considérablement et, j’ose le dire, pour mon plus grand soulagement, quand le groupe revient donner un ultime rappel. Get Me Away From Here, I’m Dying clôt magnifiquement ce concert qui aura réussi à m’enchanter et à enchanter mon ami, jamais déçu même après 19 concerts du groupe, malgré des conditions plus que difficiles en ce Pitchfork Festival.

Belle & Sebastian Pitchfork 31.10 (1)

Setlist du concert, Pitchfork Music Festival 31/10/2014 :

  • Judy Is a Dick Slap (ouverture)
  • You’re Just a Baby
  • Funny Little Frog
  • Sukie In The Graveyard
  • Allie
  • Perfect Couples
  • The Fox In The Snow
  • Like Dylan In The Movies
  • I Didn’t See It Coming
  • The Party Line
  • The Wrong Girl
  • The Boy With The Arab Strap
  • Sleep The Clock Around

Encore :

  • Get Me Away From Here, I’m Dying

A écouter pour le plaisir, mon morceau préféré du groupe, Electronic Renaissance (« Tigermilk » – 1996) :

Site officiel : http://www.belleandsebastian.com/

La sortie du prochain album de Belle and Sebastian, « Girls In Peacetime Want To Dance », est prévue pour le 19 janvier prochain. Je ne manquerai pas de vous en reparler, bien sûr.

Totoromoon

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2 réflexions sur “BELLE AND SEBASTIAN au Pitchfork Music Festival

  1. Beau compte-rendu qui nous donne même l’impression d’être au coeur de l’action! Des sonorités du prochain album ne seraient pas très éloignées de celles d’  » Electronic Renaissance » (dixit Vincent Théval interviewant Stuart lundi dernier).

  2. Pingback: BELLE AND SEBASTIAN Girls In Peacetime Want To Dance | totoromoon

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