GRIMLAKE Atlas Hands

GrimLake_Atlas Hands

Après un premier EP paru en 2012, le jeune post-rockeur français Mathieu Legros, alias GrimLake, vient de donner naissance à son premier album. Inutile d’y aller par quatre chemins : « Atlas Hands », paru ce lundi 15 juin, est un véritable bijou.

Mélodieux et subtil, il fait tourbillonner les émotions et voyager loin, très loin. Une perle d’un post-rock à la fois créatif, aérien et étourdissant.

J’ai rencontré Mathieu lors d’une soirée post-rock au Buzz, petit bar bellevillois convivial bien que quelque peu déserté ce soir-là. C’est ici que j’ai pour la première fois entendu sa musique en live (pour en lire ou en relire mon récit détaillé, c’est ici). Comme je l’écrivais à l’époque, j’aimais déjà GrimLake avant de connaître Mathieu, mais je l’ai encore plus aimé après l’avoir rencontré et l’avoir entendu donner vie à sa musique sur scène. Mathieu est un artiste d’une sensibilité et d’une simplicité rares. Un artiste dont on sent le grand coeur affleurer à chaque note, à travers des créations musicales à la sensibilité à fleur de peau.

Sa musique est celle des contes et de l’évasion. Hommage aux frères Grimm et aux grands espaces, elle peint des paysages, déploie des atmosphères et raconte des histoires. Sans aucune grandiloquence, mais dans une profondeur à la fois si limpide et si belle qu’elle en est désarmante.

« Atlas Hands » développe à merveille tous les ingrédients qui font de GrimLake un projet abouti : des mélodies habilement construites, portées par des lignes de piano qui se mêlent harmonieusement aux guitares, des rythmes oscillant entre délicatesse et passion, quelques samples de sons de la nature, un travail minutieux sur les textures, et enfin des voix qui viennent audacieusement se poser sur certaines mesures.

La pochette du disque est déjà une invitation au voyage et au rêve. Sa mappemonde au crayon noir, ses nuages qui enserrent un globe où la nature, sortie du ventre de la terre, semble dominer la civilisation.

Dès l’ouverture du disque, Run Into The Night, premier morceau de près de 7 minutes, nous transporte dans un univers aux paysages teintés d’onirisme et de mélancolie. Les grillons de la nuit accompagnent le piano, bientôt rejoint par une guitare claire et ciselée. Les percussions éclatent ensuite, tandis que les guitares s’électrisent. Lorsque le calme revient, ce n’est que pour mieux développer une mélodie envoûtante et dont l’épaisseur ne cesse jamais de croître, tout en reliefs vaporeux et en variations d’intensité maîtrisées. Avant que le piano ne vienne clore ce premier voyage qui a lui seul laisse augurer un très bel opus.

Everything Everywhere s’ouvre sur le sample d’un discours officiel puis déploie des guitares abrasives et une basse entêtante. Une certaine gravité se dégage des sonorités. Graves et fortes, mais toujours élégantes. Dying Stars introduit le clavier électronique et le marie aux puissantes abrasions des guitares. La légèreté côtoie ainsi intelligemment la puissance, faisant la force de ces compositions, où chaque élément est savamment dosé pour respecter l’atmosphère générale de l’opus : un opus vecteur d’intenses émotions, tantôt aérien, tantôt étourdissant, et toujours plein d’une irréductible force de vie. Obedience, le titre suivant, condense parfaitement tout cela. Point d’angoisse ici, et point de tristesse. Mais de longues et belles minutes de rêves, de voyages et d’une subtile touche de mélancolie.

Le court et incisif Digital Cut assure la transition avec trois morceaux que j’ai déjà entendus en live et que j’aime particulièrement : When It Rains, Playground Hope et Expected Thoughts. Trois morceaux splendides, tout simplement. Quand la pluie, le bruit des vagues ou les voix lointaines d’enfants se mêlent au piano et aux guitares, quand les mélodies s’épanouissent, tourbillonnent et donnent le vertige.

Absolute Zero vient enfin clore à bonheur cet opus, dans l’émotion du piano, du violon, des voix unies en choeurs et de la voix de Mathieu qui se pose et s’envole sur la mélodie. Une merveille.

Bref, vous l’aurez compris, « Atlas Hands » est un premier album magistral. Un enchantement à savourer les yeux fermés, de toute urgence et sans modération.

Pour découvrir l’album :

Tracklist :

  • Run Into The Night
  • Everything Everywhere
  • Dying Stars
  • Obedience
  • Digital Cut
  • When It Rains
  • Playground Hope
  • Expected Thoughts
  • Absolute Zero

Bandcamp : https://grimlake.bandcamp.com/
Youtube : https://www.youtube.com/user/GrimLakeMusic
Facebook : http://www.facebook.com/Grimlake

Nul doute qu’ « Atlas Hands » sera positionné en très bonne place dans mon top des meilleurs albums post-rock de l’année. Longue et belle route à GrimLake.

Totoromoon

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