INDIGNU Ophelia

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« Ophelia est née par une nuit hantée, dans le sang et la souffrance. Comme si elle avait déjà traversé les troubles d’un autre monde. Mais, outre son esprit intrigant, elle apportait avec elle un parfum de lavande. » Tels sont les premiers mots que le sextet portugais Indignu a choisis pour décrire son nouvel album, « Ophelia ». Telle une femme à deux visages, elle est une réalisation à la fois complexe et singulière dans la discographie du groupe. L’aboutissement de plusieurs années de patience, de sacrifices, de persévérance et de labeur minutieux. Un aboutissement merveilleusement réussi, dans lequel Indignu a mis toute son âme. A découvrir absolument.

Troisième opus du groupe, « Ophelia » a deux faces, deux visuels et deux âmes. Il est un voyage sonore à travers les points cardinaux et les différents visages de l’humanité. Sa face A représente le Nord et l’Est. Elle est délicate et contemplative, sensible et riche en émotions aériennes. Sa face B représente le Sud et l’Ouest. Elle est sombre et aride, agitée et tourmentée.

Loin de s’opposer, les deux parties du disque se complètent au contraire à merveille. Mettant en musique l’instabilité du monde avec brio.

Tout au long des six pièces qui composent « Ophelia », Indignu déploie un post-rock à la fois puissant et fortement influencé par la musique classique. Aux guitares et aux percussions répondent claviers, violons et violoncelle, dans un ensemble harmonieux et savemment orchestré. Ici, les instruments se marient à bonheur, faisant d’abord s’élever les mélodies dans des cieux colorés puis plongeant l’auditeur dans de sombres et inquiétants abîmes.

Les nuances des trois premiers titres sont belles et sensibles. Toutes en crescendos profonds et lumineux, trouvant leur apogée dans les arpèges enchanteurs du sublime Adeus, clarabóia. L’entrée en matière des trois titres suivants est plus timide, faisant lentement s’élever un brouillard où les expérimentations sonores se font obscures et grondantes. Mais où un rai de lumière finit par percer de nouveau dans les dernières notes du beau et contrasté Santhiago do Schiele. De son ouverture à son dénouement, le travail sur les mélodies et les textures est si riche que l’on en découvre de nouvelles subtilités à chaque écoute. Somptueux.

Avec « Ophelia », Indignu signe sans nul doute l’un des plus beaux bijoux post-rock de cet hiver 2016.

A écouter et à regarder, la vidéo de Mar do Norte :

Et pour découvrir l’album :

Tracklist :

  • A1 Mar do Norte
  • A2 Jerusalém
  • A3 Adeus, clarabóia
  • B1 Montanha Negra
  • B2 Tâmaras ao Vento
  • B3 Santhiago do Schiele

Bandcamp : https://indignu.bandcamp.com/
Facebook : https://www.facebook.com/indignu/

Totoromoon

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Une réflexion sur “INDIGNU Ophelia

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