Totoromoon’s Top 2020

Des rêves par-delà les nuages, des moments de bonheur par milliers, de la douceur à foison, et de la musique dans le coeur. Et puis, aussi, le droit de se prendre dans les bras, de s’échanger des baisers, de se câliner, et de se sourire pour de vrai… c’est ce que je souhaite à chacune et chacun de vous pour cette nouvelle année.

Merci d’avoir été aussi nombreux à me témoigner votre affection tout au long de cette année particulière, celle des jours suspendus, celle des inquiétudes, des solitudes et des incertitudes. Cette année, plus que jamais, j’ai été reconnaissante d’avoir dans le monde entier des lecteurs dont la fidélité, la bienveillance et la gentillesse n’ont pas de prix pour moi et me donnent foi dans le monde souvent dur, parfois absurde et parfois fou qui est le nôtre. J’espère que la musique a su être pour vous aussi l’oxygène et le refuge qu’elle a été pour moi en ces temps troublés. J’ai hâte de partager cette nouvelle année avec vous.

Voici les 30 albums que j’ai choisis parmi les nombreuses beautés musicales qui ont fait mon année 2020. Ils mêlent tous les genres à l’honneur chez Totoromoon, du post-rock au néo-classique en passant par le post-punk, le post-metal, le rock alternatif et le math rock. N’hésitez pas à me faire part des beautés qui ont fait la vôtre.

Très belle année 2021 à vous,

Eglantine

… … …

1. ALBUM DE L’ANNÉE : Sigur Rós « Odin’s Raven Magic » – Islande, néo-classique (ma chronique ici) ♥
Depuis 2002, date de sa création pour le Reykjavik Arts Festival, « Odin’s Raven Magic » n’a été jouée qu’une poignée de fois, et est devenue un véritable mythe pour les fans de Sigur Rós. Cette oeuvre en forme d’oratorio inspirée par un poème médiéval islandais du 14e siècle est née d’une collaboration entre la célèbre formation islandaise et deux de ses compatriotes, les artistes Hilmar Örn Hilmarsson et Steindór Andersen. Dix-huit ans après, l’album tout juste paru est le fruit de l’enregistrement de cette création en France en 2004, lors de sa présentation à la Grande Halle de la Villette, avec un orchestre composé des lauréats du Conservatoire national supérieur de Paris et la Schola Cantorum de Reykjavik. En cette fin d’année troublée, cette oeuvre orchestrale crépusculaire est venue m’habiter. M’habiter tout entière. Irrésistiblement. Dans le foudroiement de sa beauté. Magnifique.

2. Fontaines D.C. « A Hero’s Death » – Irlande, post-punk (ma chronique ici)
Chez Fontaines D.C., il y a le post-punk de mon enfance au sommet de son art. Il y a ces textes portés par un accent irlandais qui me cisaillent les entrailles. Il y a la rage contenue, l’urgence, la mélancolie. De ballades lancinantes en exutoires acérés, « A Hero’s Death » parvient l’exploit d’être à la fois dense et efficace, énergique et mélancolique, brumeux et lumineux. Toujours soigné. Beauté furieuse et perçante faite disque. L’album que j’ai le plus écouté cette année, sans jamais m’en lasser.

3. Anozel « The Eternal Sunday » – France, ovni (ma chronique ici)
Les musiciens d’Anozel ont enregistré « The Eternal Sunday » pendant le confinement, chacun dans sa demeure respective, avec les moyens du bord. Les voix ont été enregistrées dans une voiture, dans laquelle il a fallu se réfugier pour échapper aux foudres de voisins excédés. Les pochettes ont été réalisées une à une à la main. L’album n’a pas été masterisé. Il est ainsi resté tel qu’en lui-même, brut et riche d’une authenticité absolument inégalée. Ovni musical bouleversant de candeur, de rage et de beauté. Des voix s’invitent sur certains morceaux du disque, et notamment sur le magnifique Kurtz qui le clôt. Ces textes, empruntés à Christian Bobin, qui viennent foudroyer le coeur. Ces cris qui viennent fendre l’âme. Ces sonorités de guitares qui ébranlent. Cette perfection d’émotion qui fait jaillir les larmes sans qu’on s’en rende compte. Ma découverte coup de coeur de l’année.

4. Abby Gundersen « Sleep Comes Then I Wake » – Etats-Unis, néo-classique (ma chronique ici)
« Sleep Comes Then I Wake » fait partie de ces disques dont on sait que, dès lors qu’ils sont entrés dans nos vies, ils n’en sortiront jamais. Qu’ils continueront inlassablement de nous accompagner en toutes circonstances. Des jours de soleil aux jours de pluie. Des nuits de ciel d’encre aux nuits de pleine lune. Des effusions de joie aux abysses de chagrin. Parce que ses notes aussi profondes que sensibles sauront porter sur chaque instant une douceur onirique dont on ne s’abreuvera jamais assez.

5. PG. Lost « Oscillate » – Suède, post-rock / post-metal (ma chronique ici)
Sans jamais se targuer de révolutionner le post-rock, PG. Lost a toujours su en extraire ce qu’il en est de plus intense et de plus beau, le mariant à bonheur à quelques touches de post-metal et de shoegaze, le parsemant de souffles de voix enchanteresses, et l’exécutant à la perfection. « Oscillate », tout juste paru, en est une nouvelle illustration. Plus vive, plus maîtrisée et plus bouleversante que jamais. Ici, le quatuor suédois prouve une fois de plus qu’il n’a pas d’égal pour faire irradier de sa musique une lumière qui, avec force, parvient toujours à percer dans l’obscurité, et ne cesse jamais d’inspirer. Superbe.

6. BK Pepper « Territories » – Irlande, néo-classique (ma chronique ici)
Des notes qui résonnent comme une évidence. Des émotions qui jaillissent, surprennent, bouleversent et enchantent. « Territories » s’accroche à l’âme. Immédiatement. Et, paradoxalement, doucement. Sans en avoir l’air, avec l’ingénuité d’une beauté qui s’ignorerait. « Territories » est là comme s’il l’avait toujours été. Sublime.

7. Flies Are Spies From Hell « Final Quiet » – Angleterre, post-rock (ma chronique ici)
Avec « Final Quiet », Flies Are Spies From Hell prouve qu’il fait partie de ces perles de post-rock parvenant à faire parler de la manière la plus vibrante qui soit une musique sans parole. Là où guitares atmosphériques, basse ardente et percussions puissantes sont menées au paroxysme de l’émotion par les arpèges d’un piano incandescent. Un magnifique album.

8. I Like Trains « Kompromat » – Angleterre, post-punk (ma chronique ici)
La musique d’I Like Trains se situe là où se jouent les dérives du monde et les drames de l’histoire. Mais, du tourment, de l’effroi et de la tragédie, elle parvient sans faillir à faire jaillir une magnifique force de vie. Avec « Kompromat », le quintet anglais fait se muer les longues nappes élégiaques chères à ses premières heures en compositions acérées et tendues, dominées par un chant utilisant le spoken word pour souffler avec ferveur le vent de la révolte. Ne délaissant pas pour autant son art de faire vibrer ses notes avec émotion, il se réinvente, et le fait avec brio, en signant un manifeste brûlant, et un retour captivant.

9. Flyingdeadman « The Night » – France, post-rock (ma chronique ici)
En 1968, George A. Romero donne naissance à l’horrifique « The Night of the Living Dead ». C’est de ce film désormais culte que s’inspire « The Night ». Flyingdeadman en extrait les dialogues qui jalonnent le disque, faisant du film son fil rouge, et mettant en musique à sa manière l’atmosphère terrifiante de cette fameuse nuit. Cinq morceaux. Cinq moments. Cinq émotions. Chacun assorti d’un horaire précis, donnant corps à la temporalité de cette traversée nocturne. Voyage au coeur d’un drame en construction. « The Night » confirme la belle place que continue d’occuper pour moi Flyingdeadman dans le paysage du post-rock français. Un album splendide.

10. Of The Vine « Left Alone » – Etats-Unis, post-rock (ma chronique ici)
Cinq ans après l’instrumental et délicieux « East-The-Water », les post-rockeurs d’Atlanta étaient de retour cette année avec un album pleurant la perte et célébrant la renaissance, sur lequel plane la mélancolie d’une voix poignante et habitée. Un album pour lequel j’ai eu un véritable coup de foudre. Plus audacieux et plus exquis que jamais.

11. Laake « O » – France, néo-classique / musique électronique (ma chronique ici)
Il y a, dans « O », un mariage audacieux de la langueur et de l’urgence. Quelque chose de profondément romantique. Là où la sensibilité du piano rencontre à la fois l’exaltation des cordes et des cuivres, et la fougue tantôt mesurée, tantôt tumultueuse, des beats électroniques. Ici, rythmiques hypnotiques et envolées lyriques rivalisent d’ardeur, de force et de liberté, tandis que les notes s’envolent puis s’écrasent avec fracas et tandis que, çà et là, une voix grave et amplifiée vient habiter une mélodie tourmentée. Superbe.

12. Staghorn « Corvus IV » – Etats-Unis, post-rock / post-black metal (ma chronique ici)
Ode à la préservation de la nature et du monde, à la fois sensible et militante, telle est la musique de Staghorn. De celle qui puise son inspiration dans la recherche éperdue d’un accord entre l’art et l’éthique. De celle qui prend la forêt, poumon de la terre, comme sanctuaire. Cette année, le trio américain était de retour avec un nouvel opus. Si « Corvus IV », petite soeur de l’épique « Wormwood III », est aussi inspirée que son aînée, elle est aussi plus sombre et plus terrible, mariant avec talent le meilleur d’un post-black metal féroce, et d’un post-rock éthéré. Un nouveau bijou en forme de symphonie moderne vibrante et habitée, signé d’une formation de musiciens qui demeure l’une des plus chères à mon coeur.

13. Bravery in Battle « The House We Live In » – France, post-rock / néo-classique (ma chronique ici)
En juin 2016, au Café de la Danse, je découvrais sur scène « The House We Live In », projet du collectif français Bravery In Battle. Expérience musicale et visuelle à la fois inédite et fascinante, « The House We Live In » interroge nos liens à la nature et au monde, en mariant la musique, la poésie, la voix parlée, la vidéo live, le post-rock, les instruments classiques, les sciences, l’écologie politique et le documentaire, et en mettant à la fois en musique et en images des témoignages d’hommes et de femmes engagés, de la manière la plus audacieuse qui soit. Ce beau projet, mûri de longue date, a enfin pris forme cette année avec la publication d’un livre-photo contenant un CD et un DVD.

14. Drexler « Handles » – Angleterre, néo-classique (ma chronique ici)
Derrière Drexler se cache Adrian Leung, compositeur, producteur et multi-instrumentiste australien vivant désormais à Londres. La formation classique du musicien se mêle ici à son goût pour les sons contemporains, conviant aussi bien néo-classique, ambient et folk, qu’éléments de musique traditionnelle hongkongaise rappelant les origines de ses parents, mais aussi de field recording glané au fil de ses nombreux voyages à travers le monde. Emotion parfaite, faite disque.

15. Untitled With Drums « Hollow » – France, rock alternatif / noise (ma chronique ici)
Untitled With Drums, ce sont cinq musiciens de la scène rock clermontoise. Ils écoutent Slint, Failure et Cave In. Ils aiment le rock alternatif, la noise des années 90 et le post-rock. Et ils parviennent avec talent à faire se marier ces genres dans un album tendu sur le fil de compositions aussi écorchées que subtiles, dont les voix faites à la fois de douceur et de rage viennent aider, mieux qu’aucunes autres, à faire sortir de soi tout ce qui a besoin de l’être. « Hollow » se distingue par une puissance sonore dosée à la perfection, à la faveur d’une production à la fois léchée et sans outrances. Ici, la colère s’ingénie à ne jamais tomber dans l’incompréhensible et dans l’excès. La rage, d’abord contenue, n’explose ainsi jamais sans prévenir, les notes exprimant aussi finement qu’efficacement des crescendos d’émotions toujours parfaitement maîtrisés.

16. I Hear Sirens « Stella Mori » – Etats-Unis, post-rock (ma chronique ici)
On les appelle les groupes de « post-rock à guitares ». On dit d’eux qu’ils sont trop nombreux. On dit d’eux qu’ils ont du mal à se renouveler. On dit d’eux que leur recette est désormais éculée. Pourtant, je continue de penser que le post-rock atmosphérique dans lequel seules chantent les guitares est l’un des genres les plus beaux, les plus universels et les plus intemporels qui soient. Là où la musique se fait langue sans frontières. Là où l’émotion naît aussi bien d’une douce nappe de cordes aériennes, que d’une déflagration de murs de sons. Là où se côtoient les temps de l’introspection et de l’exultation. Et puis surtout, je continue de penser que, parmi ces groupes, il en est qui ne cessent jamais de parvenir à toucher l’âme. Qui le font non seulement mieux que les autres, mais de mieux en mieux au fil du temps. I Hear Sirens est de ceux-là. Après sept ans d’absence, les post-rockeurs américains dévoilaient cette année « Stella Mori ». Un album plus riche, plus intense et plus émouvant que jamais, où le groupe met merveilleusement à profit la maturité acquise tout au long de ses quinze ans de carrière.

17. A Burial At Sea « A Burial At Sea » – Angleterre, post-rock / math rock (ma chronique ici)
A Burial At Sea dévoilait il y a quelques semaines son premier album. Un album qui porte simplement son nom, affirmant l’identité d’un groupe qu’il fait bon avoir dans sa discothèque pour revigorer les jours de torpeur, et mettre de la joie et de la chaleur dans le coeur. Ici, il y a ces mariages rythmiques et sonores à la fois audacieux et habilement exécutés, qui s’amusent à faire tomber les barrières des genres. Post-rock, math rock, rock expérimental, black metal, mariachi… A Burial At Sea ne sait plus où donner de la tête. Certains diront que c’est du grand n’importe quoi. D’autres que c’est absolument génial. Moi, je trouve dans cet opus où se répondent les guitares, les percussions et les cuivres une explosion de saveurs délicieuses.

18. Reliefs « Sauver l’univers » – Québec / France, post-rock / rock alternatif (ma chronique ici)
A la faveur de 9 titres à la fois accrocheurs et contrastés, le nouvel album de mon trio franco-québécois favori propose une épopée hors du temps et hors de tout courant. L’univers est à sauver, et la recherche de son salut sera chaleureuse et tourmentée. Tourmentée, à l’image de ces sonorités de guitares oscillant entre réverbérations aériennes et distorsions tempétueuses. Chaleureuse, à l’image de ces lignes de basse rondes et chaloupées. Furieuse aussi, à l’image de ces rythmes de batterie qui n’ont de cesse de surprendre et de provoquer. De l’élévation de notes éthérées, en sursauts bruitistes et en nappes saturées, « Sauver l’univers » transporte et enchante. Et remplit à la perfection sa mission de tout sauver.

19. Hania Rani « Home » – Pologne, néo-classique (ma chronique ici)
Au début de l’été, le jeune artiste polonaise Hania Rani était de retour avec un nouvel album. Au piano épuré d’ « Esja », répond celui de « Home ». Comme le second tome d’une même oeuvre, et bien que sur le piano dépouillé du premier s’envolent cette fois par endroits un chant fragile et des touches d’électronique, « Home » se déploie dans la continuité d’une phrase qui doit ici trouver son achèvement. Sans artifices, pudiques, et toujours mues d’une éblouissante sensibilité, les compositions d’Hania Rani sont de celles qui n’en finissent jamais de s’accrocher à l’âme. « Home » en est une nouvelle et magnifique illustration.

20. SURE « 20 Years » – France, shoegaze / post-punk (ma chronique ici)
Quand le présent semble absurde. Quand le futur semble tendre ses bras vers d’inexorables catastrophes. Quand l’esprit est, inlassablement, balloté d’une temporalité à l’autre. Tel est le monde que SURE peint à travers sa musique. Faisant danser ses notes dans l’obscurité. Exhumant les meilleures heures d’une cold wave sombre et obsédante. Si, de loin en loin, résonnent les fantômes de ses aînés, New Order et Depeche Mode en tête, SURE sans en tirer le meilleur en y ajoutant une patte shoegaze soignant à bonheur ses textures. Les nappes de claviers et de guitares y sont tour à tour denses et vaporeuses. Les rythmes hypnotiques et saccadés. La voix synthétique, lancinante et habitée. « 20 Years » peint la perte de sens sans, lui, en perdre jamais.

21. heklAa « Pieces Of You vol. 2 – The Voices Works » – France, post-rock / néo-classique (ma chronique ici)
Dans chacun des disques signés du talentueux Sébastien Touraton alias heklAa, des notes sont venues tout droit s’accrocher à mon âme. Discrètement et simplement. Sans en faire des tonnes. Posées là, dans leur plus simple et plus bel appareil, nées de la créativité d’un seul musicien, elles ont fait monter en moi cette sensation indicible d’être face à une évidence. L’évidence d’une beauté parfaitement accordée à une sensibilité, qui touche immédiatement. Et, pour ce que ces notes ont produit en moi, je ne saurai que vous recommander d’écouter l’ensemble des opus signés heklAa, le volume 2 de ces « Pieces Of You », paru cette année, étant une beauté de plus à ajouter à son oeuvre.

22. Alpha du Centaure « Paralysis » – France, post-rock / blackgaze (ma chronique ici)
Après deux beaux EP, les post-rockeurs français d’Alpha du Centaure étaient de retour il y a quelques semaines avec un premier album. Résidant désormais à Lyon, le duo est devenu quatuor, et c’est sous cette forme qu’il a donné naissance à « Paralysis », se réappropriant ses influences de post-rock, mais aussi de shoegaze, de post-metal et de post-black metal, pour les traduire à sa façon en notes et en émotions. Un album en forme d’affirmation d’une nouvelle identité, plus sombre, plus vive, plus intense. Et plus savoureuse que jamais.

23. Thylacine « Timeless » – France, néo-classique / musique électronique (ma chronique ici)
Conjuguer le passé et l’avenir pour habiller le présent de sonorités intemporelles, en transformant des chefs-d’oeuvre de la musique classique en pièces électroniques, telle est la gageure relevée par le DJ et producteur français Thylacine dans son nouvel album. Beats graves et étouffés, boucles rythmiques minimalistes répétées à l’envi, la relecture de ces classiques pourrait sembler périlleuse, si elle n’était maîtrisée avec une telle habileté, dans l’humilité d’un hommage inédit rendu à ses aînés. Simplement samplés sur certains morceaux, complètement revisités sur d’autres, les thèmes de ces pièces iconiques prennent ici, par la force de la créativité singulière de Thylacine, une forme et une dimension neuves, originales et réussies.

24. Star Of Heaven « To Our Memories » – Suède, post-rock (ma chronique ici)
Il y a quatre ans, je vous parlais de « Vinter 2015 », premier album d’un jeune groupe suédois répondant au nom de Star Of Heaven. Cette année, le sextet de Stockholm était de retour avec un nouvel opus. « To Our Memories » se déploie dans la droite ligne de « Vinter 2015 », prouvant que les débuts prometteurs de Star Of Heaven ne demandaient qu’à s’épanouir dans le champ d’un post-rock orchestral toujours plus vibrant de beauté.

25. Levi Patel « A Shifting Lightness » – Nouvelle Zélande, néo-classique (ma chronique ici)
Pour écrire « A Shifting Lightness », le jeune compositeur néo zélandais Levi Patel s’est isolé pendant dix-huit mois dans une petite ville côtière du nord de l’île. Et de cet isolement solitaire est né une beauté musicale introspective, délicate et apaisée. Violoncelles, violons, altos, cors, clarinettes, claviers électroniques, flûtes et guitares répondent ici en harmonie au piano, le long de treize pièces subtilement construites et d’une délicatesse infinie. Qu’elles soient baignées de lumière ou cachées au creux de l’obscurité, chacune aide à plonger au plus profond de soi. A y révéler les souvenirs. A y dénouer les énigmes du passé. A y trouver les réponses. Un délicieux opus à savourer.

26. Maudits « Maudits » – France, post-metal (ma chronique ici)
Trio parisien formé par des membres d’Ovtrenoir, Throane et autrefois The Last Embrace, Maudits dévoilait cet automne son premier album. Un album qui porte son propre nom, comme l’affirmation simple d’une identité neuve, à investir autant qu’à affermir. Une identité dont la singularité est venue me frapper d’emblée. Là où la célérité du post-metal s’habille de la lente lourdeur du doom. Là où le déchaînement des percussions et des guitares s’habille des plaintes saisissantes du thérémine et du violon. Là où audace et panache se marient avec brio.

27. Way For Nothing « Make Your Actions Reflect Your Words » – France, post-rock (ma chronique ici)
C’est à l’occasion d’un petit concert dans le Sud Ouest que je rencontrais pour la première fois Way For Nothing. Un concert où la musique se jouait derrière des masques, sur des images entrain de se dessiner. Ce jour-là, je repartais avec des badges et un EP en poche, enchantée par la rencontre musicale et humaine qui venait d’arriver. Après ce bel EP, Way For Nothing donnait le jour le mois dernier à son premier album. Riche de nombreuses influences, allant du post-rock au rock progressif en passant par le shoegaze, « Make Your Actions Reflect Your Words » met en musique les films que la formation tarbaise projette lors de ses concerts. Mais, même dépourvu de ses images, cet album-concept se suffit à lui-même. Il met ses beaux reliefs au service d’une expressivité remarquable, faisant ondoyer d’une même voix sons et émotions. Un très beau disque à découvrir.

28. Xanthe Dorsa « Xanthe Dorsa » – France, post-rock (ma chronique ici)
Xanthe Dorsa, ce sont quatre musiciens venus d’horizon musicaux différents, qui aiment jouer et composer ensemble. Du post-rock au metal en passant par le math rock, le stoner et la musique classique, les influences de chacun des membres du groupe y trouvent leur place, mariées en harmonie pour donner vie à des compositions façonnant le caractère singulier de Xanthe Dorsa. Il y a quelque chose d’irrésistiblement hypnotique dans chacune des pièces qui constitue cet opus. Une manière de déployer les notes aussi franche et directe qu’élégante. D’un son de batterie brut mais jamais brutal. De vibrations de guitares réverbérées mais toujours précises et ciselées. De notes de clavier à la fois mélodieuses et déterminées à porter un propos engagé, que des samples de voix soigneusement choisis viennent illustrer à la perfection. Un très bel album.

29. Almost Silent « A Frame For A Day In Your Life » – France, ambient / post-rock (ma chronique ici)
Plus encore que sur le beau « Swamp Tales » qui l’a précédé, « A Frame Fo A Day In Your Life » du talentueux Almost Silent se pose à la lisière du post-rock et de l’ambient, étirant chacune de ses mesures en des nappes aériennes, vaporeuses et éthérées. Réflexion sur le fait que les choses ne sont souvent pas ce qu’elles paraissent de prime abord, et sur la manière dont chacun les façonne pour répondre à ses attentes et à ses besoins, ce nouvel opus est une fois de plus riche d’une parole qui se révèle à la fois intime et merveilleusement universelle.

30. Apple Jelly « Die, Motherfucker ! Die !! » – France, post-punk / musique électronique (ma chronique ici)
Il y a dans « Die, Motherfucker ! Die !!! » quelque chose d’à la fois intrigant et dérangeant. Du morceau d’ouverture qui lui a donné son nom, à l’obsédant The End Of Our Age, qui le clôt, chacun des titres de l’album donne à la fois envie de danser et de grogner. Sous-tendu aussi bien par une forme de désinvolture débridée que de violence subversive, que l’on retrouve dans les vidéos qui l’accompagnent, il se déploie dans une urgence délicieusement fiévreuse et ardente. La basse, omniprésente, terrasse, les guitares embrassent, la batterie cingle. La musique impose son groove et ses secousses à nos corps fébriles, qui ne peuvent que lui obéir en se déhanchant. Docilement, mais sans jamais que la rage ne s’apaise vraiment. Un album irrésistible, à savourer pour danser en gesticulant sans honte et sans modération.

Mention spéciale live : GOLD « The Isolation Sessions » – Pays-Bas, dark rock (ma chronique ici)
Les inclassables et magnifiques GOLD ont participé pendant le confinement aux « Isolation Sessions », lancées à l’initiative des ingénieurs des studios Super Nova de Eindhoven, enregistrées et partagées pendant la pandémie dans le but de divertir et de répandre des ondes positives dans chaque foyer. Tous les profits générés par cette belle initiative ont été distribués aux bénévoles de l’industrie musicale en manque de revenus pendant cette sombre période. Les sublimes « Isolation Sessions » de GOLD regroupent neuf morceaux, extraits des différents albums du groupe, de « No Image » (2015) à « Why Aren’t You Laughing » (2019), en passant par « Optimist » (2017).

Encore une très belle année 2021 à chacune et chacun de vous.

Love,

Eglantine / Totoromoon


3 réflexions sur “Totoromoon’s Top 2020

  1. Pas encore fait mon « top de l’année », mais en post-rock/post-metal et assimilés, j’ai aussi le pg.lost, « Couvre-sang » de DDENT, « Phanerozoic II (etc.) » de The Ocean, le dernier Long Distance Calling, et surtout « Alignments » d’Aesthesys. Mention spéciale pour « Maudits ».

    1. Merci Stéphane pour ce message 🙂 J’ai dû faire des choix compliqués parmi beaucoup de très beaux albums cette année, qui n’ont pas tous pu rentrer dans ce top, mais j’ai beaucoup aimé l’album d’Aesthesys moi aussi. J’en profite pour te souhaiter une heureuse nouvelle année, la plus douce, musicale et joyeuse possible !

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