KEREN ANN Strange Weather

Il paraît que demain, c’est la Saint Valentin. Moultes publicités, vitrines et autres sollicitations commerciales sont là pour nous le rappeler. Difficile donc de l’oublier. Au moment même où j’écris ces lignes, une notification du site « La Fourchette » m’interrompt, en m’envoyant un message contenant « les meilleures adresses sélectionnées par Cupidon », le tout agrémenté d’un petit coeur rouge traversé d’une flèche. Cette flèche qui vient tout droit se planter dans le mien, de coeur, pour me rappeler que moi, d’amoureux, je n’en ai plus depuis longtemps. Encore un bon coup de remuage de couteau dans la plaie, en règle.

Qu’à cela ne tienne, pas besoin de Valentin, ni des sélections gastronomiques de Cupidon, pour avoir envie de célébrer l’amour, chacun à sa manière. Et ma manière préférée, dans ce monde où l’on manque souvent cruellement de douceur et d’amour, c’est d’écouter et de partager des chansons. Alors, même si je ne crois pas qu’il faille le faire ce jour-ci plus qu’un autre, l’occasion est trop belle, écoutons des chansons d’amour. Des chansons d’amour tristes et belles, bien sûr, comme je les aime. De celles qui remuent le coeur, et font sortir toutes les larmes qu’on a en stock à l’intérieur.

La chanson que j’ai choisie pour l’occasion m’est arrivée par les hasards bienheureux du web. De ceux venus des enchaînements, souvent incompréhensibles, de vidéos Youtube. Un jour est ainsi arrivé dans mes enceintes ce Strange Weather, daté de 2011 et pourtant encore totalement inédit pour moi. Le nom de Keren Ann me disait bien quelque chose, mais j’aurais alors été bien incapable de citer ne serait-ce qu’une seule de ses compositions. Toujours est-il que ce morceau, de sa voix soyeuse et de ses vibrations de thérémine saisissantes, est immédiatement venu s’accrocher à moi. Et, depuis, ses crescendos déchirants n’en finissent pas de revenir me hanter. Il est la douceur émouvante que j’ai choisie pour vous en ce mois de février, et j’espère que vous l’aimerez autant que je l’aime. Lire la suite

PATRICK WATSON Wave

Se faire renverser par une vague. Réaliser que tout ce qu’on a dans la vie peut être effacé en un instant. Ne pas se noyer pour autant. Et apprendre à se chanter des chansons d’amour quand personne d’autre ne le fera, pour revenir au monde, tout doucement.

« Wave » est le sixième album de Patrick Watson. Il est aussi le plus personnel et le plus intime jamais écrit par le songwriter québécois et son groupe. Un petit bijou de mélancolie tendre, sur la perte et sur l’amour, que je ne me lasse pas d’écouter et réécouter depuis plusieurs semaines, paisiblement. Lire la suite

DEATH CAB FOR CUTIE A Lack Of Color

Depuis 1997, Ben Gibbard et Death Cab For Cutie enchantent l’indie rock américain. Et, depuis quelques mois, un de leurs morceaux enchante mon petit appartement du 11e arrondissement de Paris. Il y vient, les soirs tristes, me remettre la douceur au coeur et la légèreté à l’âme. Il s’appelle A Lack Of Color, et il est extrait de « Transatlanticism », quatrième album du groupe, paru en 2003.

J’ai eu envie de le partager avec vous ce mois-ci, et j’espère qu’il saura ensoleiller vos coeurs comme il ensoleille régulièrement le mien. Lire la suite

OROUNI Partitions

Projet du talentueux songwriter Rémi Antoni, Orouni est à la pop made in France ce que Belle & Sebastian et The Divine Comedy sont pour moi à la pop britannique. Des joyaux aussi beaux que subtils et délicatement ciselés.

Après « Somewhere In Dreamland », l’EP le plus lumineux de mon année 2017, Orouni est de retour avec un nouvel album. Fort d’une pop toujours gracieuse et gorgée de soleil, candide sans pour autant manquer de sérieux, « Partitions » est sans nul doute l’album le plus ambitieux composé à ce jour par Orouni. Des mélodies accrocheuses, des orchestrations originales, des arrangements soignés. Un album plus riche et plus raffiné que jamais. Lire la suite

SAN CAROL Houdini

Derrière San Carol se cache Maxime Dobosz, jeune musicien passionné, attachant et talentueux. Maxime est un inventeur. Il aime faire parler les silences. Inventer la musique. De la pop, il fait une symphonie. Elle est foisonnante et délicate. Puissante et sensible. « Houdini » est le troisième album qu’il réalise aux commandes de San Carol, avec ses comparses de VedeTT et de Pégase. Et il est absolument délicieux. Lire la suite

MERMONTE Acroamatic

« Mes yeux sont tristes. Mon coeur est lourd. Mon ciel est noir.
Ma plume est sombre et j’ai beaucoup hésité avant de la reprendre.
Car aucun mot ne pourra transcrire assez bien ce que j’ai ressenti ce 13 novembre.
Et ce que je ressens encore. »

Trois ans après, je n’oublie pas. Je n’oublierai jamais.

Le 13 novembre 2015, au Bataclan et dans les rues de Paris, la mort a remplacé la joie, et la barbarie est venue souiller un des endroits qui m’est le plus cher au monde. Cet endroit où mon coeur se soulève et où, à la faveur des notes de musique, j’oublie tout.

Il y a trois ans, j’écrivais l’effroi et la tristesse. J’écrivais mon coeur piétiné par le chagrin.

Aujourd’hui, la douceur, l’art, la beauté, l’amitié et le partage sont une fois de plus, et plus que jamais, ce dont j’ai besoin. Et c’est toujours avec l’espoir que la joie et l’amour triomphent sur la haine et la terreur que je continue à écrire. A me rendre à des concerts. A partager. A rêver. Lire la suite

HER NAME IS CALLA The Dead Rift EP

Depuis bientôt 15 ans, Her Name Is Calla oeuvre à distiller du lyrisme dans la pop, et de la pop dans le post-rock. Le groupe anglais aime brouiller les pistes et mêler les genres, et il le fait avec un talent remarquable, et avec une merveilleuse poésie. Son dernier EP, « The Dead Rift », est paru il y a quelques jours, et je vous le recommande vivement. Lire la suite

KID AMONG GIANTS Kid Among Giants

Derrière Kid Among Giants se cache Robin Boulay. Il vit à Tours, il a 21 ans. Après un premier EP sorti en 2016, ce jeune artiste vient de donner le jour à un nouvel opus. Il s’intitule sobrement « Kid Among Giants », comme pour mieux définir son identité, et il déploie une merveille simple et belle de dream pop éthérée. A découvrir. Lire la suite

GARCIAPHONE Dreameater

Quoi de mieux pour sortir doucement de l’hiver qu’un bel album de pop acoustique enchanteresse ? Mené par le talentueux Olivier Perez, Garciaphone a donné le jour il y a quelques mois à son troisième album. De ses mélodies délicatement lumineuses, « Dreameater » vient manger les rêves. Sur lui, planent les fantômes d’Elliott Smith et Jason Lytle, mais ses arrangements aériens et son voile de lumière sensible et radieux sont uniques. Un délice à savourer sans modération. Lire la suite

OROUNI Somewhere In Dreamland

Quelques semaines avant Noël, par les bons soins d’Orouni, l’EP le plus lumineux de l’année est arrivé dans ma boîte à lettres. A point nommé pour ensoleiller une fin d’année morose. « Somewhere In Dreamland » a fait partie de ma sélection des meilleurs EP de l’année 2017, et il est à découvrir absolument. Lire la suite