BLONDE REDHEAD 3 O’Clock au Trianon

Blonde Redhead est certainement l’un des groupes les plus troublants qui me soit donné d’aimer. Naviguant d’un noise rock débridé à une pop gracieuse, d’une voix féminine à une voix masculine, le trio new yorkais aime brouiller les pistes, expérimenter et déconcerter. Et il le fait avec un talent qui prend tout son sens sur scène, où il excelle à distiller un son inimitable.

La japonaise Kazu Makino, et les jumeaux italiens Amedeo et Simone Pace étaient de retour à Paris le 1er mars pour fêter leurs 20 ans de carrière et la sortie de leur nouvel EP, « 3 O’Clock ». Un moment d’une intensité qui a semblé faire se suspendre le temps. Brillant. Lire la suite

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EXPLOSIONS IN THE SKY au Trianon (Paris) et au Berns (Stockholm)

Explosions In The Sky_Trianon_09.06.2016_Totoromoon (10)

Voilà plus de quatre ans que j’attendais le retour en France des post-rockeurs les plus chers à mon coeur. Quatre années d’attente ponctuées par les sorties de belles bandes originales de film et d’un récent album qui n’a pas réussi à convaincre tous leurs fans mais qui, pour ma part, m’a enchantée, confirmant la place de numéro 1 qu’ils occupent dans mon coeur depuis de nombreuses années (ma chronique de « The Wilderness » à lire ou à relire).

Explosions In The Sky est un groupe qui n’a pour moi aucun égal. Un groupe qui a créé un son unique au monde, source d’inspiration pour de nombreux autres musiciens dans son sillage. Un groupe qui, avec une poignée d’autres, est à l’origine de ce genre fabuleux qu’est le post-rock.

C’est aussi un groupe dont la musique prend tout son sens en live. Un groupe qui sait admirablement sublimer ses morceaux sur scène. Procurant des émotions sensationnelles. Sachant convaincre même les moins convaincus. Car, à moins d’avoir un coeur de pierre ou d’être pétri de mauvaise foi, impossible de ne rien ressentir lors d’un de leurs concerts. Pour l’hypersensible que je suis, ce sont des larmes assurées à chaque fois. Alors évidemment, quand ont été annoncées les dates de leur tournée mondiale, avec passage à Paris, puis à Stockholm où je devais aller en vacances, je me suis ruée sur les billets.

Au Trianon, ce fut mon 4e concert d’Explosions In The Sky, et sans aucun doute le plus mémorable. D’abord parce que cette salle est sans conteste la plus parfaite des salles parisiennes. Joli théâtre à l’italienne tout de velours rouge vêtu, elle propose 1000 places réparties entre une belle fosse et deux niveaux de balcons, et dispose d’une acoustique irréprochable, parfaite pour les sons aériens du post-rock. Ensuite parce que le set offert ce 9 juin par les post-rockeurs texans fut le plus inouï que j’aie jamais entendu. Et enfin parce que j’ai eu la chance incroyable, alors que le concert était terminé depuis 2h et que je rentrais après avoir bu un verre avec des amis, de rencontrer mon idole le guitariste Munaf Rayani dans la rue… Munaf, celui qui, à chaque concert du groupe en France, prend le micro pour dire quelques mots en Français et lancer le show en annonçant : « Nous sommes les Explosions Dans Le Ciel ». Munaf, mon héros, qui a pris le temps d’écouter avec bienveillance les quelques mots que je lui ai bafouillés, toute émue, avec mon plus affreux accent anglais, et qui a désormais une carte de visite « Totoromoon » dans la poche de sa veste. Munaf dont la gentillesse m’a emplie le coeur de bonheur.

Alors, à aller voir les Explosions In The Sky en concert deux fois en quelques jours, à arborer fièrement le tee-shirt du groupe, et à me faire prendre en photo tout sourire baba dehors avec Munaf, il paraît que je vire groupie. Sans doute. Loin d’en avoir honte, je l’assume totalement. Car virer groupie d’un groupe au talent, à la générosité et à la gentillesse exemplaires, me comble de joie. Je persiste à croire que si le monde était plus plein de groupes véhiculant une image comme la leur, il n’en serait que meilleur.

Ce 9 juin, à Paris, les Explosions In The Sky ont offert à leurs fans une soirée à leur image : magique. Et, à voir tous les sourires béats croisés à la sortie du concert, je crois que je ne suis pas la seule à le penser. Lire la suite