WANG WEN & BRAVERY IN BATTLE à l’Espace B

Wang Wen Espace B

Samedi dernier, l’Espace B proposait une affiche entièrement post-rock, avec en invité d’honneur les éminents musiciens chinois de Wang Wen, pour la première fois en concert en France, après plus de 15 ans d’une prolifique carrière.

Ce samedi, donc, l’Espace B était chinois. Même à l’entrée, la jeune fille préposée aux guests-lists et aux tickets semblait ne pas parler du tout français… Une plongée dans un univers lointain et dépaysant, le temps d’une soirée.

Bravery In Battle_Espace B

Dans la chaleur moite d’un Espace B bondé, il revenait aux post-rockeurs parisiens de Bravery In Battle d’ouvrir cette belle soirée.

Je les découvrais pour la première fois, mais je pense que les conditions sonores de la salle n’ont pas rendu hommage à cette première approche. J’ai aimé la mélancolie teintée de lumière de ces morceaux instrumentaux, de même que la concentration et la ferveur crescendo des musiciens. Toutefois, les lignes mélodiques peinaient à émerger sous une basse tonitruante, tandis que je pouvais voir plusieurs claviers, sans néanmoins les entendre… L’ensemble du coup m’a semblé manquer d’envol, mais j’aimerais revoir le groupe dans de meilleures conditions car je pense qu’il a été vraiment desservi par l’acoustique et les réglages sonores de la salle.

Une découverte à approfondir.

A écouter, We May Be Small But Our Souls Are Infinite (« The Bells [muted] », 2014) :

Bandcamp : https://braveryinbattle.bandcamp.com

Quelques minutes plus tard, de nouveaux instruments prennent place sur scène, préparant l’arrivée imminente du quintet originaire de Dalian, en Chine. Guitares, basse, batterie, claviers, violon, trompette et tuba viennent cohabiter dans ce petit espace où la chaleur est malheureusement de plus en plus étouffante, et où le manque d’air m’oblige à lutter pour ne pas m’évanouir et manquer tout le concert à venir…

Wang Wen_Espace B (3)

Ce soir, les musiciens de Wang Wen venaient présenter leur dernier album, « Eight Horses », paru l’année dernière, ainsi que la réédition d’un de leurs plus beaux opus sorti en 2008, « IV » (pour en lire ou en relire ma chronique, c’est ici). Ceux dont le nom vient d’une moitié de proverbe chinois signifiant « ne pas avoir entendu » étaient pour la première fois en concert en France, pour le plus grand bonheur de mes tympans impatients.

Tandis que je tente de m’éventer pour tenir le choc et profiter comme il se doit de ce moment dont je me suis réjouis à l’avance depuis des semaines, le groupe prend place et laisse résonner les sonorités de ses nouveaux morceaux. Il nous plonge d’emblée dans un univers d’une richesse subtile et profonde. Le guitariste principal, caché derrière de longs cheveux, joue de sa guitare avec un archet. Le travail sur le son est savoureux, à la fois puissant et tout en jolies nuances.

Wang Wen_Espace B (2)

Alors que le groupe déroule ses longs morceaux, la richesse et la diversité de ses influences est palpable. Car c’est bien au-delà du post-rock que le quintet puise ses sources d’inspiration. Il dit en effet vouloir, à travers ses compositions, explorer l’inconnu. Un inconnu savoureux et palpitant, aux teintes de rock, de jazz et de musique chinoise, qu’il dompte à merveille.

Ici, les cuivres, dont je ne suis pas très friande d’habitude, se marient à bonheur avec les autres instruments, accompagnant la mélodie sans la noyer, lui donnant au contraire une profondeur inédite. L’écriture est impeccable et la maîtrise parfaite. L’ensemble est audacieux et admirablement interprété, même si, là encore, le son de la salle n’est vraiment pas optimal pour rendre hommage à la musique du groupe comme elle le mériterait.

Le seul petit bémol que j’apporterai à ce set intense, est l’incursion d’une partie chantée ou plutôt criée un peu trop rageusement à mon goût. Heureusement, cette incursion est très courte et présente sur un seul morceau. Je trouve pour ma part qu’on pourrait largement s’en passer (bon, je sais, je suis un peu psychorigide avec ça… chacun ses goûts).

Wang Wen_Espace B (1)

Avant d’entamer le dernier titre de la soirée, le guitariste remercie la foule de quelques mots d’anglais, puis embraye en chinois sous les cris des fans. Car je pense que nous sommes finalement très peu nombreux dans la salle à ne pas parler le chinois… Je comprendrai plus tard qu’il remerciait également dans ses mots leurs amis du groupe suédois PG Lost, venus avec eux en France pour les aider dans leur tournée. C’est d’ailleurs à l’un des membres de PG Lost posté au merchandising que j’avais acheté, en début de soirée, un disque de Wang Wen, sans savoir qui il était… et en me maudissant plus tard de cette méconnaissance !

J’espère avoir l’occasion de revoir Wang Wen sur scène en France un jour prochain, dans des conditions à la hauteur de leur talent.

A écouter, The Last Journey (« Eight Horses », 2014 – vidéo oficielle) :

Bandcamp : https://wangwen.bandcamp.com/

Totoromoon

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3 réflexions sur “WANG WEN & BRAVERY IN BATTLE à l’Espace B

  1. Haha ils auraient dû jouer à la Dame de Canton, en plus c’est dans le 13ème… comment ça c’est cliché ? Au Dunk!Festival c’était tout simplement fabuleux, je suis arrivé juste après le début du premier morceau et rien qu’en entendant quelques notes déformées dehors je savais que j’allais voir et écouter quelque chose d’exceptionnel… je me suis vraiment pris ma baffe musicale de 2015.

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