WANG WEN Invisible City

Intitulé d’après un roman d’Italo Calvino, « Invisible City », dixième album des prolifiques Chinois de Wang Wen, vient de voir le jour. En dix-neuf ans de carrière, et nombre d’albums éblouissants, les post-rockeurs de Dalian ont prouvé leur valeur incontestable sur la scène internationale du post-rock. « Invisible City » emprunte de nouvelles voix, tente de nouvelles expériences sonores. Des expériences qui parviendront peut-être à enchanter les oreilles de certains, mais qui n’ont malheureusement pas su trouver grâce auprès des miennes…

Les nouveaux albums de Wang Wen font partie de ceux que j’attends toujours avec impatience. Je me doutais néanmoins qu’il leur serait difficile de réussir à me captiver autant que le fabuleux « Sweet Home, Go ! », paru en 2016. Cet album placé pour moi à l’apogée de leur carrière, et qui aurait pu être leur ultime oeuvre tant elle était aboutie à tous points de vues. En maîtrise technique. En beauté mélodique. En éblouissement d’arrangements vecteurs d’émotions aussi primitives qu’extraordinaires.

« Invisible City » suit cette nouvelle mouvance qui consiste à introduire de plus en plus d’éléments électroniques dans le post-rock. Une mouvance que je ne trouve ni toujours nécessaire, ni toujours heureuse. Je la trouve d’autant moins nécessaire chez des groupes qui ont bâti leur son en tirant le meilleur d’instruments de musique traditionnels, sans recherche d’effets superflus. Il y a ainsi toujours eu chez Wang Wen cette réminiscence de musique traditionnelle chinoise, sublimée à travers l’usage que fait le groupe de ses guitares, trompettes, violons et percussions. Ce sont ces sonorités et orchestrations à la fois sensibles et audacieuses qui font pour moi la saveur de la musique du sextet chinois.

J’ai donc été déroutée à l’écoute de ce nouvel opus. Déroutée, puis franchement déçue. La petite boîte à musique qui ouvre l’album est pourtant charmante. Le piano et le chant sifflé qui la rejoignent sont originaux. La mélodie de guitare, le rythme chaloupé de la batterie et l’apparition de la trompette, plutôt savoureux. Et puis patatras. Un « Oh mais non ! Pourquoi ?! » m’échappe lorsqu’entrent le synthétiseur et le vocodeur. J’ai l’impression d’entendre une copie des moins bons morceaux de Mogwai chez un groupe qui n’avait rien à prouver. Qui avait un son bien à lui et délicieux. Et que j’admirais tant. Déception.

L’écoute entière de l’album, puis plusieurs autres écoutes successives pour être certaine de n’être pas passée à côté de quelque chose, n’ont pas réussi à m’y faire adhérer. Demeurent des sonorités de guitares savoureuses, de belles incursions de trompette, et quelques passages aux dissonances captivantes… insuffisants sur la longueur pour me convaincre, mais qui sauront peut-être gagner les faveurs d’autres auditeurs, plus réceptifs que moi à ces nouveaux sons.

Pour ma part, je m’en vais réécouter le superbe « Sweet Home, Go ! », et compter sur les prochains concerts du groupe, jusqu’à présent toujours merveilleux, pour me réconcilier avec lui.

« Invisible City » vient tout juste de paraître chez Pelagic Records.

Pour découvrir l’album :

Et son teaser :

Tracklist :

  • Daybreak
  • Stone Scissors
  • Mail from the River
  • Lost in Train Station
  • Solo Dance
  • Bamboo Crane
  • Silenced Dalian
  • Outro

Bandcamp : https://wangwen.bandcamp.com/
Facebook : https://www.facebook.com/wangwencn

Eglantine / Totoromoon

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