EFRIM MANUEL MENUCK & KEVIN DORIA are Sing Sinck, Sing à La Marbrerie

Depuis toujours, et sans qu’il me soit vraiment possible d’expliquer pourquoi, les projets menés par Efrim Manuel Menuck me bouleversent. Qu’il s’agisse de son engagement à la tête des mythiques Godspeed You! Black Emperor ou des émouvants Silver Mt Zion, de ses projets en solitaire ou du récent Sing Sinck, Sing, l’artiste montréalais n’en finit jamais de me subjuguer.

De cette musique, à la fois libre et engagée, présente et absente au monde. De cette voix, à la fois juste et fausse, magnétique et déchirante. De ce vent de révolte, soufflé sans relâche sur la scène musicale internationale.

Après la découverte de son projet solo au printemps dernier sur la scène du célèbre Dunk! Festival, La Route du Rock Booking me donnait il y a quelques jours l’occasion de retrouver mon héros sur scène à Montreuil. Ce dernier y était accompagné de son acolyte Kevin Doria, tous deux venus présenter leur projet commun, politique, sombre et désespéré, Sing Sinck, Sing. Une très belle soirée.

En ce dimanche soir de septembre, c’est sous les hautes poutres de La Marbrerie, ancien local industriel montreuillois de 1500 m2, qu’Efrim Manuel Menuck et Kevin Doria présentent leurs complaintes bouleversantes et bouleversées. Depuis l’hiver 2017, traversant tempêtes de neige et vagues de chaleur, le duo fait vibrer six oscillateurs et trois gros amplificateurs, criant son inquiétude au monde, appelant au réveil des consciences, insufflant le goût de la révolte dans les foyers.

Dans l’enchevêtrement des câbles et des machines, à la faveur d’une heure de set sans plus de quelques secondes de silence, les deux musiciens déploient avec ferveur les compositions de l’album duquel il ont tiré leur nom. Intrigantes, sensibles et singulières, celles-ci envoûtent un public captivé.

Tandis que Kevin Doria s’affaire sur les machines aux effusions de bourdonnements bruitistes, Efrim Manuel Menuck passe des boutons et des pédales d’effets au micro. Sa voix, incantatoire et habitée, semble venir se briser sur les récifs du désespoir. Elle est à la fois inquiète et militante. Tendue sur le fil de la justesse. Comme toujours prête à dérailler.

Des ténèbres à la lumière. L’album parle de sirènes de police retentissant dans les rues de Mexico alors que le duo enregistre ses morceaux, de déclarations d’intention, d’autoroutes, d’espaces vides et de forêts assassinées. Il parle des temps sombres. Mais il parle aussi de l’espoir d’un combat que l’on peut gagner. « Hold on. Tho these times are dark times. Hold on. »

Un nouvel étourdissement des sens signé de talentueux musiciens. Sublime.

« Are Sing Sinck, Sing » est paru en mai dernier chez Constellations Records.

A regarder, la vidéo de We Will :

Pour découvrir l’album :

Bandcamp : https://singsincksing.bandcamp.com/

Eglantine / Totoromoon

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