JONATHAN FRASER Stendhal : Tragedy Of The Journeyman

Je vous avais parlé de Jonathan Fraser en 2015 pour la sortie de son « Soundtrack to an American Giallo », double album en forme de bande originale de film presque exclusivement composé pour guitare acoustique. Le jeune américain est de retour en ce début de printemps avec « Stendhal : Tragedy of the Journeyman », un album d’un tout autre genre, où les nappes électriques viennent remplacer les envolées acoustiques, où l’obscurité vient engloutir la lumière des débuts. Un long voyage hypnotique et envoûtant, à découvrir.

Cinq morceaux et plus d’une heure et vingt minutes de musique, c’est ce que propose Jonathan Fraser dans ce nouvel album. Auditeurs pressés, habitués des formats radio, passez votre chemin. De sa pièce d’ouverture chantée de 12 minutes, à sa clôture instrumentale épique de 27 minutes, le disque se savoure patiemment.

Le jeune musicien explique que cet album est celui du changement. « Les changements qui se produisent dans l’existence de chacun, les changements dans les émotions que l’on ressent envers les autres aussi bien qu’envers soi-même, les changements dans les opinions et idéologies sur la société, la vie et la mort… » Il dit que la période de sa composition a été la plus sombre qu’il ait jamais connue. En résulte ce changement dans le son de sa musique. Une manifestation de toutes les turbulences endurées ces dernières années, et des effets qu’elles ont eues sur lui.

Ici, les nappes sonores s’étirent avec le temps, comme pour aider à traverser les épreuves. La légèreté de la guitare acoustique a cédé sa place à la brume d’une basse et d’une guitare saturées. Des nappes de claviers synthétiques et des percussions hypnotiques s’y joignent pour donner forme à une atmosphère d’une intense mélancolie. Les voix, qu’il s’agisse de celle de Jeremy Schultz dans le premier morceau, ou des samples de dialogues cinématographiques dans les morceaux suivants, s’élèvent comme un instrument supplémentaire, fondues dans les circonvolutions de ce long voyage sonore. Fondues comme les couleurs de sa belle pochette, signée Aitor Renteria. Du bateau et de la silhouette qui s’y dessinent, au coeur d’un ciel d’orage tourmenté. Au gré des variations rythmiques et mélodiques se lisent ainsi des histoires. Elles sont faites de peurs et de douleurs. De regrets aussi. Mais, au-delà de la tristesse, elles transportent vers un ailleurs chargé d’espoir, à l’image de la percée lumineuse sur laquelle se dessine l’ombre du voyageur. Un envoûtement auquel succomber.

L’album est disponible aux formats numérique, CD et cassette.

Pour le découvrir :

Tracklist :

  • Apparitions of Enlightenment (feat. Jeremy Schultz)
  • You Can’t Save the Damned
  • Minus Amans
  • We Don’t Belong Here
  • There’s Only So Much Time Before Everything Slowly Fades to White

Bandcamp : https://jonathanfraser.bandcamp.com
Facebook : https://www.facebook.com/jonathanfrasermusic

Eglantine / Totoromoon

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2 réflexions sur “JONATHAN FRASER Stendhal : Tragedy Of The Journeyman

    • Eh oui, après les vinyles, les cassettes sont de retour en force, surtout chez les post-rockeurs qui les utilisent pour leurs « tape loops »… bravo et merci d’avoir lu jusqu’au bout !

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