DEATH CAB FOR CUTIE A Lack Of Color

Depuis 1997, Ben Gibbard et Death Cab For Cutie enchantent l’indie rock américain. Et, depuis quelques mois, un de leurs morceaux enchante mon petit appartement du 11e arrondissement de Paris. Il y vient, les soirs tristes, me remettre la douceur au coeur et la légèreté à l’âme. Il s’appelle A Lack Of Color, et il est extrait de « Transatlanticism », quatrième album du groupe, paru en 2003.

J’ai eu envie de le partager avec vous ce mois-ci, et j’espère qu’il saura ensoleiller vos coeurs comme il ensoleille régulièrement le mien. Lire la suite

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STAGHORN Wormwood III

Paris, lundi soir.

Rentrer chez soi à pieds, en façonnant, éveillé, ses rêves de lendemains. Descendre le boulevard Saint-Michel, tourner à droite, boulevard Saint-Germain. Apercevoir une fumée jaune et épaisse se répandre au-dessus des toits. Voir de plus en plus de regards se lever vers le ciel. Continuer à marcher, commencer à s’inquiéter. Saisir peu à peu la stupeur dans les yeux des passants. Avancer sa tête entre deux immeubles. Voir jaillir les flammes. Discerner, dessous, la cathédrale. Sa cathédrale.

Voir Notre-Dame, sa bien-aimée, brûler sous ses yeux.

Sentir son coeur se serrer. Continuer à avancer, un pas chancelant derrière l’autre. Quai de la Tournelle, pont de Sully. Laisser passer les cortèges de sirènes. S’arrêter. Regarder, médusé, l’édifice s’embraser tout entier. La fumée s’épaissir, encore et encore. L’horizon se laisser inexorablement envahir. Le toit s’affaisser, puis la flèche, rougie par les flammes, s’effondrer. Sentir cette fois son coeur se fendre pour de bon.

Se souvenir de ses 16 ans et de son premier Noël de Parisienne, du grand sapin sur le parvis, des lumières dans la nuit. Puis de son entrée, bouche bée, dans la cathédrale. Se souvenir des orgues, des vitraux, des chants, des odeurs de cire et d’encens. Se souvenir de l’amour et des sourires des siens. Pleurer doucement.

Autour de soi, lire l’effroi sur les visages. Puis la tristesse. La tristesse infinie de ce lundi soir à Paris.

Se décider à finir le chemin jusqu’à chez soi, interdite et tremblante. Savourer les secondes de silence succédant aux cris des sirènes. Puis tenter de s’apaiser. Mettre un disque, pour noyer le tumulte et oublier un moment l’épouvante. Choisir « Wormwood III », des Américains de Staghorn, dont le concert à Paris approche, et sur les notes duquel on a depuis longtemps envie de poser des mots.

Un disque fait d’un seul morceau. Un morceau unique, long et beau, tel est « Wormwood III », paru l’année dernière. 23 audacieuses minutes délicieusement intrigantes et immersives. Bijou de post-rock sensible et intense, ode à la préservation de la nature et du monde. Et apaisement parfait. Lire la suite

THE END OF THE OCEAN -aire

Après de longues années d’absence, le quintet américain The End Of The Ocean est de retour. Depuis son dernier petit EP (ma chronique de « In Excelsis » à retrouver ici), il s’est écoulé sept ans. Plus en forme que jamais, le groupe revient avec « -aire », un album tout en puissance et en savoureuses tonitruances, à découvrir. Lire la suite

JULIA KENT Imbalance

Après les sublimes « Character » (2013), et « Asperities » (2015), tous deux chroniqués ici, Julia Kent était de retour il y a quelques jours avec un nouvel album, « Temporal ». Une nouvelle beauté à la fois fulgurante et déchirante, signée de la talentueuse violoncelliste canadienne, désormais basée à New York. J’y ai trouvé la douceur parfaite de ce mois de février, et j’espère que vous l’aimerez autant que je l’aime. Lire la suite

IN LIGHTS The Forgotten Bridge

Le 25 décembre, il y a un peu plus d’un an, j’avais choisi de troquer les chants de Noël contre une beauté de post-rock atmosphérique à guitares et violons. Cette beauté, c’était « This Is How We Exist », dernière exquise parution des Américains In Lights. Le quintet californien était de retour il y a quelques semaines avec un nouvel EP, « The Forgotten Bridge ». Trois titres lumineux à l’image ce groupe qui porte si bien son nom.  Lire la suite

EMMA RUTH RUNDLE On Dark Horses

Cet été, lors d’une soirée au Trabendo, et alors que son troisième album solo s’apprêtait à voir le jour, je découvrais Emma Ruth Rundle. Elle assurait, seule sur scène avec sa guitare, la première partie de Chelsea Wolfe. Si j’ai détesté la performance maniérée de la seconde, j’ai en revanche été bouleversée par celle, poignante et sensible, de la première. Guitariste de The Nocturnes, puis de Red Sparowes et de Marriages, la talentueuse artiste américaine a plus d’une corde à son arc, et elle ne le prouve jamais aussi bien que lorsqu’elle chante ses propres compositions. Merveilleusement écrites, elles sont intimes et saisissantes, émouvantes et habitées.

« On Dark Horses » est paru en septembre chez Sargent House, et je vous le recommande vivement. Lire la suite

CAT POWER Stay

Sensible et émouvant, tel est une fois de plus le nouvel album de Cat Power. Mais, si c’est une guitare que tient la musicienne sur la pochette de « Wanderer », c’est toujours au piano que je la préfère. Là où elle excelle à magnifier sa sensibilité artistique à fleur de peau, comme elle le fait dans sa sublime reprise de la chanson Stay, initialement chantée par Rihanna en 2012.

Une interprétation folk, chaude et épurée, douceur parfaite de cette fin d’année. Lire la suite

TIDES OF MAN Every Nothing

Quelques semaines après leur passage remarqué et remarquable au Dunk! Festival, les Américains de Tides Of Man dévoilaient un nouvel opus. Deuxième album du groupe depuis le départ de son chanteur en 2010, « Every Nothing » confirme que Tides Of Man a su emprunter la voie qui lui convenait le mieux en décidant de se passer de chant, et en faisant évoluer son rock progressif des débuts vers un post-rock à la richesse et à l’intensité incomparables. Sans nul doute le meilleur album jamais écrit par le groupe. Lire la suite

KRAMIES Of All The Places Been & Everything The End

C’est en Irlande, à la faveur d’un séjour derrière les murs d’un vieux château, imprégné de la beauté de ses paysages environnants, que Kramies a puisé l’inspiration des chansons de son nouvel EP. « Of All The Places Been & Everything The End » vient tout juste de paraître. Il est un nouveau bijou à la croisée d’une dream pop soyeuse et d’une folk éthérée, signé du talentueux songwritter américain. Lire la suite

THIS WILL DESTROY YOU New Others Part One & Part Two

Quatre ans après « Another Language », les post-rockeurs texans de This Will Destroy You sont de retour avec « New Others ». Alors qu’une « Part One », annoncée depuis longtemps, est parue le 26 septembre, c’est à la surprise générale qu’est apparue une « Part Two » le 16 octobre, à seulement quelques jours d’intervalle. La saveur de ces deux opus, conjuguée à une fin comme inachevée, suspendue dans les airs, autorise-t-elle à rêver à l’apparition prochaine d’une « Part Three » ? Quelle que soit la suite, avec « New Others », This Will Destroy You confirme sa place de figure incontournable du post-rock américain. Un régal. Lire la suite