ÉMILIE ZOÉ Hello Future Me au Pop Up du Label

C’était un soir d’hiver, au début de l’année 2019, rue de Belleville, dans la petite cave du Rigoletto. C’était une soirée organisée par En veux-tu ? En v’là !, donc avec des sourires, des bonbons et de la joie à tour de bras. A l’affiche, c’était Miles Oliver, Emilie Zoé et Louis Jucker. Si j’avais eu l’occasion de rencontrer Miles Oliver plusieurs fois, et si j’écoutais Louis Jucker depuis un moment déjà, je découvrais ce soir-là Emilie Zoé, sa complice artistique suisse depuis plusieurs années, pour la première fois.

Et chez elle, immédiatement, tout m’a plu. Ses chansons douces-amères, ses grands yeux bleus, sa présence aussi magnétique que sa voix.

« Hello Future Me », son dernier album, tournait depuis plusieurs semaines en boucle dans mon lecteur MP3 quand j’ai descendu ma rue il y a quelques semaines pour me rendre au Pop Up du Label. Une attente de plusieurs années, mais quelques dizaines de pas seulement pour retrouver une artiste chère à mes souvenirs et dont la musique n’a eu de cesse, depuis ce soir d’hiver, de revenir m’habiter.

Ecrit et enregistré en ces temps de pandémie, produit et arrangé par ses soins, avec le concours de Louis Jucker et Nicolas Pittet, « Hello Future Me » déploie huit pièces à la fois intimes et puissantes, à la croisée d’une folk et d’un rock sensibles, épurés et à l’écriture minutieusement ouvragée. Et Emilie Zoé est venue une fois de plus prouver qu’elle a l’art, sur scène, de les magnifier.

La foule est dense devant l’entrée du Pop Up du Label quand j’arrive rue Abel. Je vois des verres de bière à la main, je vois des visages débarrassés de leurs masques, je vois des sourires dévoilés en entier, enfin. Des sourires qui remontent jusqu’au haut des joues. Des joues rosies à la fois par l’alcool et par la joie. La joie d’être là, ensemble, presque insouciants, presque comme autrefois.

Je décide de poser mon manteau rose sur un baril qui est là, devant la scène, et qui a l’air désoeuvré, servant à je ne sais quoi. Puis je reste là, tout devant, où je me suis faufilée pour être certaine de ne perdre une miette de rien. Ni des mains sur le clavier, ni des changements de guitares, ni des grands yeux bleus d’Emilie Zoé.

Alors qu’un sample de chants d’oiseaux résonne sur la scène vide, la musicienne et son acolyte le percussionniste Fred Bürki prennent place doucement. S’élèvent alors les premières notes du délicieux Across the Border, morceau d’ouverture de « Hello Future Me ». Comme il ouvre à bonheur l’album, le morceau ouvre à bonheur le concert, laissant entre le clavier ouaté et la batterie discrète se déployer dans toute sa majesté la voix à la fois brute et fragile d’Emilie Zoé. Tantôt caressante, tantôt effrontée, celle-ci n’aura de cesse, le long de l’heure de concert, de surprendre et de captiver.

Tandis que se faisaient jour sur l’album des instrumentations à la fois riches et subtiles, mariant percussions, guitares acoustique et électrique, piano, moog, synthétiseur, orgue, violoncelle, oscilloscope, metallophone, field recording et sons enregistrés à la maison, sur scène, la batterie répond tour à tour au clavier et aux guitares, le tout agrémenté simplement de quelques parties enregistrées. Et c’est dans cette configuration dépouillée que se révèle au mieux l’art d’Emilie Zoé. Cet art de transcender en live ses pièces sincères et inspirées.

Les mélodies efficaces de « Hello Future Me » se déploient ainsi, à la faveur de jeux de guitares rugueux. Délicats puis fougueux. Fougueux puis délicats.

Puis la musicienne s’arrête, et explique comment elle a voulu s’adresser au futur, dans « Hello Future Me ». Et comment elle a demandé aux spectateurs de chacun des concerts de sa tournée de remplir des cartes postales, préparées à la main par ses soins, en y inscrivant un message pour le futur et en le déposant dans une boîte à lettres également fabriquée par ses soins. Elle en lit alors quelques-uns. L’un parle de roses, d’amour et de bières. Un autre du pouvoir de la musique. Un dernier d’espoir. Emue, elle rit. De ce rire timide et attachant. Puis reprend l’une de ses guitares pour jouer le fabuleux Hello Future Me, qui a donné son nom au disque qu’elle est venue présenter ce soir.

Come and see our houses on the shore, their stones rise only when the tide is low…

Deci delà, des morceaux plus anciens répondent aux nouveaux. Ainsi du saisissant Tiger Song, extrait de « The Very Start ». Rythme répétitif et chant scandé.

Le temps semble s’être arrêté. Dans la légèreté des arpèges aériens de Parent’s House. Dans la fureur des abrasions de guitares de Volcan. Emilie Zoé se fait tour à tour sage et enragée. Lorsqu’elle annonce le dernier morceau, Roses on Fire, j’ai oublié où j’étais. Hypnotisée.

Roses are on fire outside and I bring you one with my love inside…

Mais la salle ne se résout pas à se vider. Chacun en veut encore. Chacun veut continuer à oublier où il est. Le duo revient alors pour un ultime morceau, remerciant chaleureusement l’auditoire, puis se prenant dans les bras avant de quitter la scène, émus et troublés. Une merveilleuse soirée.

« Hello Future Me » est disponible aux formats numérique, CD et vinyle depuis le 11 février via Hummus Records.

Pour le découvrir :

Tracklist :

  • Across the Border
  • Parent’s House
  • I Saw Everything
  • Hello Future Me
  • Roses on Fire
  • Apollo
  • Tidal Waves (Song for Lautrec)
  • Volcan

Site web : http://emiliezoe.com/

Bandcamp : https://emiliezoemusic.bandcamp.com/
Facebook : https://www.facebook.com/emiliezoemusic

Emilie Zoé chez Hummus Records : https://hummus-records.com/product-tag/emilie-zoe/

Eglantine / Totoromoon

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