ARCHIVE Again

En mai dernier, lors d’un concert époustouflant, les légendaires rockeurs britanniques d’Archive sont venus me réveiller tous les sens. La setlist était superbe, le son à la fois précis et puissant, le jeu de lumières magnifique. Trois heures de show inoubliables, manière parfaite de célébrer les 25 ans de carrière d’un collectif qui n’a jamais fini de m’enchanter.

Depuis, j’ai remis la discographie complète du groupe à l’honneur lors de mes promenades musicales nocturnes. Si le fascinant Lights demeure mon titre préféré des Anglais, il en est un autre que j’ai redécouvert à bonheur à la fin du concert colossal donné à la Seine Musicale. Plus hypnotique et majestueux encore en live que sur disque, Again, à la faveur de paroles déchirantes et de 16 belles minutes de son, fait voyager mieux qu’aucun autre, révélant le talent sans mesure d’Archive. La douceur mélancolique parfaite de cette fin d’été. Lire la suite

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HUGAR Varða

Y a-t-il quelque secret qui fasse de l’Islande une terre à l’origine de tant d’inspirations ? C’est de cette île aux paysages spectaculaires qu’est originaire Hugar, jeune duo qui a su emprunter le meilleur de ses talentueux compatriotes pour créer des compositions de toute beauté. Après un premier album prometteur et des collaborations remarquées avec Björk, Johann Johannson, mais aussi Ólafur Arnalds et Sigur Rós, Hugar a donné le jour cet été à « Varða », nouveau bijou de douceur nocturne et éthérée, à découvrir absolument. Lire la suite

NINA KEITH Maranasati 19111

« Elle peignait ses cheveux d’or et j’aurais dit
Qu’elle martyrisait à plaisir sa mémoire
Pendant tout ce long jour assise à son miroir
A ranimer les fleurs sans fin de l’incendie
Sans dire ce qu’une autre à sa place aurait dit »

– Louis Aragon, Elsa au miroir.

Plonger au coeur de la mémoire. Déconstruire. Reconstruire.

Regarder l’enfance les yeux rivés à son miroir. Ranimer les souvenirs.

Rallumer l’incendie.

Tel est le souhait de Nina Keith dans « Maranasati 19111 », sa première oeuvre. Ici, l’artiste transgenre de Philadelphie explore des souvenirs faits d’espoirs et de tragédies. Elle les décompose en silence, pour mieux les recomposer ensuite, en musique. Un piano, une flûte, des voix, un synthétiseur et un magnétophone se joignent ainsi à la danse de la mémoire pour leur donner vie. Lire la suite

DAIGO HANADA Ouka

Durant l’hiver 2017, je vous parlais de « Ichiru », premier album de Daigo Hanada. Cet été, le compositeur japonais est de retour avec un nouvel EP. « Ouka » dévoile sept compositions intimes et raffinées, où les feutres du piano sont rois. En simplicité, en délicatesse et en beauté, un très bel opus à découvrir. Lire la suite

TOM ADAMS Particles

Compositeur et producteur de renom vivant à Berlin, Tom Adams dit de cet album qu’il est arrivé par accident. C’était il y a cinq ans. Il travaillait à temps partiel, et passait le reste du temps à voyager pour donner des concerts. De retour à la maison, il se détendait en improvisant sur son piano, jouant ce qui lui venait à l’esprit sans penser à la cohérence et au style. Toutes les parties de piano, mais aussi les synthétiseurs, percussions, enregistrements vocaux et arrangements électroniques ont été capturés à cette époque en une seule prise, avec toutes les imperfections laissées en place. En plus de sa délicatesse première, il est ainsi quelque chose d’authentique, sensible et spontané qui rayonne dans cet album, le rendant immédiatement irrésistible. Une nouvelle beauté signée Moderna Records, à découvrir absolument. Lire la suite

HAYTHEM MAHBOULI Catching Moments In Time

Hier, j’ai eu 40 ans.

J’ai respiré un grand coup, et décidé une fois pour toutes de regarder devant.

Accepter ce qui a été. Croire en ce qui sera. Savourer ce qui est.

Je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait, mais j’espère que nous pourrons cheminer ensemble, vous et moi, encore un moment. Pour l’heure, et pour commencer cette nouvelle année de ma petite vie, j’ai choisi de partager avec vous un album pour lequel j’ai eu un véritable coup de coeur. Prise dans le tourbillon des concerts et des festivals, je n’avais pas encore eu le temps d’écrire sur lui, mais je suis ravie de pouvoir le faire aujourd’hui. « Catching Moments In Time », du compositeur tunisien Haythem Mahbouli, est paru au printemps chez Schole Records. En plus d’être sublime de beauté, il porte un titre absolument parfait. En ces jours de caps et de bilans. En ces jours où l’on voudrait ralentir le temps. Et saisir, au mieux, l’instant.

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NICK CAVE & THE BAD SEEDS Love Letter

Nick Cave, pour moi, c’est un peu comme Depeche Mode ou The Cure. J’ai l’impression de l’avoir toujours connu. Il faisait partie de ces artistes aux voix devenues familières, que me faisait écouter mon grand frère en me mettant le casque de son walkman sur les oreilles. Je m’apprêtais à avoir 5 ans quand « From Her To Eternity » a vu le jour. C’était en juin, il y 35 ans. Je m’apprête à présent à souffler mes 40 bougies, et il est toujours là, se rappelant régulièrement à mes souvenirs. Sa voix ténébreuse à nulle autre pareille. Ses orchestrations sophistiquées. Le lyrisme de ses compositions. L’émotion au bout de chaque note.

Je me suis récemment replongée dans « No More Shall We Part », bel opus paru en 2001. J’y ai trouvé la douceur chaude et romantique en accord parfait avec ce mois de juillet. J’espère que vous l’aimerez autant que je l’aime. Lire la suite

MILES OLIVER Saturdaze

C’est à l’occasion d’une belle soirée organisée il y a quelques mois par En veux-tu? En v’là! que je découvrais pour la première fois la folk sombre et habitée de Miles Oliver. Depuis, je l’ai redécouverte deux fois. Avec la sensation d’en percevoir de nouveaux aspects à chaque fois. De nouvelles énergies. De nouvelles subtilités. De nouvelles beautés. De nouvelles poésies.

« Color Me », son troisième album, est paru à l’automne dernier. J’y ai trouvé la douceur parfaite de ce début d’été. Noisy, poignante et émouvante à souhait. Lire la suite

! 600e ! LOUIS JUCKER Kråkeslottet

La vie en noir et blanc.

Il y a les jours noirs. Noirs dehors et noirs dedans. Les jours où j’ai envie de tout envoyer valser. Roulée en boule, larmes dégoulinantes, dans l’obscurité. Les jours de blessures trop vives, de passé trop lourd et d’avenir trop flou.

Il y a les jours blancs. Blancs dehors et blancs dedans. Les jours où j’ai envie de tout croquer. Combinaison à fleurs, soleil au zénith et parfum de muguet. Les jours d’espoirs fous, de sourires au coeur et de rêves éveillés.

Du blanc au noir, du noir au blanc. Palpiter. Tomber. Recommencer. Vivre. Vibrer.

Parfois, j’aimerais bien du gris. Je me dis que ça doit être reposant, le gris. Mais au bout du compte, j’en reviens toujours à la saveur intense et contrastée du noir et blanc, même si c’est épuisant.

En musique, c’est pareil. Je tombe d’amour pour les artistes qui parviennent à marier le noir au blanc. Ceux qui savent manier les paradoxes, et mettre des notes troublantes sur mes jours en clair-obscur. Louis Jucker est de ceux là. Echappé de Coilguns et de son punk hardcore de prédilection, le musicien suisse aux multiples projets a récemment donné le jour à des compositions tendues sur un fil. A la fois lentes et urgentes. Intimes et vibrantes. Ecorchées vives et d’un calme olympien.

« Kråkeslottet », le « château du corbeau », est le 600e article que j’écris sur ce blog. Du souffle du vent au froissement d’une bobine qui se déroule, du piano à la cithare, de la machine à écrire à la guitare, il est un album qui semble vouloir à la fois se détacher du temps et le capturer l’espace d’un instant. Triste et lumineux, à fleur de peau, perpétuellement au bord de la rupture, il est venu résonner en moi à m’en faire peur. Et j’espère que vous l’aimerez autant que je l’aime. Lire la suite

BLANKENBERGE More

Par les bons soins des Russes de Blankenberge, le shoegaze est de retour chez Totoromoon. Pour mon plus grand bonheur et celui de mes tympans. « More » est le deuxième album du groupe. Paru tout juste un an et demi après l’enchanteur « Radiogaze », dont quelques exemplaires vinyles sont encore disponibles chez Elusive Sound, « More » s’inscrit dans la droite ligne de son prédécesseur. Toujours envoûtantes, les ondes brumeuses de guitares saturées et de voix lointaines viennent envelopper l’auditeur, le perdant au coeur d’un voyage dont la destination restera pour toujours une énigme. Onirique et savoureux à souhait. Lire la suite