KRAMIES en interview pour la sortie de « Forêts Antiques »

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Kramies photographié par Jérôme Sevrette

En ce 28 octobre, le talentueux songwriter américain Kramies est de retour avec la parution d’un opus au joli nom français, « Forêts Antiques ». En écoutant celui-ci, vous aurez le bonheur de vivre sa prestation live donnée au Grand Théâtre d’Angers comme invité spécial des angevins de A Singer Must Die le 8 avril dernier.

Ici, la voix subtile et délicate de Kramies est merveilleusement mise en valeur par le live, qui sublime plus que jamais la dream-pop aérienne et les mélodies lumineuses de cet artiste à la sensibilité à fleur de peau.

A l’occasion de la sortie de cet opus, j’ai eu la chance de pouvoir interviewer Kramies. Cette interview est la première que je réalise, et j’ai été heureuse de pouvoir la faire avec un artiste aussi modeste qu’il est généreux et talentueux. Elle est à découvrir en français, traduite par mes soins, puis en anglais dans sa version originale, pour les lecteurs non francophones de Totoromoon.

« Forêts Antiques » est en téléchargement libre sur le Bandcamp de Kramies.
Ici : https://kramies.bandcamp.com/album/for-ts-antiques

Tu es venu donner plusieurs concerts en France au printemps dernier, dont ce merveilleux set au Grand Théâtre d’Angers. Quel est ton lien avec la France ?

Ce séjour passé en France et les concerts que j’ai été honoré de donner ont laissé mon cœur plein d’amour pour ce pays. Ma relation avec le paysage est à présent un beau souvenir qui, j’en suis sûr, contribuera à mon écriture pour un long moment. Ces dernières années, la France et ses habitants ont été très gentils avec moi et je serai toujours reconnaissant pour tous les mots, comptes rendus et souvenirs merveilleux. C’est un peu pour cette raison que j’ai décidé de sortir « Forêts antiques » comme un EP live gratuit. J’ai voulu donner un simple petit cadeau en retour de toute la gentillesse que j’ai reçue.

Tu as partagé la scène avec Manuel Ferrer et les brillants angevins de A Singer Must Die, et l’artiste talentueux qui réalise tous tes visuels, Jérôme Sevrette, est aussi un français. Comment les as-tu rencontrés ?

Je suis ami avec Manuel depuis de nombreuses années maintenant. Je crois que nous avons commencé à discuter il y a longtemps, à l’époque où Myspace était populaire. Ça remonte à un moment ! C’est un chanteur brillant et un interprète passionné. Ce fut merveilleux de partager la scène au printemps dernier avec quelqu’un d’aussi talentueux que lui. Jérôme est tout simplement un génie. Les photos qu’il a réalisées pour mes trois derniers albums sont fantastiques. Je crois que nous avons commencé à être amis à l’époque où il achevait son premier livre de photographies, « Terres neuves ». Tous deux m’ont beaucoup aidé et sont de très grands amis. C’est toujours agréable de pouvoir travailler avec des amis – et d’avoir des amis – qui partagent des visions communes de l’art et des images. Ce fut comme un rêve de pouvoir passer du temps avec eux en France. Je suis impatient de revenir et de faire encore plus de choses avec eux.

Tu es né dans l’Ohio, mais tu as des origines néerlandaises. Te sens-tu proche de tes racines européennes ?

Je ressens une forte connexion et attirance pour l’Europe. Je ne suis pas certain de savoir ce que c’est ni d’où ça vient. Malgré tout je crois que pour moi c’est davantage l’amour des paysages envoûtants, des gens et des contes de fées. Je ne me sens pas lié à des racines en particulier, je tombe juste amoureux des moments que je vis et des sentiments que je ressens quand je passe du temps dans d’autres pays. J’ai l’impression que c’est ce qui m’aide à composer mes paroles. Châteaux, architectures anciennes, et la beauté poétique m’ont toujours attiré vers l’Europe.

Est-ce pour cela que tu as choisi un titre en français pour ton nouvel album, « Forêts antiques » ? Que signifie ce titre pour toi ?

Oui, et aussi je me souviens que quand j’étais enfant j’étais vraiment charmé par les bois et les forêts et pouvais m’asseoir des heures sous les arbres tout seul, en pensant à d’étranges histoires. Maintenant il m’arrive parfois de refaire la même chose, m’échappant dans le silence des arbres où je suis le plus heureux. La nuit du concert au Grand Théâtre d’Angers m’a semblée très semblable, apaisante et unique. En enregistrant le concert en France dans un théâtre si beau et si ancien, j’ai pensé que « Forêts Antiques » serait un nom merveilleux dans votre belle langue.

Ta musique est toute en volutes oniriques, elle semble guidée par l’émotion et je l’imagine peindre des paysages où la nature est belle, à la fois mélancolique et lumineuse. Peux-tu nous dire ce qui t’inspire quand tu composes ?

Wow ! Merci. C’est très gentil à toi de dire ça. C’est un merveilleux compliment. Tout ce que j’écris semble venir directement de l’émotion. C’est la seule façon que je connaisse d’écrire. Je trouve toujours l’amour au sein de la tristesse ou la joie dans les émotions perdues et j’essaie de mettre ça à l’intérieur de mes chansons et paroles. Je pense que je suis plus un artiste visuel qu’un musicien. Je suis le plus souvent inspiré par des moments qui ralentissent le temps pour créer des images. Comme marcher parmi les feuilles sur des rues pavées ou regarder un bateau s’élever au gré des vagues sur fond de ciel gris. C’est, me semble-t-il, ce qui m’aide à créer de fortes émotions et me rend capable de peindre des histoires avec des mots et des sons.

Quelle est l’idée que tu te fais du bonheur ?

C’est une merveilleuse question, à laquelle il est difficile de répondre 🙂 Je pense que le bonheur est en quelque sorte de trouver du réconfort dans ce que l’on crée, d’être à l’aise dans son environnement et de vivre sans peur. J’ai toujours été un esprit heureux et je suis assez heureux ces temps-ci, maintenant plus que jamais, mais je crois que l’idée du bonheur pour moi serait de vivre dans un petit cottage en pierre au bord de la mer et d’écrire et d’enregistrer ces petites chansons.

Sur « The Wooden Heart », tu as travaillé avec un artiste cher à mon cœur, Jason Lytle de Grandaddy. Quelle relation as-tu avec lui et qu’est-ce que cette collaboration t’a apportée ?

La musique de Jason a un effet merveilleux sur beaucoup de gens et est magnifiquement intemporelle. J’aime tellement son travail. Ses chansons Somewhere There’s a Someone, Last Problem of the Alps et Underneath the Weeping Willow sont parmi mes préférées. J’ai rencontré Jason il y a bien des années, peut-être en 1998 ou 1999. J’ai assuré des premières parties pour Grandaddy et nous avions plusieurs amis communs à l’époque. Bien des années ont passé avant que nous ne reprenions le contact en 2012-2013 et décidions de travailler ensemble sur mon EP. C’est un type gentil, drôle et bien sûr super talentueux et je suis à tout jamais reconnaissant pour son travail sur « The Wooden Heart » EP en 2013 et mon single « The Fate That Never Favored Us » en 2015. Sa production et son amitié musicale ont apporté plus de maturité à ma musique que je ne pouvais l’imaginer.

Quand j’écoute ta musique, ce qui me frappe est cette profusion de sensibilité que tu parviens à distiller dans des pièces délicatement orchestrées et résolument optimistes. Est-ce que répandre la douceur et l’amour dans un monde où la dureté fait souvent loi est important pour toi ? Et crois-tu que la musique ait ce pouvoir ?

Tu es si gentille ! Wow, quelle merveilleuse description ! Je crois vraiment en l’amour et en ses effets sur les gens. Je n’ai jamais cherché à créer délibérément une émotion singulière, mais c’est important pour moi de répandre autant de bonté que je peux. En tant qu’artiste, je crois que c’est mon travail d’aider les gens à ressentir le plus d’émotions possibles en les transportant dans leurs souvenirs et en trouvant des moments et des lieux auxquels ils peuvent aussi se reconnecter. On peut toujours trouver le bonheur et le calme, même à travers des souvenirs tristes et des chansons étranges. Je pense réellement que la musique a ce pouvoir. Je n’ai jamais vraiment écouté beaucoup de musique en grandissant. Principalement de vieux chants de Noël et de la musique classique. Je me souviens en tant qu’enfant le pouvoir que cela avait parfois sur moi et, encore aujourd’hui, je peux ressentir les effets que ces vieux disques ont eu sur moi.

Je t’imagine enfant rêveur et solitaire, étais-tu comme cela ? Quel adulte te sens-tu être à présent ?

Ha ! J’étais un enfant très rêveur et timide. Je pouvais passer des heures à méditer dans mon esprit. À présent, en tant qu’adulte, je suis exactement le même. Je ris beaucoup maintenant aussi. Parfois je ris tellement que les gens autour de moi se mettent à rire sans raison. La plupart du temps, je trouve que me perdre dans de petites choses m’aide à rester dans mes rêves pensifs et je trouve là mon bonheur…

Merci Kramies !

English original interview :

You came to give several concerts in France last spring, including this wonderful set at the Grand Theatre of Angers. What is your relationship with France ?

This past visit to France and the concerts I was honored to performed have left my heart full of love for the country. My relationship with the landscape is now a beautiful memory that I am sure will contribute to my writing for a long time. Over the past few years France and its people have been very kind to me and I will always be very grateful for all the wonderful words, reviews and memories. That’s kind of the reason I decided to release « Forêts Antiques » as a free live EP. I wanted to give a small simple gift back for all the kindness I’ve received.

You shared the stage with Manuel Ferrer and the great A Singer Must Die from Angers, and the talented artist who realizes all your visuals, Jerome Sevrette, is also French. How did you meet them ?

I’ve been friends with Manuel for many years now. I believe we started talking way back when myspace was popular. That’s a long time ago! He’s a brilliant singer and passionate performer. It was wonderful to share the stage this past spring with someone who possess such talent like Manuel. Jerome is simply a genius. The photos he’s done for my past three releases have been so amazing. I think Jerome and I started our friendship around the time he was completing his first photography book Terres Neuves. Both guys have help me a lot and are great friends. Its always nice to be able to work with and have friends that share common visions of art and images. It was like a dream to be able to spend time with them in France. I’m looking forward to coming back and doing more with them.

You were born in Ohio, but you have Dutch origins. Do you feel yourself close to your European roots ?

I do feel a strong connection and appreciation for Europe. I’m not sure what it is or where it comes from. Though I believe for me it’s more of a love for the haunting landscapes, the people and the fairytale stories. I don’t feel connected to any specific roots – I just fall in love with the moments and feelings I get when I spend time in other lands. I feel as though this is what helps me create my lyrics. Castles, old architecture, and the poetic beauty has always attracted me to Europe.

Is it for this reason that you chose a title in French for your new album, « Forêts Antiques » ? What does this title mean to you ?

Yes, and also I remember as a young child I was very enchanted by woods and forests and would sit under trees for hours alone thinking of strange stories. Now at times I find myself doing the same, escaping into the silence of the trees where I’m happiest. The night of the show at The Grand Théâtre felt very similar, calming and unique. Recording the show in France in such a beautiful and old theater I thought « Forêts Antiques » would be a wonderful name in your beautiful language.

Your music is entirely aimed to dream, it sounds guided by emotion and I imagine it painting landscapes where nature is beautiful, both melancholy and bright. Can you tell us what inspires you when you compose ?

Wow ! Thank you. That is really nice of you to say. That’s a wonderful compliment. Everything I write does seem to come directly from emotion. It’s the only way I know how to write. I always find love within sadness or happiness within lost emotions and I try to put that into my songs and lyrics. I think I’m more of a visual artist than a musician. Im mostly inspired by moments that slow down time to create images. Like walking through leaves on cobblestone streets or watching a boat rise with the waves of the sea against a grey sky. That’s what seems to help create strong emotions for me to be able to paint stories with words and sound.

What is your idea of happiness ?

This is a wonderful question and hard to answer 🙂 I think Happiness is somehow finding comfort in what your creating, being comfortable with your surroundings and living without fear. I’ve always been a happy spirit and I’m pretty happy these days now more than ever, but I believe for me the idea of happiness would be living in a small stone cottage by the sea writing and recording these little songs.

On « The Wooden Heart », you worked with an artist dear to my heart, Jason Lytle of Grandaddy. What relationship do you have with him and what does this collaboration has brought to you ?

Jason’s music has a wonderful effect on many people and is beautifully timeless. I love so much of his work. His songs Somewhere There’s a Someone, Last Problem of the Alps and Underneath the Weeping Willow are some of my favorites.  I met Jason many years ago maybe in 1998 or 99. I had opened for Grandaddy and we had some mutual friends back then. Many years had past before we connected again in 2012-2013 and decided to work together on my EP. He is a kind, funny and obviously super talented guy and I am forever grateful for his work on « The Wooden Heart » EP in 2013 and « The Fate That Never Favored Us » single in 2015. His producing and musical friendship has brought a lot of growth to my music I couldn’t have imagined.

When I listen to your music, what strikes me is this profusion of sensitivity that you manage to distil in delicately orchestrated and resolutely optimistic pieces. Is spreading the sweetness and love in a world where the hardness is often law is important to you ? And do you think that music has that power ?

You are so kind ! Wow what a wonderful description ! I do believe in love and the effects it has on people. I never set out to purposely create a single emotion but it is important for me to spread as much goodness as I can. As an artist I believe it my job to help people feel emotion as much as they can by take them into their memories and finding times and places they can reconnect too. Happiness and calmness can always be found even through sad memories and strange songs. I definitely think music has that power. I never really listened to a lot of music growing up. Mostly old Christmas records and classical music. I remember as a child how powerful it felt to me at times and still to this day I can feel the effects those old records had on me.

I imagine you as a dreamy and solitary child, were you like that ? What kind of adult do you feel to be now ?

Ha ! I was a very dreamy and shy child. I would spend a lot of time wondering around in my mind. Now as an adult I’m exactly the same. I laugh a lot now too. Sometimes I laugh so much people around me start laughing for no reason. Mostly I find getting lost in small things helps me to stay in my wondering dreams and I find my happiness there…

Thank you so much Kramies !

Totoromoon

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Une réflexion sur “KRAMIES en interview pour la sortie de « Forêts Antiques »

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