METRIC Pagans In Vegas

Metric_Pagans In Vegas

Sixième album des canadiens de Metric, « Pagans In Vegas » est né il y a quelques jours. Avec cet album, le groupe confirme le tournant vers des sonorités plus exclusivement électroniques entamé avec leur précédent opus, « Synthetica », paru en 2012.

Chez Metric, j’aime la voix et la sensibilité à fleur de peau d’Emily Haines, les mélodies léchées et efficaces, les nappes de claviers et les envolées de guitares. Des douces ballades aux hymnes de dancefloor addictifs, les canadiens portent dans leur musique une énergie à la fois douce et savoureuse.

Depuis « Old World Underground, Where Are You Now », né en 2003 et usé dans ma chaîne hifi à force d’écoutes répétées, le son du quatuor a évolué, passant du rock new wave à la pop électronique, avec un passage par un rock plus abrasif à l’occasion de la sortie du très réussi « Live It out » en 2005. Si la voix d’Emily Haines, si belle qu’elle s’accommode de tout, sied aussi bien au rock qu’à la pop synthétique dans lesquels navigue le groupe, j’avoue que mon coeur et mes tympans préfèrent nettement lorsque les compositions du quatuor s’épanouissent dans des sonorités plus pures, plus éthérées et moins dénaturées par l’électronique.

Ma première écoute de « Pagans In Vegas » (peut-être trop chargée des promesses de bonheur d’un groupe que j’aime particulièrement) a ainsi donné lieu à une réelle déception. De Lie Lie Lie à The Face Pt. 2, les douze titres font la part belle aux rythmes électroniques et même la voix d’Emily Haines est souvent déformée par des effets d’échos aux fioritures superflues. Dans « Synthetica », déjà, la dualité entre l’authentique et l’artificiel était prégnante. Elle l’est encore plus dans « Pagans In Vegas ». Ici, les machines l’emportent sur l’humain et la nature : et peut-être est-ce justement le but recherché par Emily et ses comparses, et le message qu’ils souhaitent faire passer ? Si tel est la cas, l’objectif est atteint. Mais le plaisir de l’écoute, pour ma part, s’en trouve nettement diminué.

Néanmoins, le talent du groupe pour créer des mélodies addictives est bien là. Et l’ensemble du disque, dans sa cohérence, est efficace. Après seulement quelques écoutes, je me suis ainsi retrouvée à me réveiller en pleine nuit avec, dans la tête, le refrain de The Shade, en boucle, indéracinable. Au réveil le lendemain matin, j’ai remis le disque en lecture dans mon baladeur MP3, et l’ai réécouté en essayant d’y prêter une autre oreille, défaite de mes exigences premières, et plus indulgente. Et, je l’avoue, j’y ai trouvé quelques pépites. L’influence des sonorités des années 80 est indéniable. J’entends au loin les échos de Depeche Mode et de New Order, que ce soit dans les rythmes ou dans les nappes synthétiques, ce qui, finalement, n’est pas pour me déplaire.

Lie Lie Lie ouvre le disque sur un titre qui ne dépareille pas de la discographie du groupe. On y retrouve la douceur à la fois espiègle et suave de la voix d’Emily Haines et le balancement de rythmes et de guitares à la fois graves et enlevés. Fortunes amuse avec son thème de clavier rétro qui fait penser à un gimmick de jeu vidéo. Le message que le chant fait passer est simple et direct, comme le groupe en a l’habitude. Au gré des combats de la vie quotidienne à mener, et des luttes intérieures dans la recherche de son épanouissement… Presque naïf parfois, mais sans détours. « I want it all », crie ainsi Emily dans The Shade, troisième morceau de l’album et premier single dévoilé il y a quelques mois. S’il est relativement réussi, il précède plusieurs morceaux qui, eux, m’ont franchement déçue. Voix déformée par les échos, rythmes entièrement issus de machines, sonorités rétro simplistes… Il me faut attendre la dernière partie de l’album pour retrouver la flamme et le charme de Metric. Après l’incursion vocale inattendue de James Shaw sur The Other Side, Emily, plus sobre, retrouve de sa superbe dans Blind Valentine et The Governess. Enfin, les deux parties instrumentales de The Face viennent joliment clore l’album, fortes d’arrangements originaux et d’un final tout en nappes éthérées.

Un opus en demi-teinte, mais où vous pourrez trouver je pense vous aussi, deci delà, de quoi vous réjouir les tympans.

A écouter, The Shade (vidéo officielle) :

Et Lie Lie Lie (version officielle) :

Tracklist :

  • Lie Lie Lie
  • Fortunes
  • The Shade
  • Celebrates
  • Cascades
  • For Kicks
  • Too Bad, So Sad
  • The Other Side
  • Blind Valentine
  • The Governess
  • The Face, Pt. 1
  • The Face, Pt. 2

Site officiel : http://www.ilovemetric.com/

Totoromoon

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