LCD SOUNDSYSTEM American Dream

Sept ans après la sortie de « This Is Happening », et six ans après un extravagant concert d’adieu au Madison Square Garden et la dissolution d’LCD Soundsystem, James Murphy et sa bande ressuscitent avec un nouvel album, qui ravira les amateurs de l’électro-pop à la fois dansante et émouvante de ces New-Yorkais chers à nos coeurs. « American Dream » est né le 1er septembre, et il est l’ingrédient parfait pour redonner du groove à cette fin d’été.

Retour inattendu et réussi, « American Dream » fait revivre à bonheur les recettes savoureuses du formidable « Sound Of Silver », album placé dans le Panthéon de mes « albums-baume-au-coeur » favoris.

Rêve américain sur fond de ciel outrageusement bleu : telle est la promesse d’LCD Soundsystem dans ce quatrième et nouvel opus. Pourtant, à l’encontre de sa pochette azur, c’est un opus en clair-obscur qui se dévoile au fil de l’écoute du disque.

Comme à son habitude, James Murphy se moque avec humour des mille travers de notre époque. Mais on perçoit ici un voile de mélancolie douce-amère. Celui-ci vient se poser subrepticement sur les chansons, accompagnant les déhanchements de hochements de tête pensifs, yeux fermés sur sa jeunesse disparue et ses espoirs déchus. Les thèmes abordés le sont toujours avec la même pointe de légèreté, mais se teintent d’un sérieux dépourvu de l’ironie des précédents opus du groupe.

Cauchemars, deuils, regrets et réveils douloureux peuplent ainsi les dix pistes d’ « American Dream ».

« Oh baby, yr having a bad dream, here in my arms », entonne ainsi le chanteur dès les premières notes du disque.

Liant avec habileté le fond à la forme, la voix de James Murphy se fait plus lointaine et lancinante que jamais. Scandée telle qu’on la connaît sur la plupart des morceaux, elle tend sur d’autres à un beau travail de chant. Claire, presque fragile, joliment plaintive sur le superbe How Do You Sleep, elle porte de belles émotions jusqu’à s’évaporer dans l’écran noir des 12 minutes de Black Screen, magnifique hommage à son ami David Bowie.

Des crescendos dramatiques viennent par endroits étoffer ces compositions menées par les synthés et rythmes électroniques, un violoncelle et une mandoline s’invitant même le temps d’un morceau. Le travail sur les textures est plus prégnant que jamais. Les nappes synthétiques se superposent, fortes d’une belle épaisseur, répondant au foisonnement des percussions et au tournoiement des guitares. Et puis, de loin en loin, résonnent toujours ces petites cloches au son mat, typiques de mes productions préférées chez DFA Records, qui font s’envoler le rythme et donnent plus que jamais envie de se laisser aller sur le dance floor. Mais ici, c’est toujours avec une larme au coin de l’oeil que l’on danse. Paradoxe tellement délicieux, maîtrisé à merveille par James Murphy, brillant chef d’orchestre de ce bel opus.

A découvrir, le sublime American Dream, qui a donné son nom au disque et qui en est aussi mon morceau favori :

Tracklist :

  • Oh Baby
  • Other Voices
  • I Used To
  • Change Yr Mind
  • How Do You Sleep
  • Tonight
  • Call The Police
  • American Dream
  • Emotional Haircut
  • Black Screen

Site web : https://lcdsoundsystem.com/
Facebook : https://www.facebook.com/lcdsoundsystem/

Totoromoon

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