Totoromoon’s Top 2018

Des rêves par-delà les nuages, des sourires par milliers, de la douceur à foison, et de la musique dans le coeur, c’est ce que je souhaite à chacune et chacun de vous pour cette nouvelle année. J’ai hâte de la partager avec vous. Merci d’être de plus en plus nombreux à suivre Totoromoon, et à me témoigner chaque jour votre affection pour ce petit blog qui m’est cher.

Cette année, j’ai choisi de ne réaliser qu’un seul top musical, mêlant tous les genres à l’honneur chez Totoromoon… post-rock, math-rock, néo-classique, dream pop, rock et folk.

20 albums, 10 EP et 1 single sélectionnés parmi les nombreuses beautés musicales qui ont fait mon année 2018. N’hésitez pas à me faire part de celles qui ont fait la vôtre.

Très belle année 2019 à vous,

Eglantine

… … …

Les albums :

1. ALBUMS DE L’ANNÉE : This Will Destroy You « New Others » Part One & Part Two – Etats-Unis, post-rock (ma chronique ici) ♥
Du haut de leurs deux fois sept titres et deux fois 40 minutes tout en contrastes et beautés, « New Others Part One » et « New Others Part Two » font plus merveilleusement que jamais parler la musique sans paroles de This Will Destroy You. D’écoute en écoute, par la grâce de leurs notes aériennes, par leur travail en profondeur sur le son et le cisèlement singulier de leurs compositions, ces deux nouveaux opus, parus à quelques jours d’intervalle et indissociables, sont venus se placer tout en haut de mon top des meilleurs albums de l’année. Ici, le foisonnement de détails sonores. Là, le tourbillon soudain d’un orage de guitares et d’un ouragan de percussions. Partout, le jaillissement parfait de l’émotion. Superbe.


2. Spurv « Myra » – Norvège, post-rock (ma chronique ici)
C’est sous le signe d’une fulgurante beauté que se dévoile « Myra », deuxième album des Norvégiens de Spurv. Derrière la brume, au fil de compositions à la fois denses et émouvantes, se tisse le voile persistant de la mélancolie. Violons, violoncelles, alto, picoletto, et synthétiseurs se joignent ainsi à la danse des guitares, basse, trombone et percussions, à la faveur de riches orchestrations. Plus épaisses et intenses qu’éthérées, celles-ci lorgnent par endroits du côté d’un post-metal tonitruant, tout en n’oubliant pas pour autant de soigner leurs textures. Dans le rugissement saturé des guitares, dans l’envolée furieuse des percussions, dans l’enchevêtrement des cuivres et des cordes. Un album fort d’une intensité sans faille, épique et puissant de bout en bout.


3. Vlmv « Stranded, Not Lost » – Angleterre, post-rock (ma chronique ici)
Si Alma, devenu Vlmv, a changé la graphie de son nom, il n’a pas changé la recette de sa musique, si ce n’est pour la magnifier encore plus de sa beauté céleste. Avec « Stranded, Not Lost », le duo londonien est revenu cette année soigner les âmes, enveloppant les sens d’un voile de sérénité et de douceur infinies. Ses dix morceaux émouvants et soyeux, portés par une voix déchirante et fragile, se répondent tels une seule pièce, rivalisant d’une sensibilité à la délicatesse magnifique. Le long d’orchestrations étoffées avec justesse et d’arrangements soignés, les boucles de guitares, les réverbérations, les claviers et les cordes se marient ici en harmonie. Point de tonitruances, mais un calme absolu. En grâce et en délicatesse, subtil et somptueux jusqu’à son dernier souffle.


4. Peter Kernel « The Size Of The Night » – Suisse, rock (ma chronique ici)
Il y a quelques mois, Peter Kernel était de retour avec « The Size Of The Night ». Plus inclassable et plus insaisissable que jamais, le nouvel opus du duo suisse est venu dès sa sortie se positionner tout droit dans le top de mes coups de coeur de l’année. Parangons du do it yourself, Barbara Lehnhoff et Aris Bassetti ont toujours tout réalisé seuls, jusqu’au pressage de leurs vinyles. Dans leur musique, il y a cette audace délicieuse, cette tension sensuelle et, surtout, cette humanité à la fois furieuse et sensible, à nulle autre pareille. En live, accompagné d’un batteur, le duo fait étalage d’une charmante espièglerie. En drôlerie, en excentricité et en gentillesse, il joue avec son public comme il joue ses morceaux, livrant son coeur tout entier à qui voudra bien le prendre. Un régal.


5. Jean Jean « Froidepierre » – France, math-rock (ma chronique ici)
C’est au coeur d’une forêt alpine où les pierres sont froides et la lumière absente, dans un chalet du nom de Froidepierre, que Jean Jean a enregistré son nouvel album. Avec « Froidepierre », Jean Jean délaisse son math-rock festif et dynamité des débuts, et vient tracer une nouvelle route. Plus abrupte. Plus introspective, peut-être. Plus ambitieuse, sûrement. A la faveur d’une ambiance brumeuse et glacée, de son rock instrumental brouilleur de pistes, entre math-rock, post-rock et musique électronique, ce nouvel opus vient titiller l’échine et la faire frissonner comme jamais.


6 . Indignu « Umbra » – Portugal, post-rock (ma chronique ici)
A la croisée du post-rock et de la musique classique, « Umbra », composé entre le printemps et l’automne dernier, est un hommage aux victimes des incendies meurtriers qui ont ravagé le sol portugais l’année dernière. Entre avril et octobre, plus de cent personnes sont mortes prisonnières des flammes, et 80% des forêts portugaises ont été touchées par les incendies. Profondément meurtris par ces événements tragiques, alors que les feux étaient aux portes de leurs maisons, les musiciens d’Indignu ont écrit leur quatrième album. Guitare, basse, percussions, synthétiseurs, piano et violon se marient ici avec brio. L’ensemble, fort de beaux contrastes, est harmonieux et savamment orchestré. Chaque pièce est à la fois la victime et le conteur de la tragédie. Chacune porte en elle la douleur du témoignage, criant la tristesse et le devoir de mémoire. Un nouveau bijou signé Indignu.


7. TRNA « Earthcult » – Russie, post-rock (ma chronique ici)
« Earthcult » est le troisième album de TRNA. Une guitare, une basse, une batterie. Quatre morceaux épiques. Soixante-cinq minutes de murs de sons sortis tout droit des entrailles de la terre. Là où se mêlent le black metal et le shoegaze, mais aussi des éléments de composition et d’atmosphère empruntés à un post-rock joliment intense. Ici, il y a ce souffle stupéfiant que déploient les instruments, dans des vagues impétueuses où les sons semblent toujours à deux doigts de se noyer. Dans l’emballement de la batterie, dans la furie des guitares. Mais il y a aussi cette effluve éthérée, qui survole l’ensemble. Là où la mélodie s’extirpe des réverbérations de cordes, et vient chanter par-delà la tempête sonore. Ces contrastes font toute la force et la beauté de ce disque où la musique sait se faire aussi puissamment écrasante, que magnifiquement enveloppante.


8. BirdPen « There’s Something Wrong With Everything » – Angleterre, rock (ma chronique ici)
En marge de l’industrie grandiloquente qu’est Archive, Dave Pen et Mike Bird continuent de tracer la jolie route d’un projet plus intime et plus attachant qui, depuis ses débuts, n’en finit pas de m’enchanter. BirdPen a ainsi donné le jour cette année à son cinquième album. Un album plus marqué que jamais par la connivence intacte de ces deux amis d’enfance, et la volonté d’inscrire leur musique comme une dénonciation à la fois authentique et chargée d’ironie des absurdités de nos sociétés contemporaines. « There’s Something Wrong With Everything » déploie à merveille l’univers en clair-obscur du duo britannique. De son rock aérien, de ses envolées tout en progressions intenses et savoureuses, l’album joue des ombres et des lumières à la perfection. Un régal.


9. Sejd « Ben & hjärta » – Suède, post-rock (ma chronique ici)
En délicatesse et en majesté, les jeunes Suédois de Sejd sont de retour avec un deuxième album enchanteur, prouvant une fois de plus que la jeunesse a encore de belles heures à offrir au post-rock. Avec « Ben & hjärta » et ses orchestrations à la fois riches et ciselées, Sejd revient faire chanter des mélodies sans paroles, et il le fait à la perfection. Dans ses orchestrations et sa manière de peindre des atmosphères aux couleurs chaudes, Sejd rend hommage à plusieurs de ses talentueux compatriotes suédois. On entend ainsi les échos de Ef, mais aussi de PG. Lost et d’Immanu El le long de ces textures atmosphériques travaillées dans une fluidité sans faille. Là où la répétition et le manque de reliefs pourraient lasser, le groupe vient briller par une sensibilité musicale et un travail sur les harmonies remarquables, faisant de « Ben & hjärta » un envoûtant voyage, à vivre absolument.


10. San Carol « Houdini » – France, pop (ma chronique ici)
Derrière San Carol se cache Maxime Dobosz, jeune musicien passionné, attachant et talentueux. Maxime est un inventeur. Il aime faire parler les silences. Inventer la musique. De la pop, il fait une symphonie. Elle est foisonnante et délicate. Puissante et sensible. « Houdini » est le troisième album qu’il réalise aux commandes de San Carol, avec ses comparses de VedeTT et de Pégase. Et il est absolument délicieux. Ici, la composition est à la fois simple et complexe. La voix unique et multiple. Tour à tour saisissante et caressante. Et pourtant, l’accroche est immédiate. L’adhésion, évidente. Mélancolie joyeuse. Décontraction tendue. San Carol aime les contrastes et les contradictions. Il y a à la fois de l’audace et de la pudeur dans ces textes et dans ces notes. Et chaque nouvelle écoute rend « Houdini » plus délicieux.


11. Noise Above The Ocean « Down To You ! Earth » – France, post-rock (ma chronique ici)
Il y a les échos vaporeux des guitares et les résonances délicates des claviers, tendus vers l’horizon. Il y a la voix tendre, lointaine et habitée. Les enchantements de choeurs. Et puis, il y a les grincements. Les abrasions. Les errances. La majesté de paysages vastes et intrigants comme les sons qui les peignent. Il y a l’amour de la terre et le vent de révolte désespéré de Silver Mt Zion sur le magnifique Puy De Dôme. Il y a les fantômes de Sigur Rós sur l’hanté Down To You ! Earth. Il y a le voile poignant de la mélancolie de Godspeed You ! Black Emperor sur le somptueux Volcanoes. Autant de références que Noise Above The Ocean intègre avec talent, le long des neuf pièces du poétique « Down To You ! Earth », chacune composée avec une attention au détail sonore, un travail de la texture, et un soin mélodique remarquables. Un merveilleux album.


12. Olafur Arnalds « Re:member » – Islande, néo-classique (ma chronique ici)
Il est des jours où l’on aimerait que le monde se taise. Que tout cesse. Une bonne fois. Là. Le tumulte. L’impatience. La course folle. Les souvenirs. Les angoisses. La douleur. Les chagrins. Des jours où l’on aimerait déposer son coeur au creux des mains de ceux qu’on aime, et les laisser en prendre soin. Le nouvel album d’Olafur Arnalds m’est arrivé un de ces jours-là. De sa douce gravité, il a su toucher mon âme. Pour moi, il a pris la forme de ces mains aimées. J’y ai déposé mon coeur. Je l’ai laissé le soigner. « Re:member » est paru à la fin de l’été, il est parfait pour apaiser les jours sombres. Dans cet album, Olafur Arnalds repousse les limites de la composition, en travaillant avec une nouvelle technologie tout juste mise au point de ses mains, le Stratus. Le Stratus relie trois pianos entre eux. Lorsque le musicien joue une note sur le piano principal, les deux autres pianos qui lui sont reliés jouent automatiquement une note différente, créant des accords inédits. Il en ressort des compositions aux harmonies originales et aux séquences mélodiques à la fois belles et inattendues. Un album sidérant de beauté.


13. Emma Ruth Rundle « On Dark Horses » – Etats-Unis, rock (ma chronique ici)
Cet été, lors d’une soirée au Trabendo, et alors que son troisième album solo s’apprêtait à voir le jour, je découvrais Emma Ruth Rundle. Elle assurait, seule sur scène avec sa guitare, la première partie de Chelsea Wolfe. Si j’ai détesté la performance maniérée de la seconde, j’ai en revanche été bouleversée par celle, poignante et sensible, de la première. Guitariste de The Nocturnes, puis de Red Sparowes et de Marriages, la talentueuse artiste américaine a plus d’une corde à son arc, et elle ne le prouve jamais aussi bien que lorsqu’elle chante ses propres compositions. Merveilleusement écrites, elles sont intimes et saisissantes, émouvantes et habitées. Poétique, sensible et exalté, tel est « On Dark Horses ». A la faveur de guitares tour à tour tendres puis tendues, de réverbérations et de percussions obsédantes, il se déploie avec force, sans pour autant jamais manquer de ce souffle gracieux, délicat et remarquablement immersif qui fait le talent de la musicienne. Dans l’urgence d’une révolte. Dans l’explosion d’une émotion. Magnifique.


14. Pray For Sound « Waiting Room » – Etats-Unis, post-rock (ma chronique ici)
Plus dépouillées, plus douces, contemplatives et sensibles, telles sont les nouvelles compositions que Pray For Sound déploient dans « Waiting Room », son troisième album. Pour le réaliser, le groupe dit avoir utilisé de nombreuses techniques d’écritures, toutes très différentes, l’obligeant à se réinventer à chaque fois. Une méthode à la fois exigeante et intuitive, pourvoyeuse de pièces singulières mais harmonieuses, plus inspirantes et inspirées les unes que les autres. Un opus instrumental en forme de renouveau, tout en douceur, en dépouillement et en délicatesse.


15. Poppy Ackroyd « Resolve » – Angleterre, néo-classique (ma chronique ici)
Pianiste et violoniste virtuose, Poppy Ackroyd dévoilait cette année son quatrième album, « Resolve ». Clarinette, flûte, hang et violoncelle se mêlent ici à la danse du piano et du violon pour peindre des paysages sonores tout en foisonnements et en sensibilité. Poussant la recherche sonore à son paroxysme, détournant les usages traditionnels des instruments, la musicienne les exploite dans tout ce qu’ils ont de plus organique. Ils s’animent. Ils sortent de leurs timbres habituels pour venir s’exprimer dans l’enchevêtrement des éléments. Et aller tout droit, de leurs ondes, toucher l’âme. Il y a une forme de féminité à la fois douce et forte dans ces compositions. Elles ont du caractère, tout en demeurant magnifiquement délicates. Riches, fortes et belles.


16. Tides Of Man « Every Nothing » – Etats-Unis, post-rock (ma chronique ici)
Deuxième album du groupe depuis le départ de son chanteur en 2010, « Every Nothing » confirme que Tides Of Man a su emprunter la voie qui lui convenait le mieux en décidant de se passer de chant, et en faisant évoluer son rock progressif des débuts vers un post-rock à la richesse et à l’intensité incomparables. Loin des longues plages atmosphériques à la mélancolie froide et des lents crescendos explosifs de nombreux groupes de post-rock, Tides Of Man livre des compositions à la densité profonde et à l’optimisme chaleureux, tendant à retrouver par endroits les éléments de son rock progressif originel. Celles-ci sont épaisses sans jamais manquer de clarté. Energiques et complexes sans être surchargées. A la faveur d’un mixage soigné, elles révèlent des textures variées et savoureuses. Sans nul doute le meilleur album jamais écrit par le groupe.


17. MIME « Lighthouse » – France, post-rock (ma chronique ici)
Après un EP paru en 2014, les post-rockeurs parisiens de MIME dévoilaient cette année leur premier album. A l’image de sa pochette, « Lighthouse » déploie 5 pièces instrumentales en clair-obscur. Là où le noir se fond dans le gris. Là où le gris se fond dans le noir. A la faveur d’un voile trouble et troublant. Fort de ses 55 minutes de musique sans paroles, « Lighthouse » développe 5 morceaux tout en reliefs. Ils sont foisonnants sans oublier d’être délicats. Ils sont intenses sans oublier d’être aériens. Et surtout, ils sont pleins de très belles émotions.


18. Mermonte « Mouvement » – France, pop (ma chronique ici)
« Mouvement » est un nouveau recueil de chansons lumineuses signé des Bretons de Mermonte. Des chansons où la liberté et la joie s’échappent de chaque note, venant colorer le ciel d’un éclat à la fois tendre et chaud. Un album de pop orchestrale merveilleusement réussi.


19. Josh Alexander « Hiraeth » – Angleterre, néo-classique (ma chronique ici)
Un piano au son feutré, des nappes électroniques vaporeuses, telle est la recette d’ « Hiraeth », premier opus du compositeur britannique Josh Alexander. Fort de ces ingrédients, Josh Alexander s’est replié dans la campagne galloise pour enregistrer des pièces où les sonorités organiques et synthétiques se marient à bonheur, donnant le jour à des atmosphères où les souvenirs sont rois. Onze pièces, trente minutes de mélodies gorgées d’une sensibilité à couper le souffle. D’évocations mélancoliques du passé, en vives espérances en l’avenir. Sublime.


20. Cat Power « Wanderer » – Etats-Unis, folk (ma chronique ici)
Sensible et émouvant, tel est une fois de plus le nouvel album de Cat Power. Mais, si c’est une guitare que tient la musicienne sur la pochette de « Wanderer », c’est toujours au piano que je la préfère. Là où elle excelle à magnifier sa sensibilité artistique à fleur de peau, comme elle le fait dans sa sublime reprise de la chanson Stay, initialement chantée par Rihanna en 2012, point d’orgue de ce très bel album.

… … …

Les EP :

1. EP DE L’ANNÉE : BRUIT ≤ « Monolith » – France, post-rock (ma chronique ici) ♥
Il est un type de son au pouvoir évocateur si fort qu’il parvient à s’ancrer en soi dès l’instant où il y résonne. Comme s’il arrivait au bon moment. Ce moment propice au jaillissement d’une émotion qui n’osait pas s’exprimer. Retenue là, pudiquement. Jusqu’à l’apparition de ce son, à la fois nouveau et déjà familier, qui balaie la pudeur. Qui vient caresser l’âme dans un murmure, et saisir le corps dans une tonitruance éclatante. Ce moment du lâcher prise, de l’abandon. Ce moment, ce fut pour moi celui de ce matin d’octobre, lorsque j’ai découvert la première captation live de BRUIT ≤. Quatuor de musique instrumentale né à Toulouse, BRUIT ≤ a donné le jour cet année à son premier opus, « Monolith ». A la faveur de deux longs et beaux morceaux, où se marient post-rock, éléments électroniques et arrangements classiques, BRUIT ≤ réussit avec brio à créer de nouveaux sons. Des sons d’une force évocatrice incomparable. Vertigineux. Intenses. Immédiatement saisissants. Une splendeur.


2. Kid Among Giants « Kid Among Giants » – France, dream pop (ma chronique ici)
Après un premier EP paru en 2016, Robin Boulay alias Kid Among Giants a dévoilé cette année un nouvel opus. Il s’intitule sobrement « Kid Among Giants », comme pour mieux définir son identité, et il déploie une merveille simple et belle de dream pop éthérée. Ici, boîtes à rythmes, claviers vintage, basse et guitare atmosphériques se marient autour des réverbérations de la voix suave et lointaine du musicien. Les six compositions sont à la fois sobres et gracieuses. Calmement, elles laissent s’épanouir leurs ondes délicates et enveloppantes, tandis que s’élève sur elles un léger voile de douce mélancolie. 23 minutes de plaisir tendre à savourer.


3. Kramies « Of All The Places Been & Everything The End » – Etats-Unis, dream pop (ma chronique ici)
Un nouveau bijou signé Kramies, à la croisée d’une dream pop soyeuse et d’une folk éthérée, est venu embellir cette année. Pour ce nouvel opus, le talentueux songwriter américain s’est entouré de ses amis Jason Lytle, leader de Grandaddy, Todd Tobias, de Guided By Voices, et Jerry Becker, de Train. Ensemble, ils ont créé une collection de pièces parmi les plus émouvantes jamais écrites par Kramies. Là où la magie côtoie la poésie. De sa première à sa dernière note, « Of All The Places Been & Everything The End » déploie avec grâce ses notes aériennes et vaporeuses. En élégance et en majesté. De l’enchantement à l’émerveillement. Somptueux.


4. Féroces « Joséphine » – France, post-rock (ma chronique ici)
Après les excellents « Juliette » (2016) et « Victor » (2017), le trio bisontin était de retour il y a quelques mois avec un troisième EP, l’incisif et saisissant « Joséphine ». Ici, l’amour du groupe pour le post-rock et le cinéma français est intact. Au fil du disque, la vie, mimée par des mélodies sombres et répétitives, se joue sur fond d’inquiétude et de drame. Les rythmes sont tendus comme les mots, forts et désespérés. Et, de la première à la dernière note, chaque titre se déroule avec la même intensité en clair-obscur, à la fois bouleversante et captivante. Avec « Joséphine », Féroces signe un nouveau bijou, poignant, sombre et beau.


5. Arhios « Arhios » – France, post-rock (ma chronique ici)
Des cinq titres qui composent le premier EP éponyme d’Arhios, Gigi a tout de suite été mon préféré. Etait-ce par son clip filmé dans le cadre majestueux d’un opéra ? Par ses guitares joliment atmosphériques et sa ritournelle de clavier obsédante ? Ou par sa construction progressive toute en explosion de reliefs délicieux ? Gigi, placé au coeur du disque, m’a conquise. Néanmoins, les titres qui l’entourent, qu’il s’agisse des deux qui le précèdent, ou des deux qui le suivent, sont eux aussi pleins d’une saveur exquise. Relativement courts, sans paroles, mais expressifs et gracieux, ils peignent des paysages sonores dotés d’une très belle énergie. Les mélodies y sont accrocheuses, les rythmes enlevés, les ruptures dosées avec soin. La puissance y côtoie la douceur, dans un mariage harmonieux et réussi, pourvoyeur d’émotions à la fois fortes et tendres.


6. Heklaa « 1491 » – France, post-rock (ma chronique ici)
Trois ans après le somptueux « Pieces Of You », heklAa est de retour avec « 1491 ». De ce nouvel opus à la croisée du post-rock et de la musique de film, le projet mené par le talentueux compositeur français Sébastien Touraton est venu enchanter le début d’année. Quatre pièces pour 25 minutes de voyage sonore au-delà des volcans et des étendues sauvages, où guitares, synthétiseurs, cuivres, cordes, percussions et voix viennent répondre au piano, instrument de prédilection du musicien. L’ensemble est méticuleusement construit, riche et savoureux à souhait.


7. Yndi Halda « A Sun-Coloured Shaker » – Angleterre, post-rock (ma chronique ici)
Il est des disques capables de marquer une vie. « Enjoy Eternal Bliss », premier album du quintet anglais Yndi Halda, est de ceux-là. Depuis plus de dix ans, il rayonne, tout en haut, dans le cieux des albums les plus chers à mon coeur. Il y a, chez Yndi Halda, cette profonde douceur qui parvient toujours à vaincre la rage, cette mélancolie teintée d’espoir qui transporte au lieu de faire sombrer, cette flamboyance intemporelle et unique au monde. On la retrouve à bonheur dans ce petit EP composé d’une pièce unique, « A Sun-Coloured Shaker », nouvelle beauté délicatement soyeuse, entourée de cette aura de grâce dont le groupe a le secret.


8. First Came The Shadow « Premonition » – France, post-rock (ma chronique ici)
Jeune groupe originaire de Nice, First Came The Shadow a livré cette année son premier EP, « Premonition ». Pour donner vie à ses compositions, First Came The Shadow mélange tous les ingrédients traditionnels d’un post-rock à la fois atmosphérique et intense. Sans voix, sans violence et sans fioritures superflues, avec le dosage simple et juste de ce que j’aime dans le post-rock. Des guitares qui s’élèvent puis retentissent dans les cieux au fil de mélodies léchées, une basse qui bourdonne à la perfection, des percussions qui s’embrasent sans jamais flamber totalement… des notes qui prennent le temps de s’épanouir, sans pour autant s’éterniser. Un petit disque qui prouve une fois de plus que le post-rock français a encore de belles heures devant lui.


9. TLRVT « Classic Waffle » – France, math-rock (ma chronique ici)
TLRVT, ex-Travolta, a changé de line-up et enlevé les voyelles de son nom, mais il n’a pas changé les ingrédients de son math-rock ensoleillé. Plus en forme que jamais, le quatuor livrait l’hiver dernier un nouvel EP vitaminé, aux mélodies et aux arrangements soignés à souhait. Ici, ce sont les guitares et les percussions qui parlent. Energiques et enlevées, elles virevoltent avec brio. Les rythmes sont délicieusement complexes et syncopés, et les sonorités des guitares ciselées, tant dans les effets mats que dans les réverbérations. C’est précis, c’est frais, c’est gai. Et ça sent toujours bon le soleil.


10. Her Name Is Calla « The Dead Rift » – Angleterre, post-rock (ma chronique ici)
Depuis bientôt 15 ans, Her Name Is Calla oeuvre à distiller du lyrisme dans la pop, et de la pop dans le post-rock. Le groupe anglais aime brouiller les pistes et mêler les genres, et il le fait avec un talent remarquable, et avec une merveilleuse poésie. Dans « The Dead Rift », guitares, claviers, cuivres, cordes et voix se mêlent ainsi à bonheur, selon un subtil jeu d’ombres et de lumières et des arrangements somptueux. Les Anglais soignent leurs atmosphères, prenant soin de déployer des ambiances où la mélancolie vient subtilement poser son voile sur la joie première. Un très beau disque.

… … …

♥ Single de l’année : Tambour « Silhouettes » – Canada, néo-classique (ma chronique ici)
Le talentueux artiste montréalais Simon P. Castonguay, alias Tambour, signe avec Silhouettes une nouvelle pièce néo-classique de piano onirique, de percussions délicates, de cuivres et de cordes enchanteresses. Longue de 7 minutes et composée en deux mouvements, Silhouettes s’ouvre sur des mesures intimes et éthérées, avant de s’envoler en ondes orchestrales amples et soyeuses. Absolument renversant de beauté.


Encore une très belle année 2019 à chacune et chacun de vous.

Love,

Eglantine / Totoromoon

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3 réflexions sur “Totoromoon’s Top 2018

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