CODES IN THE CLOUDS Codes In The Clouds

J’ai commencé à travailler à 19 ans, à temps partiel pendant mes études, dans une petite maison d’édition, puis à temps plein, comme bibliothécaire, depuis quinze ans. Mais cet automne, pour raisons de santé, j’ai dû arrêter temporairement toutes mes activités. Aujourd’hui, cela fait plus de deux mois que je ne travaille plus. Et c’est la première fois. La première fois que je ne travaille plus pendant aussi longtemps. Récemment, un ami me demandait si je ne m’ennuyais pas, à être chez moi sans travailler depuis si longtemps. Mais non, je ne m’ennuie pas. Pas une seconde. Ce qui m’ennuie, c’est la maladie. C’est sentir mon corps m’échapper. Mais, dans nos sociétés où tout va de plus en plus vite, trop vite, où on nous demande sans cesse de raccourcir les délais, il est bon, parfois, de s’autoriser à prendre son temps. Et les longues heures que j’ai dû passer à regarder le plafond dans mon lit, pour laisser mon corps s’adapter aux traitements, me l’ont rappelé. Cesser de s’agiter dans tous les sens. Arrêter de se précipiter. Arrêter d’avoir le tournis. Se reconnecter à soi. Doucement.

Il est ainsi des disques dont la maturation est si longue que l’on désespère de savoir s’ils verront le jour… un jour. Le troisième album des Anglais de Codes In The Clouds est de ceux-là. Ecrit puis enregistré entre 2012 et 2015, il aura fallu patienter plus de trois années supplémentaires pour le voir paraître chez Hobbledehoy Records. Mais il est la preuve que prendre le temps de laisser mûrir les choses n’est jamais vain. Que la patience a toujours du bon. Car il est un enchantement à savourer. Doucement. Lire la suite