BIG WOOL Simple Travel

Au printemps 2017, l’excellent label clermontois Kütu Records m’envoyait « Big Wool », premier album du quintet angevin du même nom. Trois printemps plus tard, Big Wool est de retour avec un nouvel EP. Cinq petits titres d’un folk rock gracieux sur lequel vient planer un violon enchanteur, aussi frais et léger que la brise ensoleillée venue égayer mes journées confinées.

Faussement ingénue, et doucement mélancolique, telle est la musique de Big Wool. « Simple Travel » vient tout juste de paraître, et je vous le recommande vivement. Lire la suite

KEREN ANN Strange Weather

Il paraît que demain, c’est la Saint Valentin. Moultes publicités, vitrines et autres sollicitations commerciales sont là pour nous le rappeler. Difficile donc de l’oublier. Au moment même où j’écris ces lignes, une notification du site « La Fourchette » m’interrompt, en m’envoyant un message contenant « les meilleures adresses sélectionnées par Cupidon », le tout agrémenté d’un petit coeur rouge traversé d’une flèche. Cette flèche qui vient tout droit se planter dans le mien, de coeur, pour me rappeler que moi, d’amoureux, je n’en ai plus depuis longtemps. Encore un bon coup de remuage de couteau dans la plaie, en règle.

Qu’à cela ne tienne, pas besoin de Valentin, ni des sélections gastronomiques de Cupidon, pour avoir envie de célébrer l’amour, chacun à sa manière. Et ma manière préférée, dans ce monde où l’on manque souvent cruellement de douceur et d’amour, c’est d’écouter et de partager des chansons. Alors, même si je ne crois pas qu’il faille le faire ce jour-ci plus qu’un autre, l’occasion est trop belle, écoutons des chansons d’amour. Des chansons d’amour tristes et belles, bien sûr, comme je les aime. De celles qui remuent le coeur, et font sortir toutes les larmes qu’on a en stock à l’intérieur.

La chanson que j’ai choisie pour l’occasion m’est arrivée par les hasards bienheureux du web. De ceux venus des enchaînements, souvent incompréhensibles, de vidéos Youtube. Un jour est ainsi arrivé dans mes enceintes ce Strange Weather, daté de 2011 et pourtant encore totalement inédit pour moi. Le nom de Keren Ann me disait bien quelque chose, mais j’aurais alors été bien incapable de citer ne serait-ce qu’une seule de ses compositions. Toujours est-il que ce morceau, de sa voix soyeuse et de ses vibrations de thérémine saisissantes, est immédiatement venu s’accrocher à moi. Et, depuis, ses crescendos déchirants n’en finissent pas de revenir me hanter. Il est la douceur émouvante que j’ai choisie pour vous en ce mois de février, et j’espère que vous l’aimerez autant que je l’aime. Lire la suite

MILES OLIVER Saturdaze

C’est à l’occasion d’une belle soirée organisée il y a quelques mois par En veux-tu? En v’là! que je découvrais pour la première fois la folk sombre et habitée de Miles Oliver. Depuis, je l’ai redécouverte deux fois. Avec la sensation d’en percevoir de nouveaux aspects à chaque fois. De nouvelles énergies. De nouvelles subtilités. De nouvelles beautés. De nouvelles poésies.

« Color Me », son troisième album, est paru à l’automne dernier. J’y ai trouvé la douceur parfaite de ce début d’été. Noisy, poignante et émouvante à souhait. Lire la suite

! 600e ! LOUIS JUCKER Kråkeslottet

La vie en noir et blanc.

Il y a les jours noirs. Noirs dehors et noirs dedans. Les jours où j’ai envie de tout envoyer valser. Roulée en boule, larmes dégoulinantes, dans l’obscurité. Les jours de blessures trop vives, de passé trop lourd et d’avenir trop flou.

Il y a les jours blancs. Blancs dehors et blancs dedans. Les jours où j’ai envie de tout croquer. Combinaison à fleurs, soleil au zénith et parfum de muguet. Les jours d’espoirs fous, de sourires au coeur et de rêves éveillés.

Du blanc au noir, du noir au blanc. Palpiter. Tomber. Recommencer. Vivre. Vibrer.

Parfois, j’aimerais bien du gris. Je me dis que ça doit être reposant, le gris. Mais au bout du compte, j’en reviens toujours à la saveur intense et contrastée du noir et blanc, même si c’est épuisant.

En musique, c’est pareil. Je tombe d’amour pour les artistes qui parviennent à marier le noir au blanc. Ceux qui savent manier les paradoxes, et mettre des notes troublantes sur mes jours en clair-obscur. Louis Jucker est de ceux là. Echappé de Coilguns et de son punk hardcore de prédilection, le musicien suisse aux multiples projets a récemment donné le jour à des compositions tendues sur un fil. A la fois lentes et urgentes. Intimes et vibrantes. Ecorchées vives et d’un calme olympien.

« Kråkeslottet », le « château du corbeau », est le 600e article que j’écris sur ce blog. Du souffle du vent au froissement d’une bobine qui se déroule, du piano à la cithare, de la machine à écrire à la guitare, il est un album qui semble vouloir à la fois se détacher du temps et le capturer l’espace d’un instant. Triste et lumineux, à fleur de peau, perpétuellement au bord de la rupture, il est venu résonner en moi à m’en faire peur. Et j’espère que vous l’aimerez autant que je l’aime. Lire la suite

BLAIR CORON On The Nature Of Things

Des fleurs et des feuilles. Du rouge, du jaune, du bleu, du violet, du rose et du vert.

Des violons. Un alto, un violoncelle, une harpe, une flûte, une mandoline, une guitare, un synthétiseur et un piano.

Des violons encore.

Beaucoup.

Et puis tout à coup, des voix.

Tel est le premier album du compositeur écossais Blair Coron, « On The Nature Of Things ». Nouvelle émouvante beauté où musique classique et chansons folk se côtoient de la manière la plus audacieuse et délicieuse qui soit. A découvrir. Lire la suite

RICHARD ANDREWS The Golden Fascination

Il y a quelques jours, le Toulousain Andrew Richards alias Richard Andrews donnait le jour à son premier album solo. C’est sous un pseudonyme en forme d’alter ego que le musicien dévoilait « The Golden Fascination », recueil de dix chansons intimistes et délicatement ouatées, portées par une voix comme sortie d’un rêve. Murmurer des confidences, savourer le silence et se draper d’innocence pour parer à l’absurdité du monde, c’est ce que propose Richard Andrews dans ce très bel opus à découvrir. Lire la suite

QUENTIN SAUVÉ Whatever It Takes

A première vue, Quentin Sauvé et moi n’avions rien en commun. Artiste de la scène post-hardcore officiant chez Birds In Row, As We Draw ou encore The Brutal Deceiver, partageant régulièrement la scène avec Converge et Neurosis, le jeune Lavallois évoluait dans un monde très éloigné de mes douceurs musicales de prédilection. Pourtant, en 2011, il s’était déjà échappé avec un projet folk plus personnel, du nom de Throw Me Off The Bridge, projet cependant passé à côté de moi puisqu’il continuait à faire les premières parties de groupes que je prenais soin de tenir éloignés de mes tympans sensibles. Et puis, récemment, Quentin Sauvé est arrivé dans mon monde. Avec un nouveau projet à son nom. Comme une mise à nu. Et il m’a littéralement bouleversée. Lire la suite

EMMA RUTH RUNDLE On Dark Horses

Cet été, lors d’une soirée au Trabendo, et alors que son troisième album solo s’apprêtait à voir le jour, je découvrais Emma Ruth Rundle. Elle assurait, seule sur scène avec sa guitare, la première partie de Chelsea Wolfe. Si j’ai détesté la performance maniérée de la seconde, j’ai en revanche été bouleversée par celle, poignante et sensible, de la première. Guitariste de The Nocturnes, puis de Red Sparowes et de Marriages, la talentueuse artiste américaine a plus d’une corde à son arc, et elle ne le prouve jamais aussi bien que lorsqu’elle chante ses propres compositions. Merveilleusement écrites, elles sont intimes et saisissantes, émouvantes et habitées.

« On Dark Horses » est paru en septembre chez Sargent House, et je vous le recommande vivement. Lire la suite

CAT POWER Stay

Sensible et émouvant, tel est une fois de plus le nouvel album de Cat Power. Mais, si c’est une guitare que tient la musicienne sur la pochette de « Wanderer », c’est toujours au piano que je la préfère. Là où elle excelle à magnifier sa sensibilité artistique à fleur de peau, comme elle le fait dans sa sublime reprise de la chanson Stay, initialement chantée par Rihanna en 2012.

Une interprétation folk, chaude et épurée, douceur parfaite de cette fin d’année. Lire la suite

KRAMIES Of All The Places Been & Everything The End

C’est en Irlande, à la faveur d’un séjour derrière les murs d’un vieux château, imprégné de la beauté de ses paysages environnants, que Kramies a puisé l’inspiration des chansons de son nouvel EP. « Of All The Places Been & Everything The End » vient tout juste de paraître. Il est un nouveau bijou à la croisée d’une dream pop soyeuse et d’une folk éthérée, signé du talentueux songwritter américain. Lire la suite