FRANÇOIS MERLIN Persona

On me demande souvent quelle quantité de demandes de chroniques je reçois pour Totoromoon. A cela, je réponds qu’à présent, j’en reçois en moyenne une dizaine chaque jour. Dans la boîte mail. Dans les commentaires du blog. Le Facebook de la page. Le Facebook personnel. Instagram. Twitter. C’est formidable. Mais parfois, je ne sais plus où j’habite ni où donner de la tête. Et puis moi, Twitter, je n’y ai jamais rien compris. Alors parfois, je me décourage. Je me dis qu’il y a tellement de belle musique à découvrir. Tellement de choses à partager. Que les journées sont trop courtes. Que la vie passe trop vite. Qu’il faut faire des choix. Se résoudre à ne pas pouvoir tout écouter. Ne pas risquer l’overdose. Continuer à avoir le plaisir de partager. A faire qu’il y ait encore une saveur et un sens à tout ça. Ce sens, que je crois parfois avoir oublié mais que, sans le savoir, certains musiciens me rappellent. Ce sens, François Merlin me l’a rappelé dans le message qu’il m’a envoyé. Et dans la musique qu’il a composée. C’était un 2 janvier. Et ça a illuminé mon début d’année. J’espère que vous aimerez son disque comme je l’ai aimé.

Dans son message, François Merlin faisait référence aux petites anecdotes que je raconte sur moi dans la page « A propos » de Totoromoon. Discothécaire passionné, il disait se reconnaître dans les clichés véhiculés par nos métiers, et y être attaché. Les chignons, la ringardise, les lunettes, les vinyles, la poussière… des clichés au doux parfum désuet, sur des métiers aux réalités mal connues, mais qu’on avoue sans honte aimer tendrement.

Il y a quelques mois, François Merlin donnait le jour à son premier album solo, « Persona ». Un album composé de sept titres au format plutôt court, faits de post-rock à la fois sensible et intense. De ces post-rock qui ont une âme, et sur lesquels souffle ce merveilleux vent d’une liberté unique et singulière.

« Persona », en latin, c’est le masque de l’acteur. Un rôle, un personnage, devenu concept philosophique dans la pensée de Jung, puis terme de stratégie commerciale dans le domaine du marketing. C’est aussi le nom d’un film d’Ingmar Bergman réalisé en 1966. De ce film, François Merlin choisit des images pour illustrer la vidéo du premier titre de son album, Orgie sur plage. Un titre rythmé, aux guitares incisives, en forme de belle entrée en matière. Après lui, vient mon préféré, Le mutisme d’Electre. J’en ai aimé le titre avant même de l’avoir écouté. Il me rappelle Sophocle et les héroïnes tragiques que j’ai toujours admirées et pleurées. De son sens du drame, et de ses reliefs aux harmonies finement travaillées, il rend à celles-ci le plus beau des hommages.

De la Fuite à Farö à la pièce-titre Persona, la suite de l’album se déroule dans un très beau clair-obscur, et dans un soin remarquablement porté aux couleurs et textures sonores. En intensité et en légèreté. De la majesté de certaines nappes mélodiques sombres et denses, à l’envolée de guitares en dentelles étincelantes. Point de chant ici, mais de nombreux samples de voix, judicieusement choisis et répondant parfaitement à des variations mélodiques et rythmiques délicatement ciselées. S’y répondent ainsi Glenn Gould, Marlène Dietrich, Romain Gary ou encore Marcel Duchamp, dans une manière originale de mettre en scène la figure de l’artiste et ses questionnements, au coeur même de la création. Parfait.

Dans son message, François Merlin me remerciait de faire vivre la musique. A mon tour de le remercier de la façonner de si belle manière.

« Persona » est d’ores et déjà disponible au format numérique, il le sera également prochainement au format vinyle, et je vous le recommande vivement.

A découvrir, la vidéo de Orgie sur plage :

Pour écouter l’album :

Tracklist :

  • Orgie sur plage
  • Le mutisme d’Electre
  • Fuite à Farö
  • La lettre
  • Mater Dolorosa
  • L’immolation au Tibet
  • Persona

Bandcamp : https://francoismerlin.bandcamp.com/releases
Facebook : https://www.facebook.com/fran.merlin

Interview de François Merlin pour Rock Around The Click, ici.

Eglantine / Totoromoon


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