ENDLESS DIVE Endless Dive

Il est des sentences au sujet du post-rock qui me font dresser les cheveux sur la tête. Passe encore quand je les entends, au détour d’une conversation alcoolisée, alors qu’un interlocuteur, qui n’y connaît rien, se lâche et se répand en grandes diatribes sur la musique instrumentale et son absence totale d’intérêt. Passe beaucoup moins bien, toutefois, quand je viens à lire ces mêmes sentences à l’écrit dans un article qui se veut un poil sérieux, et un poil connaisseur, au sujet de ce type de musique.

En préparant ma chronique sur le quatuor belge Endless Dive, je suis ainsi tombée, au détour d’internet, sur l’article d’un webzine spécialisé en musiques alternatives. Un article en principe écrit par des amateurs de musiques sortant des sentiers battus, donc. Pourtant, quand j’y lis que le post-rock est une musique dont l’intérêt se résume à pouvoir s’écouter « sans y prêter attention », « en dilettante » et même « en fond sonore », j’ai la moutarde qui me monte au nez. En même temps, c’est bien, ça m’occupe l’esprit d’avoir de la moutarde au nez au sujet de la musique. Ça m’évite de penser à des choses autrement plus contrariantes. C’est un agacement simple et sain, dans ce monde de brutes.

Certes, le post-rock ne demande pas de se concentrer pour saisir des paroles, car, la plupart du temps, il n’en a pas. En revanche, il demande de se concentrer pour saisir toute la substantifique moëlle mélodique, la beauté du chant des instruments, des constructions subtiles et progressives, du travail sur les textures. Ce n’est pas un « fond sonore ». C’est de la musique. Construite, travaillée. Ça s’apprécie (ou pas), mais ça s’écoute pour de vrai.

Ceci étant posé, j’aimerais vous parler plus avant de ce jeune quatuor venu de Tournai, qui a donné naissance à son premier EP éponyme à la fin de l’année dernière. Avec ce premier opus, Endless Dive ne révolutionne pas le genre, mais il produit un joli petit disque de post-rock instrumental atmosphérique aux beaux contrastes, à découvrir.

Du haut de ses cinq titres, l’EP propose un peu plus de 24 minutes de guitares aériennes et de percussions énergiquement et habilement dosées. Si je regrette globalement le manque de clarté du son, notamment sur l’ouverture du disque, les mélodies sont toutefois joliment travaillées, agrémentées de quelques abrasions de guitares, de montées en puissance savoureuses et d’un final en majesté avec les huit minutes trente du réussi Gravity Always Wins. Un jeune groupe à suivre.

Endless Dive sera en concert le 25 novembre à Namur avec les math-rockeurs bruxellois de Rince-Doigt, dont je vous parlais l’année dernière (ma chronique de « Plinth » à lire ou à relire ici). Amis belges, à vos agendas.

Pour découvrir l’EP :

Et une session live à l’Attic Studio :

Tracklist :

  • 89mmHg
  • Atoms
  • Lifthome
  • Heavy Clouds
  • Gravity Always Wins

Bandcamp : https://endlessdive.bandcamp.com/
Facebook : https://www.facebook.com/endlessdive/

Totoromoon

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