EMILY HAINES & THE SOFT SKELETON Choir Of The Mind

Plus de dix années sont passées depuis le premier album d’Emily Haines & The Soft Skeleton. Pourtant, « Knives Don’t Have Your Back » n’a pas pris une ride. Ecoute après écoute, cet album demeure l’une des plus belles oeuvres de ma discothèque. De sa voix d’ange, la chanteuse de Metric, également occupée par ses contributions au collectif Broken Social Scene, n’en finit pas d’enchanter. Plus envoûtante que jamais, elle est de retour en ce début d’automne avec « Choir of the Mind », un nouvel album à la hauteur de son prédécesseur. De toute beauté.

Mon impatience dans la découverte de ce nouvel album était décuplée par l’attente de ces onze longues années, mais aussi par la déception qu’avait engendrée chez moi la sortie du dernier album de Metric, « Pagans in Vegas », dans lequel la voix de la chanteuse canadienne était noyée sous les effets électroniques (ma chronique à lire ou à relire ici). Car, pour moi, Emily Haines n’a pas « une » voix, elle a « la » voix. La voix qui a le don de faire chavirer le coeur de l’obsédée de musique instrumentale que je suis. Et peu peuvent s’en targuer.

Elle n’est pas extravagante. Elle n’est pas puissante. Elle est profonde et douce, à la fois pleine de fragilité et, paradoxalement, de clarté et d’assurance. Et surtout, elle est gorgée d’une sensibilité si intense qu’elle déclenche à chaque note des flots poignants d’émotions.

Loin des dance floors électro des derniers opus de Metric, « Choir of the Mind » propose 13 pièces aussi gracieuses que délicates, dans lesquelles Emily Haines, batte de baseball à la main, développe son ode à la force des femmes. Toujours centrées autour du piano, portées par cette voix de soprane aux teintes chaudes, elles sont faites de textes sombres mais se déploient en douceur au fil de magnifiques mélodies. Chacune est belle, dans une forme d’intimité et de dépouillement.

Dès l’ouverture du disque, les nappes éthérées du sublime Planets envoûtent. « People drift away », chante Emily Haines au milieu de ses propres échos de voix. Triste mais merveilleusement hypnotique, tel est ce premier titre que je ne lasse pas d’écouter.

Puis, de Fatal Gift, joli morceau composé crescendo qui aurait tout à fait pu figurer sur l’un des premiers albums de Metric, au funèbre RIP où guitare acoustique et piano se répondent, en passant par le délicatement épique Legend of the Wild Horse, l’album se déroule en prenant le temps de poser les ingrédients de sa musique, rassemblés en une recette savoureuse et réussie.

« Love is my labour of life », confesse la chanteuse, a capella, sur la ballade épurée Strangle All Romance. Tout n’est pas toujours sombre, donc. Çà et là, à travers les questionnements introspectifs et les quelques regards tournés vers le monde extérieur, s’insinue la lumière.

Choir of the Mind, morceau qui a donné son nom au disque, dévoile les vers d’un poème indien, « Savitri », écho à la fois au deuxième prénom et aux origines de la chanteuse, née à New Delhi et dont le père, Paul, est poète. Emily Haines y fait se superposer les couches de voix, en toile de fond du poème récité, développant cette atmosphère à la fois onirique et ouatée qui lui est chère.

L’ensemble, parenthèse aussi trouble qu’enchanteresse, se savoure yeux mi-clos, loin du brouhaha et de l’urgence du monde.

A écouter, Planets :

& Fatal Gift :

Tracklist :

  • Planets
  • Fatal Gift
  • Strangle All Romance
  • Wounded
  • Legend of the Wild Horse
  • Nihilist Abyss
  • Minefield of Memory
  • Perfect on the Surface
  • Choir of the Mind
  • Statuette
  • Siren
  • Irish Exit
  • RIP

Site web : https://www.emilyhaines.com/
Facebook : https://www.facebook.com/EmilyHaines/

« Choir Of The Mind » chez Last Gang Records : https://lastgang.com/

Totoromoon

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