UNTITLED WITH DRUMS Hollow

Il est parfois des disques qui arrivent à point nommé dans nos vies. Mettant des sons et des voix sur nos émotions. Traduisant en note à la perfection notre état du moment, et les mots parfois coincés là.

« Hollow », premier album d’Untitled With Drums, fait partie de ces disques arrivés à point nommé dans ma vie. De ceux qui parviennent à mettre en musique ce qui est là, à la fois tout au fond et tout prêt à surgir. A le faire sortir de moi. A le faire hurler. Puis à l’apaiser. Quand ressurgissent les torrents de larmes, les angoisses et la rage enfouis. Quand, une fois encore, la tempête en moi vient torpiller le calme que je m’évertue à garder.

Ce calme que je tente de conserver à grand peine depuis plusieurs jours, terrée dans mon petit studio sur les toits de Paris, yeux rivés vers le ciel pour ne pas perdre pieds, en ne cessant de penser à ceux qui, aujourd’hui, se battent plus que jamais pour sauver des vies, et dont mes frères et soeurs, notamment, font partie.

Untitled With Drums, ce sont cinq musiciens de la scène rock clermontoise. Ils écoutent Slint, Failure et Cave In. Ils aiment le rock alternatif, la noise des années 90 et le post-rock. Et ils parviennent avec talent à faire se marier ces genres dans un album tendu sur le fil de compositions aussi écorchées que subtiles, dont les voix faites à la fois de douceur et de rage viennent m’aider, mieux qu’aucunes autres, à faire sortir de moi tout ce qui a besoin de l’être ces jours-ci. Et j’espère qu’elles sauront avoir cet effet salvateur sur vous aussi.

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DEAD Dreams

Ceux qui me connaissent le savent, il n’y a pas que le post-rock et le néo-classique dans ma vie amoureuse musicale. En même temps, comment pourrais-je être née l’année de la sortie d’ « Unknown Pleasures », soit l’un des meilleurs albums de tous les temps, et être insensible à la cold wave et au post-punk ? Impossible. Mon année de naissance me prédestinait à aimer pleurer et danser dans l’obscurité au son de Joy Division, The Cure et consorts.

Parmi les héritiers de ce mouvement cher à mon coeur et à mon enfance, il est en France un groupe que j’aime particulièrement. Il s’appelle Dead, il est né à Rennes il y a dix ans, et il ressuscite mieux qu’aucun autre les meilleures heures d’une cold wave sombre et glacée. Après deux EP et un album noirs et savoureux (tous déjà chroniqués ici), Dead a donné le jour cet automne à « Dreams », un nouvel opus aussi ténébreusement captivant que ses prédécesseurs. A découvrir absolument. Lire la suite

BLANKENBERGE More

Par les bons soins des Russes de Blankenberge, le shoegaze est de retour chez Totoromoon. Pour mon plus grand bonheur et celui de mes tympans. « More » est le deuxième album du groupe. Paru tout juste un an et demi après l’enchanteur « Radiogaze », dont quelques exemplaires vinyles sont encore disponibles chez Elusive Sound, « More » s’inscrit dans la droite ligne de son prédécesseur. Toujours envoûtantes, les ondes brumeuses de guitares saturées et de voix lointaines viennent envelopper l’auditeur, le perdant au coeur d’un voyage dont la destination restera pour toujours une énigme. Onirique et savoureux à souhait. Lire la suite

TANGLED THOUGHTS OF LEAVING No Tether

Intérêts musicaux : « Magnets, dinosaures, rêves dans lesquels on monte des dinosaures. » Ainsi Tangled Thoughts Of Leaving se présente-t-il sur sa page Facebook. Une description d’intérêts parfaitement adéquate avec la musique à la fois déconcertante et captivante du groupe.

Il y a de cela trois ans, je vous parlais de ma découverte de Tangled Thoughts Of Leaving (ma chronique de cette rencontre à retrouver ici). Alors qu’il fête cette année les dix ans de son tout premier EP, le quartet australien vient de donner le jour à un nouvel album. Avec « No Tether », Tangled Thoughts Of Leaving explore encore de nouveaux horizons, repoussant plus loin les limites de ses expérimentations sonores. Entre post-rock, post-metal, noise, jazz et musique expérimentale, un disque intense et saisissant, à découvrir. Lire la suite

MIA VITA VIOLENTA Grey Seas

Je venais d’avoir 16 ans quand Blonde Redhead a sorti « La Mia Vita Violenta ». Deuxième album du trio italiano-japonais basé à New York. Bombe rock inclassable, portant en étendard la dissonance et l’expérimentation sonore. Bijou. Qu’un jeune groupe français lui emprunte son nom me semblait osé. Il faudrait être à la hauteur du chef-d’oeuvre. Avec « Grey Seas », paru à la fin de l’année dernière, Mia Vita Violenta relève le défi haut la main. Et il fait même davantage, en signant lui aussi un bijou. Lire la suite