RELIEFS en interview pour la sortie de Nos Yeux

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Si vous suivez Totoromoon avec assiduité depuis un certain temps, vous savez à n’en pas douter qui est Reliefs. Et si vous avez un goût musical sûr, vous aimez à n’en pas douter Reliefs. Reliefs, ce trio franco-québécois passionné de rock, de scène et de musique créative, né à Montréal en 2013.

Après plusieurs EP réussis, David Lévesque (batterie et percussions), Alexandre McGraw (guitares et claviers) et Maxime Sollier (basse) viennent de donner le jour à leur premier album. A cette occasion, ils ont eu la gentillesse de bien vouloir répondre à mes questions, lors d’une séance Skype qui a réuni Montréal, Barcelone et Bordeaux… et je les en remercie infiniment.

Entre puissance rock et délices atmosphériques, « Nos Yeux » fait la part belle à des compositions aux sonorités originales et inspirées, aux rythmes enlevés, et à ces contrastes à la fois escarpés et délicats qui font toute la saveur épique de Reliefs. Maxime s’étant installé à Bordeaux en 2015, l’album a été composé pour partie à distance, puis enregistré en février dernier à Montréal, en collaboration avec Stéphane Vernier et Loïc Suty, au mixage et à la réalisation.

Les yeux, rouges, grand ouverts, questionnent notre monde et, au gré d’un voyage instrumental inspirant, nous laissent le soin de fabriquer nos propres images pour le rendre meilleur.

Le premier album de Reliefs vient tout juste de sortir, et il est urgent de se précipiter pour l’acheter.

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C’est pour moi un grand bonheur de pouvoir interviewer votre groupe, qui est cher à mon cœur et que je suis assidûment depuis la sortie d’un premier EP, « Sans Mer », paru en juin 2014. Pouvez-vous nous dire comment est né le projet Reliefs ?

David : Alex et moi jouions de la musique dans un local, puis nous avons cherché un bassiste. Par petites annonces j’ai trouvé un bassiste qui avait une présentation intéressante et m’a répondu sans aucun délai et dans un français impeccable, ce qui fait du bien ! [rires] Je lui ai envoyé des chansons, il s’appelait Maxime Sollier. Quand on a répété ensemble il connaissait déjà toutes les chansons et était tight tight tight (= précis) ! [rires] A l’époque on croyait qu’on devait trouver un chanteur mais Maxime trouvait que c’était juste très bon comme ça, instrumental. C’est un peu Maxime qui nous a poussé à aller dans l’instrumental.

Maxime : Oui, c’est plutôt ça. On a beaucoup répété sur des créations d’Alex et David et d’autres personnes qui collaboraient avec eux auparavant, et on en a créé d’autres ensemble. En mixant tout ça on avait de quoi faire un set complet, et on a décidé de faire des concerts. Moi je trouvais que c’était effectivement suffisant pour pouvoir proposer un show et ça a bien marché. La réception du public était plutôt bonne. Et on a ensuite décidé d’enregistrer des EP puis de se lancer à trois dans l’instrumental. C’était assez naturel, c’est allé assez vite et puis on a continué comme ça, sans chercher de chanteur. On précise qu’on a essayé une fois avec un chanteur et que ça a été absolument catastrophique ! Depuis on n’a jamais retenté l’expérience.

Votre musique respire la poésie et les grands espaces : quelles sont vos sources d’inspiration quand vous composez ?

Maxime : Quand on compose, je ne suis pas sûr qu’il y ait une source d’inspiration précise. En plus maintenant on ne se retrouve plus toutes les semaines, et du coup quand on se retrouve il y a une vraie force et on sait tout de suite quand le morceau est bon ou pas bon, ou en tout cas dégage quelque chose qui nous plaît ou qui ne nous plaît pas, quelque chose dans lequel on a envie d’aller plus loin ou non. Quand il y a un riff qui est bon, on le sait, on le sent puis généralement on enchaîne. Je ne suis pas sûr qu’on pense à une influence particulière quand on compose.

Alex : C’est assez spontané. On sent en improvisant quand on sort une belle mélodie qui nous touche ou non.

Votre son est très original dans le paysage musical actuel, y a t-il malgré tout des groupes que vous aimez écouter et qui ont pu influencer votre musique ?

Maxime : C’est sûr que notre musique doit ressembler un peu à ce qu’on écoute aussi, d’une certaine manière. Je sais que dans notre biographie on met Mogwai ou Sigur Rós, mais je n’estime pas arriver à la cheville de groupes comme ça, qui sont bien meilleurs mais aussi différents. Mais oui il y a une influence parce qu’on les écoute, on se laisse inspirer par des belles mélodies, des belles montées. Moi j’aime autant écouter ça que du punk rock, comme Alex, de l’indie rock « classique » ou de la folk.

David : J’aime beaucoup différents styles de musique. L’année dernière quand on a fait la tournée en France, sur la route on avait un choix limité de CD parce qu’on ne pouvait pas faire jouer les MP3 dans la voiture. Et parmi les CD il y en avait un qui s’appelait « Noise in France » un CD de compilation de plusieurs excellents groupes qui jouaient du noise. A l’époque pour moi c’était un peu une découverte et j’ai l’impression que ça a peut-être influencé quelque chose sur l’album « Nos Yeux », sans faire du noise pour autant.

Maxime : Oui c’est possible. La compil était super bonne et d’ailleurs bonne nouvelle les gars, il y a un « Noise en France II » qui est sorti ! Nouveau CD pour la nouvelle tournée ! [rires]

Certaines personnes ne conçoivent pas la musique sans paroles, que représente pour vous la musique instrumentale ? A-t-elle une force particulière ?

Alex : C’est sûr que c’est complètement différent, ça ne pourra jamais être vraiment radiophonique ou un hit, un tube. C’est beaucoup plus de la musique qui doit accompagner une performance live ou des images. Je pense que faire de la musique instrumentale ce n’est pas plus restrictif mais le fait qu’il n’y ait pas de paroles en fait peut-être quelque chose de plus universel. Donc peut-être que l’année prochaine on pourra jouer au Japon ?!

Maxime : Mais oui on y travaille ! [rires] C’est vrai qu’on ne cherche pas à être ou devenir hype, donc ça peut compliquer un certain « succès » disons. La hype est souvent éphémère et, parfois, injustifiée. Même si on souhaite bien sûr qu’un maximum de personnes nous écoute, elle ne nous intéresse pas vraiment. Selon moi on a un autre créneau de « réussite » possible, c’est justement de pouvoir s’exporter pas mal n’importe où vu que notre musique est instrumentale. C’est notre chance et notre objectif.

Comment avez-vous vécu la genèse de « Nos Yeux », votre premier album ?

Alex : C’est tout un périple !

Maxime : Bien joué (ndlr : Le périple est un titre de l’album) !

David : « Nos Yeux » a été composé en grande partie à distance. C’était super intéressant après la tournée de ne pas jouer ensemble mais de s’envoyer des idées puis de mijoter ça chacun de notre côté. C’est un processus qu’on n’avait jamais fait ensemble auparavant. Quand on s’est regroupés pour assembler tout ça, il y avait l’espèce de chimie qu’on a tous les trois, qui a concrétisé toutes ces idées là et les a rendues géniales.

Maxime : Je pense qu’on a tous vécu une expérience dans l’expérience. Chacun de notre côté, on a fait nos compositions, on a travaillé des choses, on a écouté. On s’est vraiment donné du mal. On n’a pas lâché, parce qu’on aurait pu abandonner, mais on avait quand même, avant de rentrer en studio, en février à Montréal, 7 ou 8 morceaux qui avaient une structure finie. La difficulté était de voir si ça allait fonctionner en live. C’était quand même tout un défi. Plusieurs morceaux qui sont aujourd’hui sur l’album étaient à ce moment-là très embryonnaires et ont été composés pendant la résidence puis en studio (Le périple, Nos yeux, Sentier).

David : L’expérience studio était assez fantastique. Travailler avec des amis qui ont pris le rôle de réalisateurs et qui sont d’excellents musiciens. Travailler avec un quatrième et un cinquième regard sur la musique. Proposer des trucs parfois complètement dingues et qui marchaient. Il faut aimer en studio pouvoir changer des trucs dans les morceaux, à la volée, et se rendre compte que ça marche. Ne pas être attaché à quelque chose qu’on aurait déjà joué et rejoué. Tout était frais et spontané.

Alex : Il y a même quelques boucles qui ont été complètement improvisées et qui se retrouvent sur l’album. Ou même des petits riffs de guitares.

Maxime : Oui d’ailleurs nos « collègues » s’appellent Loïc Suty et Stéphane Vernier. Ils avaient des bonnes idées, ils nous ont mis au défi, dans le noir à un moment par exemple. On a réussi à faire l’album tous les trois à distance, mais c’est aussi parce qu’ils étaient là dans les emails et nous aidaient beaucoup à nous structurer nous-mêmes. Ils ont été un peu notre papa et notre maman pendant toute cette période. Ils sont aussi importants que nous sur ce premier album, vraiment.

Et que signifie pour vous le choix de ce nom évocateur pour l’album ?

Alex : « Nos Yeux » vient entre autre de la pièce qui s’appelle « Nos yeux qui s’habituent à la noirceur », une phrase qui vient d’une chanson du groupe québécois Avec Pas d’Casque, qui est une chanson évocatrice de beaucoup d’images. C’est resté, ça a collé quand on cherchait un titre d’album.

Maxime : On a passé du temps à essayer de trouver un titre d’album sur lequel on était tous d’accord. Et celui-ci a fait l’unanimité, c’est un beau titre je trouve.

David : Oui ça fait du bien de voir le monde qui nous entoure. On a besoin d’évasion. On utilise la musique parce qu’on aime ça, pas tant pour passer un message politique, mais plus des émotions, des images.

Qu’aimez-vous faire quand vous ne jouez pas de la musique ?

Alex : Ecouter de la musique. Voyager.

Maxime : Moi aussi, mais aussi plein d’autres choses. Faire du sport, sortir, boire des verres, voir des films, voir des concerts…

David : Faire du vélo.

Maxime : Ah oui faire du vélo, beaucoup. Plein de choses normales en fait ! [rires]

Vous vous apprêtez à entamer une nouvelle tournée en France : quelles relations entretenez-vous avec la France ? Et comment vivez-vous ces rencontres live ?

Maxime : Moi étant Français, j’entretiens une très bonne relation avec mon pays. Malgré le fait qu’il fasse face à de nombreux problèmes, je l’aime beaucoup.

David : Jouer de la musique en France c’est tellement beau. Chaque ville dans laquelle on débarque c’est de toute beauté. Les vieux centres. Peu importe où on est, les gens sont sympathiques, il y a une belle réception, un contact. C’est toujours super agréable d’entendre les commentaires de gens qu’on ne connaît pas. Quand on joue à Montréal, les gens nous connaissent et on est contents de les voir, mais lorsqu’on arrive en France on découvre les gens, on reçoit de bons commentaires sur notre musique et ça nous fait très plaisir. Et puis en France il y a de bons kébabs, comme à Bordeaux ! [rires]

Alex : J’ai vraiment hâte d’y retourner. Je pense qu’en tant que groupe, musiciens, on est mieux accueillis qu’au Québec. On fait plein de shows au Québec mais à part ton cachet et une bière rien d’autre n’est fourni. J’ai l’impression qu’en France on est mieux encadrés.

Maxime : Quand on a joué en juin, il y a des dates où on n’était pas payé, où on devait booker nous-mêmes les salles. En France, avoir des associations qui nous payent le minimum pour qu’on puisse prendre la route, l’hébergement, les repas, ça fait quand même du bien. Il y a une grosse différence pour les tournées en France.

Alex : J’adore la culture d’association en France. D’arriver dans une ville et de rencontrer ces gens-là, d’être hébergés par ces gens-là et de partager avec eux la journée.

Quel est votre meilleur souvenir depuis la naissance de Reliefs ?

David : Faire la session live chez Nomad la première fois. C’était l’été, on a joué, il faisait chaud. Et évidemment j’ajouterai la tournée en France, la première tournée qu’on a faite l’année dernière, c’était merveilleux.

Alex : Le studio c’était fun. Surtout la première journée quand on a fini, on avait enregistré quatre ou cinq chansons, c’était accompli…

Maxime : Oui on savait que ça allait être bon quand on a fini la première journée. Je pense qu’on est tous d’accord pour dire que la première tournée en France était excellente. Et celle-ci s’annonce vraiment très bonne aussi.

Alex : La barre est haute !

Maxime : Oui la barre est haute ! Mais là on sent qu’on a un peu plus travaillé notre tournée, on a un album à défendre, on aura des vinyles, des CD. On est un peu plus prêts. C’est vrai aussi que la session studio à Montréal en février, quand on s’est retrouvés après 6 mois à distance et qu’on a réussi à rejouer, à refaire des morceaux qu’on aime écouter, qu’on a hâte de jouer en live… c’est aussi de bons souvenirs. Ça fait pas mal de supers souvenirs : le studio et la dernière tournée, puis celle à venir, et celle au Japon aussi à venir, qui sera super j’en suis sûr, quand elle arrivera !

Un grand merci Reliefs !

Reliefs à Paris pour la release party de "Nos Yeux" - L'International 30/09/2016

Reliefs à Paris pour la release party de « Nos Yeux » – L’International 30/09/2016

Pour découvrir l’album :

Tracklist :

  • Trialogue
  • Le périple
  • Comète
  • Sans voix, ni toi
  • Pow wow
  • Ecouter le soleil
  • Comète (Pt II)
  • Nos yeux qui s’habituent à la noirceur
  • Sentier
  • La ruée vers l’aube
  • Comète (Pt III)
  • Les échos mille fois entendus
  • La soif

Site web : https://reliefsmtl.com/

Bandcamp : https://reliefs.bandcamp.com/
Facebook : https://www.facebook.com/RELIEFSmtl/

Eglantine / Totoromoon

Reliefs à Paris pour la release party de "Nos Yeux" - L'International 30/09/2016

Reliefs à Paris pour la release party de « Nos Yeux » – L’International 30/09/2016

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