TRISTAN ECKERSON Decades

Trop sensible, trop émotive, trop discrète aussi. Trop trop trop. Toujours trop. Jamais comme il faut.

Etre sensible, être émotive, être discrète, oui. Mais gare à vous si vous l’êtes trop. Ou quand ces qualités que l’on pense avoir deviennent, dans le regard réprobateur des autres, de vilains défauts.

Moi, j’aime être sensible, j’aime être émotive, j’aime être discrète. J’ai eu beau vouloir me forcer à plus d’exubérance, d’imperméabilité et d’indifférence, c’est ainsi que je suis faite. Le suis-je trop ? Sans doute. Mais j’ai fini par l’accepter. Ça et tous les désagréments qui en découlent indéniablement.

Alors oui, quand j’ai écouté le nouvel album de Tristan Eckerson, j’ai pleuré. J’ai eu beau vouloir me mettre dans la peau d’une chroniqueuse sérieuse qui, quand elle écoute pour la première fois un disque qu’on lui demande de chroniquer, doit faire preuve d’un sens critique impartial et aiguisé, j’ai pleuré quand même. Parce que je suis comme ça. Je pleure quand quelque chose, à un instant précis, me touche et résonne en moi, d’une manière ou d’une autre. Et le minimaliste et délicat « Decades » de ce jeune pianiste américain m’a immédiatement touchée. Lire la suite